COU DE REINS


b42d93d1ae1743f05ef46ce5eb42e9db

COU DE REINS

Lumière que le vent soulève

longs couloirs que tes jambes dévoilent

nacres en touches

porte-à-porte

à chacun sa chaleur chienne

ourlées de volutes de cigare

laquelle est partie d’un rhum de Havane

pour débarquer du hamac de tes hanches

un matin  décousu de ta nuisette sur l’herbe de ma côte.

Niala-Loisobleu – 25/02/19

FAITES VOS JE


4f148d0e1f6a88f91f0b5a3e1c86f0c8

FAITES VOS JE

 

De l’eau au moulin à marées

l’estran d’une douleur aux jambes

remonte

Un enfant dans le froid construit le château de son chaud espoir, trouver derrière le bandeau ce qui lui correspond. La mer adoptive ou l’île perdue. Le tourniquet du couvent dénie la Trappe nigaude. Pour tant sous le lisier la côte déverse l’élevage de cochons en solo de batterie.

De tous les maux je choisis le silence en lieu et place de prétendre.

Où le vent pousse il y a le même risque d’assécher que la chance de trouver sa terre plus verte d’herbe.

Chaque chose contient son contraire, bien et mal, noir et blanc marchent à l’amble.

 

Niala-Loisobleu – 25/02/19

 

 

 

LE SOUFFLEUR, LE DORMEUR


624926

LE SOUFFLEUR, LE DORMEUR

L’un coupe la verveine ou saisit sabots et soleils.
Puis dort dans mon souffle.
Souffleur et dormeur sont en paix.
La phrase très pâle à travers les barreaux.
L’herbe et la langue.
Et le jardin du lait submerge mes guenilles.

L’autre nomme la truelle ou le papier blanc des fées.
Le voici tirant le fil de laine des gencives, des genoux.
Les petits coups du cœur ébranlaient la maison.

L’un, dans l’acajou, conservait les voix mortes.
Le vide effrayait les enfants des voleurs.
Et le clos du curare protégeait de la lune les voyeurs endormis.

L’autre avait trouvé

faux de papier doré.

bulles et billevesées.

Le voici quémandant

quelques baisers anciens.

Dans le corps du carabe,

je fourbis mes chemins.

L’un fabriquait un piège de plumes et d’épingles.
Un grand mort de fatigue attendait la sortie des employés modèles.
Et le pal préparé pour le supplice oblique, je le tournais vers moi.
L’époux du bleu m’assaille.

L’autre avait touché la foudre par mégarde.
Le voici qui murmure : «Peignez à même la peau carabes et vipères.
Frottez mon corps de sperme, d’orties».
Construisons ensemble logements de liserons.

L’un racontait sa vie, ses projets clandestins.
Compter ses propres pas ne mène qu’à la folie.
Dans une chambre obscure, quelqu’un disait: «Parle!».
Mais parler, parler, parler ne mène qu’à la folie.

L’autre aimait les onguents,

– il s’en couvrait le corps -,

les pierres trouées, le simple cuivre

Attachait un mannequin

à la proue d’un navire.

Ou parlait aux lapins,

ramassait les aiguilles,

les bouts de bois, de laine.

L’un rompait les amarres.
L’écriture du boucher tranche le fil de la vie.
Rien ne demeure sec : la paume est l’aile d’une hirondelle de laine.
Rive.
Rivière.
Amour.

L’autre esquive le feu.
Cent mille nains crépitent.
Mon vaudou noir accueille le sang d’autrui.
J’enveloppe d’écorce fine les mains, les pieds trouvés.
Que de cals, que de phalanges !
L’arbre, entre les cuisses, lacère langues et tendons.

Jacques Izoard

 

 

 

Les yeux restés dans un arrêt en gare

un seul écho au radar

je n’ai eu dans mon insomnie que la certitude de ta présence

autre chose

qu’un clin d’oeil émoticone.

 

Niala-Loisobleu – 25/02/19

VIENS ON VA SUR LES QUAIS


050006

VIENS ON VA SUR LES QUAIS

 

Le regard que sa voix mettait dans ses chansons à tue-tête, j’en ai toujours la volée d’escalier qui montait à son atelier et par laquelle elle me descendait. Le plus difficile c’est de mettre le côtoiement à l’aise, un père impressionnant en tout son individu c’est un travail qu’on se doit de faire et personne à part soi ne peut y aider. Le silence y est parvenu, c’est vrai qu’en écoutant.

