ENTRE TIEN EMOI 37
Prendre un chemin qui sort des accès barrés. Les travaux routiers dorment le week-end, ça aide à rechercher par où passer. J’ai choisi le calme de la Charente pour y voir clair et me rendre paisiblement au meilleur parti prendre en fonction de la situation d’ensemble. Ne m’étant pas levé de toi, besoin de rien faire qui m’en sortirai. Resserrer l’intime au magnétisme du derme, fermer la radio des autres, ta musique est d’aisselle ma préférée. Avant de voir quand la senteur émet, une force se déploie d’elle-même dans tout le corps. Le chevalet parle, dressé comme l’échelle menant à notre grenier, lit de paille et couverture de cartons pleins d’ébats. Je commence à dire.
La vierge à la tortue d’ivoire
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Sur la table à vos pieds, cette tortue d’ivoire
Qui chemine immobile, lève une tête lourde, et tente D’observer, de sous sa carapace dure et blanche et suave À la main qui caresse, le jour dehors qui glisse de côté, L’allongement des ombres par la fenêtre grise, les pages Couvertes de ratures. Et la mort passe ayant déjà choisi les siens. Lorsque l’aurore éclaire Ont trois fois murmuré? Sous la neige et dit notre pitié. Ô vous, Aux douces mains, plus douces que l’ivoire, Ayez pitié de la tortue aux pattes lourdes sur la table Où la page s’ajoute à l’autre page, aridement; Dans les immensités de l’ombre, ayez pitié de celui qui vous chante Philippe Delaveau
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Je te veux humide buvard oublié. Il me semble que ce qui est objet conduit à te garder de toutes les manières. Mais tout de toi est bien vivant. A la fois prétexte à me rendre, comme à demeurer, alibi à donner ou pas d’excuses à trouver. Ce ne n’est que diversité en continu. Pas de peine à t’écrire que je t’aime.
Niala-Loisobleu – 23/03/19

Mon,
il y a des silences qui nous persuadent que la distance se creuse encore tant les serrures font le gros œil parfois et les clés multiples se font capricieuses à nous rendre chèvres…Heureusement que le sang nous ordonne le regard clair sur les saisons malmenées…Notre extrême sensibilité nous laisse des halos bleus dans le regard à rendre parfois toutes les syllabes muettes et le pouls porte à la poitrine en cor de chasse…Je décrète ce jour encore que Grindel ne peut rester loin…
La mort l’amour la vie
J’ai cru pouvoir briser la profondeur l’immensité
Par mon chagrin tout nu sans contact sans écho
Je me suis étendu dans ma prison aux portes vierges
Comme un mort raisonnable qui a su mourir
Un mort non couronné sinon de son néant
Je me suis étendu sur les vagues absurdes
Du poison absorbé par amour de la cendre
La solitude m’a semblé plus vive que le sang
Je voulais désunir la vie
Je voulais partager la mort avec la mort
Rendre mon cœur au vide et le vide à la vie
Tout effacer qu’il n’y ait rien ni vitre ni buée
Ni rien devant ni rien derrière rien entier
J’avais éliminé le glaçon des mains jointes
J’avais éliminé l’hivernale ossature
Du vœu de vivre qui s’annule.
Tu es venue le feu s’est alors ranimé
L’ombre a cédé le froid d’en bas s’est étoile
Et la terre s’est recouverte
De ta chair claire et je me suis senti léger
Tu es venue la solitude était vaincue
J’avais un guide sur la terre je savais
Me diriger je me savais démesuré
J’avançais je gagnais de l’espace et du temps
J’allais vers toi j’allais sans fin vers la lumière
Là vie avait un corps l’espoir tendait sa voile
Le sommeil ruisselait de rêves et la nuit
Promettait à l’aurore des regards confiants
Les rayons de tes bras entrouvraient le brouillard
Ta bouche était mouillée des premières rosées
Le repos ébloui remplaçait la fatigue
Et j’adorais l’amour comme à mes premiers jours.
Les champs sont labourés les usines rayonnent
Et le blé fait son nid dans une boule énorme
La moisson la vendange ont des témoins sans nombre
Rien n’est simple ni singulier
La mer est dans les yeux du ciel ou de la nuit
La forêt donne aux arbres la sécurité
Et les murs des maisons ont une peau commune
Et les routes toujours se croisent.
Les hommes sont faits pour s’entendre
Pour se comprendre pour s’aimer
Ont des enfants qui deviendront pères des hommes
Ont des enfants sans feu ni lieu
Qui réinventeront les hommes
Et la nature et leur patrie
Celle de tous les hommes
Celle de tous les temps.
Quand je suis revenue, il m’a semblé que tout était humide autour de moi. Étrange, me dis-je, il fait beau et sec…
Je n’ai pas été surprise plus que ça quand un des bras de la scie m’a salué me disant qu’il allait se jeter dans la Charente…L’amour n’est pas état, il est acte.Je t’aime.
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Grindel a le grain avant que les autres aient idée de récolter. Les terres sont appauvries par tant d’obstacles sauvages. Il faut une eau debouée pour remettre l’itinéraire au propre. A bras ceints nageons du m’aime sentiment…
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Notre itinéraire est tremblant, sauvage, joyeux…
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Le grand raide…
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