NOTRE JARDIN BLEU 1
Au bout de la route franche
qu’on ne foule que de l’âme
sur les courbes de l’unité et de la spontanéité du geste
se trouve un jardin bleu dont la hanche
tremble comme une mariée aux pieds nus
et qui s’émeut de la caresse
d’écume à ses cheveux et de la rondeur
de ses larmes quand le gant de lierre
qu’elle retourne la détrousse dodue
de ses solides trésors d’enfant
tressés sur les mystères
d’un rire innocent.
Les arbres déroulent leurs feuilles au flanc
d’un tendre abri. Que célébrer sinon la vie
et la pensée que l’on existe maintenant
la fleur le sein le fruit en leur juste poids
les mousses de la douceur sur le velours de l’appui?
L’azur croît pour soutenir la lumière
des mains réciproques qui s’enroulent au hasard
saisonnier des moissons à venir.
Des greniers de la peau qui s’étonnent encore
de leur réserve de sel s’échappent des bourgeons de rires
et quelques boutons d’or.
Barbara Auzou

Merci d’avoir rappelé qu’il fallait choisir la couleur de son ciel le matin, mon Alain. J’ai cligné des yeux et soudain, la vie en moins d’une seconde a pris un tout autre chemin…
Bleues mes pensées, rouges mes baisers.
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Une recette infaillible de vieux loup d’amer qui tient bon le cap. Je lèvres mon vers aux tiennes et bleu de vent…
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Ce jardin bleu là possède tout ce qu’il faut pour…
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LE CHANT DES NAUFRAGÉS
Nous sommes les naufragés de la langue.
D’un pays l’autre nous allons, accrochés aux bois
flottés de nos phrases
Ce sont les restes d’un ancien navire depuis
longtemps fracassé
Mais le désir nous point encore, tandis que nous
dérivons
De sculpter dans ces planches des statuettes de
sirènes aux cheveux bleus
Et de chanter toujours avec ces poumons-là
Laissez-nous répéter la mer
N’intentez point de procès stupide au grand large.
La mer, accrochée à la mer.
Tremble et glisse sur la mer.
Ses mouvements de jupe, ses coups d’épaules, ses
redondances
Et tout ce bleu qui vient à nous sur les grands à plat
de la mer
Nous aimons la manière dont s’en va la barque
Se déhanchant d’une vague à l’autre, dansant son
émoi de retrouver la mer
Et son curieux bruit de grelot
Quand la musique se déploie sur l’immense partition
de la mer.
La mer est un ciel bleu tombé
Voici longtemps déjà que le ciel a perdu ses clefs
dans la mer
Sous quels soleils désormais nous perdre?
Sur quelle épaule poser la fièvre de notre tête
humide?
Nos rêves sont des pattes d’oiseaux sur le sable
Des fragments d’ongles coupés à deux pas de la mer
Nous brûlons sur la plage des monceaux de cadavres
Puisque tels sont les mots avec leurs os et leurs
fumées.
Tas de fémurs et de métacarpes
Bûcher d’herbes odorantes et de poudres qui
crépitent
C’est un pré sec qui prendrait feu près de la mer
De hautes flammes tête baissée sautent parmi les
genêts
Et soudain ce buste de femme dressé dans le
crépitement
Offert à ce furieux amour
Lançant vers le ciel la longue plainte.
De qui s’est calciné le coeur.
Seul, il avance vers elle, sur le môle de granit étroit
Embarquant vers rien son corps périssable
Elle la couchée immense qui accourt
Lançant vers lui ses gerbes et ses jupons
Lui, le petit homme droit sur la digue avec un crayon
Collé contre elle, mais séparé
L’un et l’autre, quoique si proches, se perdant de vue
L’un contre l’autre se pressant, le coeur mal amarré.
Nous ne remplirons pas la mer de nos larmes
Nous soutiendrons plutôt de nos chants l’effort des
tempêtes
Qui versent sur nos têtes leurs cris et leurs lessives
Et quand nos yeux délavés n’y verront plus rien
Nous saurons mieux encore ce qu’est la mer
Les écailles seront tombées qui nous couvrent le
coeur
Et notre peau nacreuse sera enfin si blanche
Que nous ne craindrons plus l’amour fou des sirènes.
Pourquoi ne pouvons-nous prendre racine dans la
mer
À la façon des noyés et des algues?
Nous porterions sans peine sur nos épaules
Le ciel bleu qui ne se fane pas mais rêve à des
couleurs
Et la laine tiède des écumes
Et les fruits vénéneux du large
Où n’a mordu nulle lèvre humaine
Nous serions de retour dans l’infini jardin.
