EMME ET SON PARASITE


EMME ET SON PARASITE

 

Henri Michaux

Il ne s’agit plus de faire le fier, à présent.
Emme a un parasite qui ne le lâche plus.

C’est venu comme il se baignait dans le fleuve.

Il venait d’enlever son caleçon de bain dans l’eau.
Il nageait.
C’est alors que la bête se heurta contre son ventre.
Elle s’y accrocha par les dents.

Il semble qu’elle eût mieux trouvé ailleurs ce qu’il lui fallait.
N’importe.
Là où elle tomba, elle resta.

Emme sortit du bain honteux et regagna sa r.aison en robe de- chambre.

Il s’étendit sur son lit et regarda la chose.

La tête avait disparu dans la chair.
C’était une petite bête encore plus peureuse qu’avide, un souffle la faisait frémir, sa succion tirait alors tout d’un coup comme une corde qu’on rappelle.
Elle ressemblait à une marmotte; une marmotte vit facilement cinq ans.

Emme voyait sa vie s’allonger devant lui.
Elle perdait toutes ses branches; elle devenait comme un ver de terre, nue et molle.

Le soleil entra par la fenêtre, la journée commençait à peine.

 

Henri Michaux

 

Je tirai mon caleçon comme pour mettre un volet sur ma fenêtre, pourquoi me mettre la Suisse en image alors que j’île Atlantique.

Je vais ouvrir côté des meuhs pour respirer ce jour comme je l’entends…

 

N-L  – 25/09/18

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