BRIBES (XX)


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BRIBES (XX)

Défaite d’empreinte la marque du passage

disparaissait doucement sous la montée des herbes en reconquête

le silence, ici chez lui, ne s’alarma point quand il sentit l’air remué d’ailes,  laissant le passage à la construction du nid après qu’elle en eut choisit la place

entre les tâches que la natte porte

chaleur d’un ouvrage au métier

parcelles d’un labour

fiente de bonheur

que l’araire du peintre émiette en suivant l’envolée de son imaginaire

Reste au show de l’atelier, les parfums de ta menthe et la fleur de ton arbre à soie mis aux brindilles du nid, bienvenue chez Toi…

Niala-Loisobleu – 05/12/18

2 réflexions sur “BRIBES (XX)

  1. Pour toi, mon Alain…Le Nid de Victor Hugo.

    C’est l’abbé qui fait l’église ;
    C’est le roi qui fait la tour ;
    Qui fait l’hiver ? C’est la bise.
    Qui fait le nid ? C’est l’amour.

    Les églises sont sublimes,
    La tour monte aux cieux,
    L’hiver pour trône a les cimes ;
    Mais le nid chante et vaut mieux.

    Le nid, que l’aube visite,
    Ne voit ni deuils, ni combats ;
    Le nid est la réussite
    La meilleur d’ici-bas.

    Là, pas d’or et point de marbre ;
    De la mousse, un coin étroit ;
    C’est un grenier dans un arbre,
    C’est un bouquet sur un toit.

    Ce n’est point chose facile,
    Lorsque Charybde et Scylla
    Veulent mordre la Sicile,
    Que de mettre le holà ;

    Quand l’Hékla brûle sa suie,
    Quand flambe l’Etna grognon,
    Le fumiste qui l’essuie
    Est un rude compagnon ;

    L’orage est grand dans son antre ;
    Le nuage, hydre des airs,
    Est splendide quand son ventre
    Laisse tomber des éclairs ;

    Un cri fier et redoutable,
    De hautes rébellions
    Sortent de la fauve étable
    Des tigres et des lions ;

    Certes, c’est une oeuvre ardue
    D’allumer le jour levant,
    D’ouvrir assez l’étendue
    Pour ne pas casser le vent,

    Et de donner à la houle
    Un si gigantesque élan
    Que, d’un seul bond, elle roule
    De Behring à Magellan.

    Emplir de fureur les bêtes
    Et le tonnerre de bruit ;
    Gonfler le cou des tempêtes
    Des sifflements de la nuit ;

    Tirer, quand la giboulée
    Fouette le matin vermeil,
    De l’écurie étoilée
    L’attelage au soleil ;

    Gaver de vins vendémiaire,
    D’épis messidor ; pourvoir
    Aux dépenses de lumière
    Que fait l’astre chaque soir ;

    Peupler l’ombre ; avoir la force,
    À travers la terre et l’air,
    D’enfler tous les ans l’écorce,
    D’enfler tous les jours la mer ;

    Ce sont les travaux suprêmes
    Des dieux, ouvriers géants
    Mirant leurs bleus diadèmes
    Dans les glauques océans ;

    Ce sont les tâches immenses
    Des êtres régnant sur nous,
    Tantôt des grandes clémences,
    Tantôt des vastes courroux ;

    C’est du miracle et du rêve ;
    Hier, aujourd’hui, demain,
    Ces choses font, depuis Ève,
    L’éblouissement humain.

    Mais entre tous les prodiges
    Qu’entassent dieux et démons,
    Ouvrant l’abîme aux vertiges,
    Heurtant les foudres aux monts,

    C’est l’effort le plus superbe,
    C’est le travail le plus beau,
    De faire tordre un brin d’herbe
    Au bec d’un petit oiseau.

    En vain rampe la couleuvre ;
    L’amour arrange et bénit
    Deux ailes sur la même oeuvre,
    Deux cœurs dans le même nid.

    Ce nid où l’amour se pose,
    Voilà le but du ciel bleu ;
    Et pour la plus douce chose
    Il faut le plus puissant dieu.

    Victor Hugo.

    J’aime

    • Le plus beau nid que je garde en mémoire est le belvédère de sa maison d’exil à Guernesey. Imagine les heures qu’il a pu y passer à rêver d’envol pour recouvrir sa liberté…
      Je t’embrasse comme 💓ma Barbara.

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