À la santé des deux du large
Dans les calices et les ciboires
Nous buvons goulûment la mer
Aucune eau ne nous désaltère
Nous avons faim de sel
Nos lèvres sont avides
Dans l’eau bleue, c’est toujours dimanche
Quand s’agenouillent les poissons d’or.
Jean Michel Maulpoix
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Merveilleux ce poème…Nous voilà bien de retour dans l’infini jardin…
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A l’aréole de la clairière s’en vînt fontaine, le cheval écumant s’y était arrêté pour boire….
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OURDIR LE BLEU
dont on possède l’ombre ou la clarté.
Les savoyards logent dans la maison croquée.
Comme l’étain.
le cuivre est sourd :
cruches et tabatières
en témoignent.
Passe ton chemin.
porteur de coquilles.
Ensemble de tracés, de clameurs.
Les genoux ont des coussins.
La sombre, en son poivre,
est fagot de sureau,
blancheur mourante.
On ne peut que voir
à petit feu.
On ne peut qu’annoncer
la langue et sa manœuvre.
Nerfs dont on ne sait ni le nom, ni le chemin, ni la rivière fluide, nerfs de laine ou de foin, nerfs, je vous appelle.
Vous longez, silencieux la main, la jambe.
C’est le cœur qui vous tient serré dans sa lumière.
Cri mâle ou parole qu’on jette aux ajoncs !
Souvent, le souvenir.
Souvent, la récolte.
Quinquets et sabots sont dérision.
Grondeur intègre et bleu.
Les plantes et les veines emmêlent tiges et cheveux.
J’arrive au sommet du mont : le clocher dressé, la fièvre.
Opaque devin qui me traîne.
Les pirogues ont des mains papelardes et des éboulis muets.
J’élève l’élève, et la langue, en ce moulin moelleux, fait figue, fait flèche.
Et c’est le démêlé très doux qu’on suppose en la cosse.
Vin chantant.
Toupie.
Lave l’œuf à grande eau.
Bonnet de laine ou grain de blé.
Bon sabot plumé.
Ou orge, ou gorge.
Ou orme assouvi.
Maisons de papier, de foin, où vivent ensemble arbres et mulots, voici vos villes, vos étreintes
La poutre et le carreau ont mille raisons de craquer, de fendre toits et portes.
Au jardin, le linge prend feu pâle, capture en vain papillons ou mains.
Tout est bon : le lierre, les murs gris, le feu franc, les lèvres et les jambes.
Nous irions voler, dès qu’aube tombe, chats et bestiaux, femmes sans langue.
Et je marche à travers les souches mates, les sapins, comme endormi, palpé sous la peau, animal sans ombre.
Le doux appareil frotte le linge contre la main.
Et nous sommes sûres de voir muscles et tendons.
Fallait-il amincir la peau fine et les ongles ?
L’œil sans cloison n’étouffe qu’une clarté sans famille.
Me voilà dans l’épaule.
Me voilà dans le talon qui claque ou qui ronronne.
Partout, les mains dorment, frêles et liquides, dans le geste enfermé d’un dormeur bleu.
Touche toutes les armes
l’orange et la chaux,
la douleur très ronde
où l’œil est un puits,
le genou dodu, la châtaigne.
On verra le pays
vivre dans la querelle
du charbon repu.
L’écureuil poursuit jabots ou crécelles.
Claque un cabaret !
Mon timon noir ameute les filles, les femmes.
En chandail jacquard, je fais le jade, franchis l’éventail du coq et du pou.
Chacun des bras, chacun des doigts.
Y compris la cuisse et le genou, la maison, le papier, l’enclume, et l’odeur ovale des arbres, le lait qu’on avale.
Papiers à grandes jambes dans le ruisseau vert.
Repas de grenouilles.
Jambes courtes du sang, jacquemart bleu d’amblève, amande en langue de chat.
J’allonge en vain le cœur jaune: jambe de bois n’ose.
Bourgeons ronds, menus grains
dont l’œil s’emplit.
Et c’est la pluie
dont nous aimons
les liens, les pattes,
les boules de nerfs.
Déjà, plumes et châtaignes
font rouler l’ombre :
on dirait qu’un soleil
meurt noyé,
qu’un enfant court
dans le parfum des aulnes.
Oubli gelé de la sève très blanche, l’hiver.
C’est ici le lieu, la rotonde.
C’est ici le lieu.
Nul ne se cherche un visage : flots de givre en mon ventre, flots d’étoffe, de graines, ou de grains coupés en deux.
