
BOUCHE A BOUCHE
Du temps retenu
et en plus quelques pelletées sur le grain
Passe le bruit du rien qui se montre
en maraude le long des trottoirs
L’enfant garde intacte la vision du secret caché
L’endroit du petit-oiseau tendrement enterré dans son chant
Les soleils marchent pieds-nus sur les silex d’une moquette roulée dans du papier Le Nil
pendant qu’en surface le Sphinx fait l’appeau au pigeon d’argile
Je ne parle plus que dans ton ventre ouvert à langue déployée
le lobe de tes cuisses accolées abstrait toute intrusion
Liberté de ton choix enfin mis en public
une tête verte transperce la croûte de son souffle vertical.
(Dessin de Paul Delvaux)
Niala-Loisobleu – 16/01/19
Ce que le ventre contient de murmures
s’écoule sur le parquet sain de la chambre choisie
Parler le langage commun est une douleur qui se cogne aux murs
Abîme le corps et abîme l’esprit
Ni trop tard ni trop tôt pour lâcher d’un coup tous les oiseaux
Le moment parfait que l’enfant cherchait à la cage aujourd’hui révolue…
Nous avons fait la nuit
Nous avons fait la nuit je tiens ta main je veille
Je te soutiens de toutes mes forces
Je grave sur un roc l’étoile de tes forces
Sillons profonds où la bonté de ton corps germera
Je me répète ta voix cachée ta voix publique
Je ris encore de l’orgueilleuse
que tu traites comme une mendiante
Des fous que tu respectes des simples où tu te baignes
Et dans ma tête qui se met doucement d’accord avec la tienne avec la nuit
Je m’émerveille de l’inconnue semblable à toi semblable à tout ce que j’aime
Qui est toujours nouveau.
Nous avons fait la nuit, Paul Eluard.
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Ô oui traiter l’orgueilleuse de mendiante en déposant ma langue en obole en son ventre
voilà bien pour me complaire…
Merci ma Barbara, quel bon choix !
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