COLIN-MAILLARD


 

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COLIN-MAILLARD

 

Avant qu’ils ne déplacent le cours des choses je feuillette, disert, moitié ailleurs, le ressenti à choisir pour manger. Une sardine quand ça bouchait le port ça entrait dans ces endroits où personne ne va. Les tiroirs du marchand de couleurs de la rue de Verneuil tenaient le blanc de mon zinc prêt à décoller. De l’Antoine en carte postale. Comme les blanchisseuses toujours chaudes du décolleté. Les bons de la Semeuse  je les imaginais pleins et lourds comme un 95 b, quand Marthe les collait dans son album de timbres, Elle avait le mot pour combler ma rime, j’en restais poudre de riz sur le nez à la sortie de la baignoire en zinc du dimanche pendant que la cuisinière me prévenait qu’à midi on mangerait la daube qui cuisait enfin après trois jours de marinade. Le sachet de lithiné mettait ses bulles dans l’eau plate, le coco lui c’était pour le quatre-heures. Pendant la guerre dans les Vosges, la limonade accompagnait les parties de grosses boules en bois clouté où on enfonçait ses doigts. C’est là que j’ai décidé d’avoir toujours un cheval. Les Tuileries m’en avaient donné le manège, l’exode à la campagne m’en  a appris la vertu. Quand dételés du tombereau lourd de betteraves ils venaient à l’abreuvoir du bas la côte du village, juste sous le fenêtres de la maison, la tête dans l’eau je ne voyais que  leur croupe. L’émotion de cette image est une forme de mirage qui m’est resté. Il y a des bas-reins qui contiennent plus que tout, ma boîte d’épingles, de ficelle, de boutons, d’écrous sans vice et de bouts de bois m’a permis d’aller plus loin qu’une panoplie de Superman pour jouer au train électrique. Il y a de la chair dans ce que les doigts sentent en tâtant pour trouver leur nom. C’est comme avant d’écrire quand la couleur sort de l’encrier du tube. Toi qui sait comme j’aime ta tripe, fais en sorte de me la garder sans la mettre à la mode. Il faut se démasquer soi-même pour reconnaître son Autre…

Niala-Loisobleu – 22/01/19

3 réflexions sur “COLIN-MAILLARD

  1. Quand le nord ment il dit que ma tripe est à la mode
    ou bien c’est un sot si son DEUX cheval n’en fait plus queue Un…

    On tourne amoureusement dans le ventre de la bête avant de trouver la sortie par le poème…
    Ah bas entre le coeur le foie le rognon et la tripe il s’en fallut de peu que le tout je m’extirpe!!!

    Merci mon Alain. Tes récits d’enfance me sont trop intimes pour que j’en commente la moindre ligne…

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    • A raccourcir les pantalons
      mon enfance a laisser les ciseaux ne rien écourter du tant. Le caniveau a vu son eau se faire souiller sans que j’y laisse mon vers. D’ailleurs étant, ailleurs pour suivrait. A cheval il s’entend, yeux débandés. La tripe en pieds paquets ma Barbara…

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