
ENTRE TIEN EMOI 42
L’accident en cherchant le vice
démonta l’espoir par la monstruosité de ses conséquences.
Le coup passa si près
plus que le chapeau le courage tomba
Et l’eau emportant
les solutions de sauvegarde il fallut aller secourir en creusant des dérivations
Sous la pression le poids tempétueux gagne
le pouls s’essouffle
Quelque chose dont on ne se pose pas la question du nom cogne aux tempes
les pieds catapultent
jusqu’à fendre la surface d’un entonnoir à misères.
Niala-Loisobleu – 28/03/19
L’inondation s’agrandissait.
La campagne rase, les talus, les menus arbres désunis s’enfermaient dans des flaques dont quelques-unes en se joignant devenaient lac.
Une alouette un ciel trop gris chantait.
Des bulles çà et là brisaient la surface des eaux, à moins que ce ne fût quelque minuscule rongeur ou serpent s’échappant à la nage.
La route encore restait intacte.
Les abords d’un village se montraient.
Résolus et heureux nous avancions.
Dans notre errance il faisait beau.
Je marchais entre
Toi et cette
Autre qui était
Toi.
Dans chacune de mes mains je tenais serré votre sein nu.
Des villageois sur le pas de leur porte ou occupés à quelque besogne de planche nous saluaient avec faveur.
Mes doigts leur cachaient votre merveille.
En eussent-ils été choqués?
L’une de vous s’arrêta pour causer et pour sourire.
Nous continuâmes.
J’avais désormais la nature à ma droite et devant moi la route.
Un bœuf au loin, en son milieu, nous précédait.
La lyre de ses cornes, il me parut, tremblait.
Je t’aimais.
Mais je reprochais à celle qui était demeurée en chemin, parmi les habitants des maisons, de se montrer trop familière.
Certes, elle ne pouvait figurer parmi nous que ton enfance attardée.
Je me rendis à l’évidence.
Au village la retiendraient l’école et cette façon qu’ont les communautés aguerries de temporiser avec le danger.
Même celui d’inondation.
Maintenant nous avions atteint
Torée de très vieux arbres et la solitude des souvenirs.
Je voulus m’en-quérir de ton nom éternel et chéri que mon âme avait oublié : «Je suis la
Minutieuse. »
La beauté des eaux profondes nous endormit.
René Char
Mon,
On revient parfois d’une instable succession d’aspects inconnus dont le rythme qui la gouverne nous échappe…Et tout élan humain paraît enseveli…
Sur le gravier mouillé se tourmente l’écho des caresses et quand les étraves resurgissent
c’est pour me ramener quelque chose de toi, le trépan grave à la roche de mon coeur qui a peur de l’eau…Je ne veux pas d’un sommeil d’aquarium.Que le meilleur explose parmi ronces , lentisques, ruisseaux…
Ta grenouille.
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Ma,
Les lentisques
zan y barrent, la gomme est aussi bulle pour l’envol
chaque papillon dans sa couleur a commencé chrysalide tenue par les résines d’une essence
A la roche plate la lourdeur s’étale
le sein comme l’eau est aussi de niveau
la jambe à double saut
On ramène du sel au ras t’ô des carreaux, comme du peint la gemme vient au pot
Ce qui sort des portes qui claquent ramasse au passage du hasard malheureux glissé dans la constance. La lentille toujours étale est gardienne du sillage, rose d’un lotus qui mène à la voie navigable. Dans mon oeil que l’acide ronge je demande que ton rein sage hue rime …
Ton hippocampe.
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Mon,
Crois-tu que l’on soit assez grands pour ce que l’on devine d intime et d’éternel de la seule roche sur laquelle on s’accroche sans pouvoir en repartir?
Ta littorine.
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Plus algues au rythme tu meurs…
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Alors planctons-nous
que le creux vête le lourd sein…
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Et l’autre allégeant…
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N’arrêtons pas notre Char…
Allégeance de l’autre main…
Dans les rues de la ville il y a mon amour. Peu importe où il va dans le temps divisé. Il n’est plus mon amour, chacun peut lui parler. Il ne se souvient plus; qui au juste l’aima?
Il cherche son pareil dans le voeu des regards. L’espace qu’il parcourt est ma fidélité. Il dessine l’espoir et léger l’éconduit. Il est prépondérant sans qu’il y prenne part.
Je vis au fond de lui comme une épave heureuse. A son insu, ma solitude est son trésor. Dans le grand méridien où s’inscrit son essor, ma liberté le creuse.
Dans les rues de la ville il y a mon amour. Peu importe où il va dans le temps divisé. Il n’est plus mon amour, chacun peut lui parler. Il ne se souvient plus; qui au juste l’aima et l’éclaire de loin pour qu’il ne tombe pas?
René Char
Poésie/Gallimard »
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Quand l’amour prend EVIDENCE pour nom…
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