La Seine en arrosant nos rapports a fait pousser dru en amarrant à quai

lui debout

une foule autour

il peint

ils bavardent

pourquoi fait-il là un arbre alors que nous voit un tas de sable

moi plus que tout petit

gêné

à peine rentrés je l’entends rire

Quelle verdure  Les Tuileries m’ont laissé le plus dans la forme, certainement les femmes de Maillol, leurs seins et leurs grosses fesses de bronze en céladon quel vers ça peut mettre dans l’envie d’aller, je reconnais avoir été fou dès ma plus tendre enfance. Les opérettes du Théâtre de Verdure emportaient ma mère sur leurs escarpolettes, pendant que mon père et moi on gagnait le Carrousel sur un cheval de bois du manège. Celle que j’aimais le mieux c’était la baronne d’Empire du 5°, elle me racontait des histoires à pas tenir debout.

Mon père ce marinier

y m’a fait remorqueur du chaland

j’ai besoin de remonter le courant.

Niala-Loisobleu – 24/02/19

César Vallejo – Aujourd’hui j’aime beaucoup moins la vie…


César Vallejo – Aujourd’hui j’aime beaucoup moins la vie…

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Aujourd’hui j’aime beaucoup moins la vie ,
mais toujours j’aime vivre : je l’ai déjà dit.
J’ai presque touché la part de mon tout et je me suis contenu
en me tirant une balle dans la langue derrière ma parole.

Aujourd’hui je me palpe le menton battant en retraite
et je me dis en ces pantalons momentanés :
Tant de vie et jamais !
Tant d’années et toujours mes semaines… !
Mes parents enterrés avec leur pierre
et leur triste rigidité qui n’en finit pas ;
portrait en pied des frères, mes frères,
et, enfin, mon être debout et en gilet.

J’aime la vie énormément
mais, bien sûr,
avec ma mort bien-aimée et mon café
à regarder les marroniers touffus de Paris
et disant :
Voici un oeil, un autre ; un front, un autre… Et je répète :
Tant de vie et je pousse toujours la chanson !
Tant d’années et toujours, toujours, toujours !

J’ai dit gilet, j’ai dit
tout, partie, angoisse, j’ai dit presque, pour ne pas pleurer.
Car il est est vrai que j’ai souffert dans cet hôpital, juste à côté,
et c’est bien et c’est mal d’avoir observé
de bas en haut mon organisme.

J’aimerai toujours vivre, même sur le ventre,
parce que, comme je le disais et comme je le répète,
tant de vie et jamais ! Et tant d’années,
et toujours, beaucoup de toujours, toujours toujours !

 

Hoy me gusta la vida mucho menos,
pero siempre me gusta vivir: ya lo decía.
Casi toqué la parte de mi todo y me contuve
con un tiro en la lengua detrás de mi palabra.

Hoy me palpo el mentón en retirada
y en estos momentáneos pantalones yo me digo:
¡Tánta vida y jamás!
¡Tántos años y siempre mis semanas!…
Mis padres enterrados con su piedra
y su triste estirón que no ha acabado;
de cuerpo entero hermanos, mis hermanos,
y, en fin, mi ser parado y en chaleco.

Me gusta la vida enormemente
pero, desde luego,
con mi muerte querida y mi café
y viendo los castaños frondosos de París
y diciendo:
Es un ojo éste, aquél; una frente ésta, aquélla… Y repitiendo:
¡Tánta vida y jamás me falla la tonada!
¡Tántos años y siempre, siempre, siempre!

Dije chaleco, dije
todo, parte, ansia, dije casi, por no llorar.
Que es verdad que sufrí en aquel hospital que queda al lado
y está bien y está mal haber mirado
de abajo para arriba mi organismo.

Me gustará vivir siempre, así fuese de barriga,
porque, como iba diciendo y lo repito,
¡tánta vida y jamás! ¡Y tántos años,
y siempre, mucho siempre, siempre, siempre!

***

César Vallejo (1892-1938) – Poèmes humains (1939) – Poésie complète 1919-1937 (Flammarion) – Traduit de l’Espagnol (Pérou) par Nicole Réda-Euvremer.

Mémoire de la rivière 


canards

Mémoire de la rivière

Glissante à l’épaisseur d’un homme sous le ricochet du sable futur, la rivière sculpte, entre rives et eaux vives, la mémoire de ses bancs.

Sut cette peau, née de la sécheresse, le soleil fixe l’empreinte aiguë du blaireau ou du renard venu surprendre le lapin, et celle, plus profonde, du sanglier avec sa soif.

Parfois, le courant s’enroule pour mieux rejeter un ventre blanc de chevesne qui, près de s’évanouir, veut aussi laisser au limon sa marque. En amont du grand méandre, l’eau force le passage entre des roches plates qui étaient, pour les officiants, tables de sacrifice vite rougies, vite lavées.

Une chapelle fut dressée près de la haute paroi où le chasseur boutait son gibier.

Aujourd’hui, le toit n’existe plus, et les hardes n’ont confiance qu’à la nuit.