Les enfants font des rondes, avalent des poignards.
Mettront-ils à feu et à rêve le home des voleurs ?
Langue avide vers le couloir que défend la herse aux oiseaux froids.
Déluge emplumé des yeux, dédale de doigts très fins.
Dans la maison ronde, l’arc du borgne, touche le cœur.
Nous vivions de laine,
de crayons de couleur,
d’eau fraîche, d’estampes.
Les fenêtres en papier
n’étaient pas des tambours.
Nous aimions le candi, la cannelle,
les femmes sans bras,
les garçons sans regard.
Muscles doux et volés
sous la peau qui caresse
la peau, qui coupe
le souffle.
Court projet des doigts,
des dents à la carie.
Salve de salive !
Donc, tu vis, tu choisis
la maison détruite,
ses poutres, ses mannequins,
l’empire de la main nue.
Péroné rouge, te voici, long sous le gel, outil de longue taille, cassé deux fois, vers midi.
Enfant de petit doigt, nous aimons ta nage et clamons à cris nus : feu logé ! vaste neige !
J’avoue qu’un ouvrier serre le plus grand talon, conserve un outil bleu le plus longtemps possible.
Vive épreuve, action de neuve envergure, où l’arbre est debout dans la bouche du parleur.
La main laisse à la main la paume et les dix doigts, la femme ou l’étendard.
Viens à moi, fileuse, fille sans recours…
L’épaule gauche est la bosse du deuxième cœur.
Coupe en quatre lèvres et cheveux : l’épingle est visitée, le sabot parle bas, le chemin fait le tour de la chambre et du cœur.
Langue à vendre
ou œil sourd
dans un panier d’aveugle…
Et va la veine
au cœur.
Et dort le dormeur
dans le poing, dans l’oiseau.
Le feu volé, je le donne à ce parleur dans une maison vide, à ce marcheur très doux dans une forêt touffue.
Et je coupe les ciseaux.
Je ne tranche pas le cou de la femme que j’aime.
Connais-tu le figuier?
La clarté sans couture vit dans la bouche.
C’est la femme endormie qu’il faut suivre: la rivière l’assouvit, la très pâle enchantée, muscade en son parfum, l’éveillée sans retour.
Jetais cavalcade ou sel pur dans le chemin des veines, le chameau de l’aiguille ; forêt, je salue tes étais, tes papiers fondus. À mamelon entier, je préfère
demi-sabot, quenouille, ou grenouille dans la bouche: c’est soleil, c’est fracas d’eau nourrie de viviers, de vive nuit, de vin clair qu’on a bu dans les fermes, au fond des puits glacés,
claquant dents et scies; marchez vivants, enfants de laine, dont les yeux sont jouets de cerises, et caressez goupils et filles.
Orée des cheveux.
Orée des mains, des chemises.
Mentirai-je sur les doigts?
Je fuis à courte paille au sommet des maisons.
Carcans et châssis font ténèbres.
Chassent la peau, la neige, et j’essaie de retenir bras d’enfants, chenilles, paupières dans cette chambre où, finalement, tout se joue: le vivre à perte d’œil, le nourrir
en son melon, le grossir en cette potiche gardeuse de billes, de pièces de monnaie, de fragments d’ongles de jade !
Exulte le chant très franciscain.
De l’attente enfiévrée, je sors très pâle et seul, près des ciseaux primaires.
Des masses de foin fondent.
On entend les osselets crisser, les drapeaux coudre leurs couleurs.
Car si je scie le doigt, je scie le feu, la flamme femelle du corbeau: anis, cannelle, pépins, levain, radis, poivre, voilà plus qu’il n’en faut pour survivre en ce cocon
touffu.
Tout fait farine à
Iveldingen.
Je me souviens: j’essuyais les cheveux, les vitres, les carreaux, les verres laissés à terre, que les bafouilleurs avaient oubliés.
Et nos enfants juteux marmonnaient maints embrouillaminis; lève un seul sabot: la houe rouille.
Fourre de papier le mannequin que tu portes sur le dos, tel un nain tatoué, un frelon nu qu’on châtre sous le préau.
Allonge un long membre dans la maison des doigts: lave le va-et-vient qui meurt dans la mort.
Coquin vêtu de vert, je t’embrasse en tes balafres, et te crie: scie les mains et les sabots, et cherche en ton chien les plumes ennuagées.
Viens avec moi: la peau tire les genoux vers les yeux ; je tue le feu, le linge où vit le plat papillon du front, les charbons délavés des veines, les pupilles mates des bambins
qui vont à l’école.
