NOUVELLE-LUNE
Le soir prépare l’herbe tendre du matin
Comme une terre d’asile transitoire
Où les couleurs s’éprouvent aux mains
Et au langage de l’arbre familier
Qui réclame un nouveau départ
À la feuille obstinée portée en collier.
C’est le chant fragile d’entre-deux nuits,
La crête rouge incendiée
Sur la scie sensible de l’initiation
Et déjà l’enveloppe quotidienne du corps
Se plie au troublant exercice de la disparition
Au souffle bleu d’une surface lavée
À bâtir partout son territoire
Contre la terre mouvante des hâtives fondations
Contre l’orgueil émacié de la lune et ses marées.
Les fleurs fugitives ont empoigné un pan du ciel
Et ne connaissent ni le regret
Ni la crainte sèche des lendemains.
Elles peignent du champ des possibles le robuste crin.
Les sabots de la traversée martèlent
Notre histoire et trouvent refuge dans le bouquet.
Barbara Auzou

Nouvelle-Lune – 2018 – Niala – Acrylique s/toile 65×54



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