Vers l’aqueduc, et sur chaque versant, la garrigue masque des entrées de grottes — royaumes du calcaire que le temps distille —

On gagne, en y pénétrant, l’oubli de l’âge et des hommes, qui, tout près, font commerce de souvenirs construits de toutes pièces, pour jalonner la mort prévue sur des élans trop rectilignes.

Jean Orizet

 

Du pied de la mienne je dépasse l’étiage de mon âge d’homme, tant enfant je reviens sans en être jamais sorti.

Me voici rené tout entier

A perdre l’inutile comme une poche percée, par précaution le cheval  a placé le caillou dans ma paume. L’oubli de l’âge mais pas de l’enfance, ce tant sans âge qui fera ou ne fera pas. Mon imaginaire est la botte de sept lieues chaussée dès le départ, De la Corbière reversée, ces monts cathares qui périscopent l’entre deux ville-rose et gencives de la grande bleue. Parlé solaire, aquitain relief de l’accent catalan. Les vins sont rudes, la terre moitié-hospitalière et mi-hostile. Dans les pierres le garenne écarte son serpolet de la venimeuse, le thym frais pour la sardane et l’escargotière à l’ail. J’ai au glissé des pré-monts de tes cuisses la montée du parfums des garrigues. Ma féminité prend ma virilité en l’épelant pour en détacher les comportements manuels, une peinture ? Niala je crois que c’est une fille dit une rime de couleur au coin d’un châssis à clef qu’une viole de Gand peigne de son archet.

Quand les canards chantent juste

Ma rivière l’entends-tu ?

Niala-Loisobleu – 23/02/19

L’EPOQUE 2019/8 et 9 « LES CAMPAGNES ET LES BORDS DE MER »


L’EPOQUE 2019/8 et 9 « LES CAMPAGNES ET LES BORDS DE MER »

 

Voici « « LES CAMPAGNES ET LES BORDS DE MER » » , huitième et neuvième de cette nouvelle Epoque 2019 avec Barbara AuzouAlors que nous attendons la publication de l’ouvrage « L’Epoque 2018 » pour la fin de l’année aux Éditions Traversées, les tableaux eux (2018 et 2019) seront exposés au printemps à Cognac du 15 au 27 Avril 2019 au Couvent des Récollets.

C’est un travail à quatre mains , merci d’en tenir compte dans vos commentaires.

L’EPOQUE 2019/8

« LES CAMPAGNES ET LES BORDS DE MER »
Niala
Acrylique s/toile 46×38
Encadré 500,00 €

Le vin des prés a été bu.

Les évidences dorment encore indemnes

Contre les jambes fraîchement fuselées du jour.

Plus loin l’arbre élu à la commissure rit

Et essore sa sueur matinale aux plis de son écorce.

Entends, mon Endormie

Ce bruit d’outils très anciens

Et les portes de l’étable battre féroces

Dans leur compréhension éblouie de la lumière.

Les bêtes puissantes s’agenouillent en secret

Au labour de nos mains ouvrières.

On nous réclame dans la raison intime d’un grand champ;

Roseaux patients et architectes du calme

D’une aube à l’autre.

D’une aube à l’autre encore

On nous réclame dans les bras flexibles

D’une haute mer qui roule sa plainte d’accouchée

Entends, ma noyée

Les pores de plénitude pénétrer

L’été bien avant la saison claire

Et nos poissons mordus rouges s’affûter

Les jambes le long des quais

Il est temps pour nous de rassembler les saules irascibles

Pour leur apprendre les pleurs perdus

Entre la persistance et l’origine

L’éponge et le pommier.

 

 

Barbara Auzou.

L’EPOQUE 2019/9

« LES CAMPAGNES ET LES BORDS DE MER »
Niala
Acrylique s/toile 46×38
Encadré 500,00 €

MANIFESTATION


155571

MANIFESTATION

Juste d’un dessin perlé

tirer la fin de cette soif de la fontaine

l’herbe pas à pas redresse la tête comme du lointain les cloches reviennent mutines.

De la mer d’où il arrive

entend l’oiseau sortir de derrière l’hiver

et te voilà fragrance d’un assemblage délicat mêlé du fauve

laissé en traînée à la sortie du loir.

Sur la coiffeuse le vase à la renverse étire sa tige

corolle ouverte

un jeu de société disparaît sous le coussin d’air d’un voltaire qui patauge.

Oublie l’hideux de la gargouille et écope ses larmes.

Niala-Loisobleu – 22/02/19

APPARITION


Christopher-Ryan-McKenney 1

APPARITION

 

L’aube me trouva marchant toujours dans l’envie de collines comme les mers en portent quand leur ventre est pris du besoin de vibrer

Ne me demande pas tu sais  le mystère du miracle qui se passe de la moindre voix

prodigue plus que l’enfant

je ta porte

et cogne à répéter qu’il y a une part d’essentiel invisible dans tout ce qui se montre au grand jour.

 

Niala-Loisobleu – 22/02/19