Et je me dresse, et je hurle à la hâte les indistincts mots du pus noir.
Voile, voile l’orage, l’organisation des pas du sable et du bois.
Rêveur chaud que la menthe assouvit, vis ici parmi les encres et les chiffons et les fragments de peau; pulpes, verrières, plantes grasses, émaux n’étoufferont pas la petite
femme dans la savonnette.
Opaque lointain.
Montagne en neige.
Le papier noyé boit les mots où la femme en lèvres fend le cuir dont tu sais les tendons, les mortes frondaisons.
Mirabelles dans des paniers de lin; fleur d’amandier dans l’œil.
De quel époux se séparer?
Je touche outre.
Au-delà des doigts, l’orfraie ou la haie fïleuse et ses chemins poudrés ou pointus, qui vont vers les étangs piles, les miroirs gredins, les puits vengeurs, d’où
sortent des brassées d’enfants minuscules.
Ah!
Sommet de nos centaines de vitres, de nos moleskines, de nos trajets coupés en huit.
Février est un homme court.
Les doigts pendus aimaient les doux vernis d’Isabelle en gris, les cœurs de jade ou de
Jacques.
Ma campagne passe par l’œil dont tu cousais l’étoffe, la blancheur canaille, la prunelle.
Et les cloutiers rêvaient.
Et les dormeurs, appuyés aux échelles, aha-naient.
Fruits duvetés des pommiers, la coque est pleine.
Hors d’ici, voleurs de filles; qui secondera les bras courageux de l’hyène et les efforts du grand cheval bleu?
Pourvu que j’écrive «froidure» ou «demi-sentier» ou «carcasse» ; haute givrée, la voici onglée sous l’œil jeune et je ne sais lui parler,
mangeant les mots qu’elle donne, hurlant «scalpel» , matins ouverts dans une maison, dans un oursin, dans une espagne à l’envers, où le nalôn se sert de mes mots.
Je juge un juste espoir.
Je pends le papier à l’aide d’un croc.
La main prend peur si le fruit rapetisse ou gagne le grenier vrai des filles qu’on engrosse, qu’on veut toucher demain dans la dent, toujours à l’intérieur.
Puisque claques font ténèbres, jeu de peuple en naufrage.
Ouvrier de bonne menthe, je sais que tu m’aimes.
Eclate.
Suis la poutre et saute à travers l’œil glacé de la poule ou fais semblant de l’enivrer, lucide.
Je suis l’odeur de mon odeur, corps déraciné qui naquit de mon ombre, dans la foulée d’un incendie qui marche à pas de sang dans mes membres, et mes vertèbres, et mes
épaules fragiles.
Et voici l’astuce, le terrain mou des yeux, des regards de glu sous la table.
Hésitez, soyez plus noir que l’horloge éventrée dans des jardins engloutis.
Je marche et suis vieillard.
Je marche dans le parleur orange, dans l’oreille immense d’un parc de vitres, où chaque plante sort d’un œuf.
Hurle ou ne hurle, tu verras des maisons sur le flanc, des enfants d’orge, qui viennent voir leur mère dans le ventre de ta mère.
A sombre venue, je lisse la chambre et suis organe de noir massage à travers maints ouvriers les pieds cassés, les moignons bien vivants dans des guêpes et des encriers nus, dont
j’étais le sauveur.
Perpétue la trace et le fol enjeu, damne et cloue, laitier bébé que je tatoue, que je traverse d’une masse argileuse, avec mes aigrefins, mes vautours pointus, mes cadenas
enveloppés de laine. À qui dirai-je que j’écris pour écrire un seul mot qui me tient à jambe?
Arrache à foudre sans demain le glas poilu de l’œil: déjà tu te sers des mâchoires pour avaler l’œuf premier, puis la langue, et des milliers d’amandes, dont le
goût te traverse, hors du toucher rêche.
Prunelles ou baies par tombereaux, assaillez-moi !
Pitié, poux ou arbres de noir rejet, vierges carnages !
Je dirai demain que je pars vers vos étraves, prêt à déchirer les jutes, les ganglions, les estomacs, les tissus somptueux des jaunes d’œuf, dans le dédale sec du
palais d’os que ma main possède.
Et je suis ici dans chaque cri qui coupe en deux la nourriture.
Ave.
Village dont on se sait brisé ou gourmand.
Je lance à bonne vitesse un flacon d’orange et je dors dans le village de mes épaules, dans le village de mes jambes, dans le village de mes yeux, dans le village de mes cheveux, dans
le village de mes ongles que je regarde souvent.
