OISEAUX, FLEURS ET FRUITS
Une paille très haut dans l’aube
ce léger souffle à ras de terre :
qu’est-ce qui passe ainsi d’un corps à l’autre?
Une source échappée au bercail des montagnes,
un tison?
On n’entend pas d’oiseaux parmi ces pierres seulement, très loin, des marteaux
Toute fleur n’est que de la
Huit qui feint de s’être rapprochée
Mais là d’où son parfum s’élève je ne puis espérer entrer c’est pourquoi tant il me trouble et me fait si longtemps veiller devant cette porte fermée
Toute couleur, toute vie naît d’où le regard s’arrête
Ce monde n’est que la crête d’un invisible incendie
Je marche
dans un jardin de braises fraîches
sous leur abri de feuilles
un charbon ardent sur la bouche
Ce qui brûle en déchirant l’air rose ou par brusque arrachement ou par constant éioignement
En grandissant la nuit
la montagne sur ses deux pentes
nourrit deux sources de pleurs
Tout à la fin de la nuit quand ce souffle s’est élevé une bougie d’abord a défailli
Avant les premiers oiseaux
qui peut encore veiller?
Le vent le sait, qui traverse les fleuves
Cette flamme, ou larme inversée : une obole pour le passeur
Une aigrette rose à l’horizon un parcours de feu
et dans l’assemblée des chênes la huppe étouffant son nom
Feux avides, voix cachées courses et soupirs
L’œil :
une source qui abonde
Mais d’où venue?
De plus loin que le plus loin
de plus bas que le plus bas
Je crois que j’ai bu l’autre monde
Qu’est-ce que le regard?
Un dard plus aigu que la langue la course d’un excès à l’autre du plus profond au plus lointain du plus sombre au plus pur
un rapace
Ah! l’idylle encore une fois qui remonte du fond des prés avec ses bergers naïfs
pour rien qu’une coupe embuée où la bouche ne peut pas boire pour rien qu’une grappe fraîche brillant plus haut que
Vénus !
Je ne veux plus me poser voler a la vitesse du temps
croire ainsi un instant mon attente immobile.
Philippe Jaccottet

vole, vole mon Alain.
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Ô oui, dans le nié d’un nid de coups-coups
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Ma chouette hulotte…
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le grand aqueduc doit être heureux de pouvoir drainer dans le secteur…
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il n’est pas loin si je ne ma buse…
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Tout prêt de pas lui fossé
compagnie…
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Les conquérants
Comme un vol de gerfauts hors du charnier natal,
Fatigués de porter leurs misères hautaines,
De Palos, de Moguer, routiers et capitaines
Partaient, ivres d’un rêve héroïque et brutal.
Ils allaient conquérir le fabuleux métal
Que Cipango mûrit dans ses mines lointaines,
Et les vents alizés inclinaient leurs antennes
Aux bords mystérieux du monde occidental.
Chaque soir, espérant des lendemains épiques,
L’azur phosphorescent de la mer des Tropiques
Enchantait leur sommeil d’un mirage doré ;
Où, penchés à l’avant des blanches caravelles,
Ils regardaient monter en un ciel ignoré
Du fond de l’Océan des étoiles nouvelles.
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