La vérité du drame est dans ce pur espace qui règne entre la stance heureuse et l'abîme qu'elle côtoie : cet inapaisement total, ou cette ambiguïté suprême. Saint-john Perse
Je vais repiquer le chant d’oiseau dans le carré potager
là où le vélo donne à manger au cheval
ces pages d’odyssée qui n’en finissent pas
comme je t’aime.
Niala-Loisobleu – 29/03/19
Puisque
Puisque j’ai mis ma lèvre à ta coupe encor pleine;
Puisque j’ai dans tes mains posé mon front pâli;
Puisque j’ai respiré parfois la douce haleine
De ton âme, parfum dans l’ombre enseveli;Puisqu’il me fut donné de t’entendre me dire
Les mots où se répand le coeur mystérieux;
Puisque j’ai vu pleurer, Puisque j’ai vu sourire
Ta bouche sur ma bouche et tes yeux sur mes yeux;
Puisque j’ai vu briller sur ma tête ravie
Un rayon de ton astre, hélas! voilé toujours;
Puisque j’ai vu tomber dans l’onde de ma vie
Une feuille de rose arrachée à tes jours;
Je puis maintenant dire aux rapides années:
– Passez! passez toujours! je n’ai plus à vieillir!
Allez-vous-en avec vos fleurs toutes fanées;
J’ai dans l’âme une fleur que nul ne peut cueillir!
Votre aile en le heurtant ne fera rien répandre
Du vase où je m’abreuve et que j’ai bien rempli.
Mon âme a plus de feu que vous n’avez de cendre!
Mon coeur a plus d’amour que vous n’avez d’oubli!
Mon coeur a plus d’amour que vous n’avez d’oubli!
Victor HUGO (1802-1885)
(Recueil: Les chants du crépuscule)
Attrapant mon désir comme un besoin de faire, je ne me surpris pas à rire aux éclats. Il faut savoir que cette nuit, des petites lampes solaires en guise d’yeux, j’ai parcouru ton monde souterrain. Denfert-Rochereau, les catacombes et Paris mine de ses immeubles est creux d’un plein mystérieux. Le lion veille à l’entrée comme une fontaine d’Alhambra, eau précieuse, ô de vie, ô aime moi. Fou comme un Bassan qui franchit les embruns à saute-mouton, je parcours la trajectoire infinie de notre oeuvre. Long-métrage, cité prise sur le désert, forêt rendue à l’Amazonie, l’air de ta poitrine tient le gonflé du soufflé sans retomber. Emoi, émoi, émoi, ? Je ne suis plus que peint saut, tu m’as mis en arbalète à la flèche d’un édifice sacrément païen. Déambulatoires les voûtes s’appuient sur de solides colonnes. Sur le parvis un oiseau sans melon t’habille de peau, une robe étolée de crin, longue traîne de seins, que des enfants portent. Si je mourrais sans Toi tu n’aurais d’autre choix que venir vivre avec moi jusqu’à l’éternité. Ce sera trop long ? Sur la terrasse dehors, Barbara est pleine de boutons sortis hier, elle va être en fleurs d’ici peu. Quant au cerisier c’est un émerveillement blanc marqué de ses pistils roses.
BARRE D’AZUR
Les débris culbutés dans le coin
Il ne reste plus rien
Les murs et le triangle
Pourtant
L’espoir qui nous soutient
L’objet que l’on tient dans la main
Il fait jour
Et l’on marche mieux
La rue est plafonnée de bleu
Et nos projets sont sans limite
On ne voit pas passer le temps
Qui va plus vite
Dans l’air
Sans savoir si l’on tourne à droite
Ou à l’envers
Pierre Reverdy
Bien sûr d’un bord de mer à l’autre des femmes font des enfants qu’elles ne voulaient pas, l’homme croit en on pouvoir mâle acquis Je sais pas si l’autobus 121 à la Mairie de Montreuil existe encore ? Il y avait des champs de thym et des vergers par Rosny qui me donnaient un feu de joie tout le long d’un désastre de la deuxième guerre mondiale pendant le trajet qui menait à mon père. Tu sais celui-là qui m’a fait lui ressembler en tout. J’ai amoureux, je suis , sois légère dans ta tenue, au travers des fleurs d’une nuisette voir le bouquet tendu par ta nature en plein jour me tourne la tête.
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