Ongles sans
Pyrénées, sans vains parloirs : êtes-vous là, étiez-vous là sans histoire, quand on me demandait d’entrer dans la prison
Saint-Léonard, poupée bouffie de son ?
Bois à goulée le citron, la neige, le thé.
Je n’écris pas, je mange à poings perdus dans ma vie effilée, fil tendu de l’ongle, où des cerfs lèchent un peu de bon sang pendu.
Je m’insurge à chaque rondeur du corps où mes mains inondent une douleur de grenade, un bon sens évidé: luxe ou taillis, réminiscence, plan d’eau vaine, plan de
verveine à chaque étage.
Au grenier, je nage entre les os norvégiens des enfants.
Je saute et diminue de clarté, car le tambour que j’ai aimé m’engrange et m’endors roulé dans un grain de sel.
Petits souliers mous, je vous aime, puisque je vis à
Halbachermuhle, dans un moulin creux, qui croît le long des aulnes, à
Amblève, où sont mes blancs parents, de longs chemins enroulés dans les jambes.
Quatre caisses de bois craquent, et mon cœur, mon corps allègent le feu qui palpe une dernière fois les hanches des branches, les landaus muets de quelque châtelain
cru.
Navigateur béni, crois-moi, je tiens à courts bras l’orfraie dont les plumes poissent le col ; ma femme plie le linge enneigé, les plies, les soles, dans l’armoire en
noyer.
Incestueux promeneur, mange ton ombre et grave, ce mardi, ton nom et le mien dans le cuir peureux, dans l’écorce mate.
Mille phalènes sont dans les yeux ; les fourmis, dans les jambes, ont des genoux minuscules, et nous économisons notre regard en ne le posant qu’où nos lèvres se posent, sur
le chemin chevelu de
Meyerode.
Glotte où petits oiseaux me font mourir de cris.
Sont, sont ainsi longs doigts de pied ou jouets de couleur pour de nègres oranges.
L’étouffement de la paume a permis le voyage : le voyeur est caché dans la dernière phalange et casse tout : les yeux qu’on gardait pour le bon regard, les pieds bots
empalés.
Ah! juristes sans vérité, que faire?
J’oins les parties de mon corps de liquide douceâtre et de miel et suce enfin arbres et robinets.
Passe, garde à cheval, et ne me crois pas.
Je vis le remous à l’intérieur du cœur et ne suis ici qu’en demi-voyageur.
Bête à bête.
On dit bien qu’on ira battre une panse à pleines mains, cacher dans la fontaine un gigot de velours, voler le cœur gonflé d’un garçon très noir, dont les muscles en
sommeil n’ont pas de nom, n’ont que fièvre sans foudre, ou jardin épais.
Je suis joyeux ; ceci me donne un remontoir de papier, puisque je vais à la campagne faire mûrir les tambours, récolter les rivières ou lécher l’eau pure, compter les
grains moussus, les cerises cerise.
Jacques Izoard
Ce jardin ma Barbara, voit comme il produit ce qu’un été n’a fait que retenir par manque d’air, au frais d’ô tonne les barils, avance ta grappe que je la presse, nous boirons d’un trait le vin nouveau !!!
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Bonjour Julie, dis-moi comment vas-tu je t’embrasse.
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Bonjour Niala,
Je vais bien et vous? Je vois plusieurs personnages dans ce tableau.
Bonne journée.
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Voilà qui m’intéresse au point que je suis très curieux d’en savoir davantage, peux-tu me dire ce qui te fais apparaître des personnages, Julie ?
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J’en vois un en tunique jaune près de la plante mauve. Ce n’est peut-être pas un personnage mais je le vois en regardant de plus près.
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Je suis très content Julie, très content tout simplement parce qu’entre la peinture et toi un dialogue s’est établi. Ce dialogue vous appartient dans le sens où je n’ai pas à dire oui ou non, il y a ou pas des personnages. D’autant que j’ai retenu une certaine abstraction dans son exécution, donc j’ai ouvert le champ large. Il importe avant tout qu’une oeuvre parle en se poursuivant au-delà de son auteur, de mon point de vue plus elle se recrée dans la vision du public plus elle a de valeur artistique. L’art est fait pour ouvrir, pas pour montrer uniquement. Ce que tu viens de faire.
En conclusion garde tout de ton impression et fais-le vivre. Exprimes-toi, non seulement tu portes l’oeuvre plus loin, mais tu t’y ajoutes ce qui est loin d’être négligeable. .
Merci tu viens de me faire plaisir, je t’embrasse
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Merci. Bonne soirée!
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Merci Vérojardine.
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