L’herméneutique du sujet. Cours au Collège de France (1981-1982) de Michel Foucault
Cette manière qu’avait un individu de se rapporter à lui-même pour se construire et s’édifier ne fut toutefois pas identique tout au long de l’Antiquité. Comme on le voit, à travers ce long et minutieux commentaire des auteurs antiques qu’effectue Foucault, ce « souci de soi » évolue entre le ve siècle, où il apparaît dans la culture philosophique, et les deux premiers siècles de notre ère qui en constitueraient l’âge d’or. Puis il évolue encore lors du passage de l’ascèse philosophique païenne à l’ascétisme chrétien où, « l’opposition n’est pas entre la tolérance [grecque] et l’austérité [chrétienne], mais entre une forme d’austérité qui est liée à une esthétique de l’existence et d’autres formes d’austérité qui sont liées à la nécessité de renoncer à soi en déchiffrant sa propre vérité ».
Outre le fait que ces recherches historiques montrent qu’il n’y a pas nécessairement à assumer ou à rechercher une identité subjective, elles esquissent aussi toute une histoire fascinante des rapports entre les notions de « vérité » et de « sujet ». Et en particulier, Foucault montre comment, au cours de l’histoire, on serait passé de l’idée que le sujet peut atteindre la vérité en opérant des transformations sur lui-même à l’idée que c’est uniquement la connaissance qui donne accès au vrai. Du coup, Foucault peut avancer que l’âge moderne commencerait « le jour où nous postulons que, tel qu’il est, le sujet est capable de vérité mais que, telle qu’elle est, la vérité n’est pas capable de sauver le sujet ».

Passionnant…
Merci à toi mon Alain
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N’est-ce pas ?
Mieux vaut entrer que fuir…
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Toujours oui, quand c’est pour aller vers davantage de lumière…
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Le problème de la lumière est plus que jamais aube-paravent. Si je n’avais à ce sujet l’enseignement de Marthe et le lien journalier avec mon père je pense que je serais dans un tonneau…j’emploie cette métaphore non à ton endroit ma Barbara, elle n’a rien au contraire à voir avec toi, mais à l’égard de la société actuelle.pour montrer qu’au prétexte de nous éclairer on nous enfonce dans le noir.
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Oui, vraiment intéressant. Je trouve bien complémentaire aux propos de Foucault les recherches et les études de Pierre Hadot sur la philosophie antique. Il est clair que tout cela a évolué et que ce qu’on appelle la connaissance de soi n’était pas la même chose autrefois et aujourd’hui. Cependant, le « connais toi-même » était inscrit au fronton du temple d’Eleusis. Cette question est donc bien plus ancienne que la culture chrétienne, laquelle l’a reprise et orientée dans son style et selon ses besoins.
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Merci pour ce propos auquel je me rapproche. Je pense que l’évolution érode en grande partie les deux chemins parcourus. La place pour penser rétrécissant comme une peau de chagrin en ce qui peut être rattaché à la vertu, la société actuelle à réduit son concept d’avenir abandonnant la connaissance de soi-même au seul profit du profit matériel. La religion se développe plus dans son vieux système de conquête rejoignant en quelque sorte le système économique libéral., La Grèce actuelle n’est-elle pas une caricature de sa lumière antique ?
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