LE BEAU RESSENTI


33848245_p

LE BEAU RESSENTI

 

Je traverse cette mitraille de grêlons

à côté le gros monsieur a quitté ses écouteurs

la foule est sortie de la tranchée

enhardie

Levez-vous et hurlez à dit le prompteur

 

Je rentre dans le silence de ton sacré

le prêche est en congé

Ta voix traverse le bruit cascadeur de l’hystérie collective

je pense encore à toi

tout s’en va toi tu restes là…

 

Niala-Loisobleu – 12 Juin 2018

 

UN CAILLOU DANS LA POCHE 11


P1050624

UN CAILLOU DANS LA POCHE 11

 

Cession

 Le vent,

              dans les terres sans eau de l’été, nous

           quitte sur une lame,

                                            ce qui subsiste du ciel.

En plusieurs fractures, la terre se précise. La terre demeure stable

dans le souffle qui nous dénude.

Ici, dans le monde immobile et bleu, j’ai presque atteint ce mur.

Le fond du jour est encore devant nous. Le fond embrasé de la

terre. Le fond de la surface du front,

                                                             aplani par le même souffle,

ce froid.

Je me recompose au pied de la façade comme l’air bleu au pied

des labours.

                                                           Rien ne désaltère mon pas.

André du Bouchet (Dans la chaleur vacante,Editions du Mercure de France, 1959)

 

La partie que j’ai du Nil dans le fond de ma poche, tremble au moindre. Jamais  au ramdam médiatique. Les footeux me gavent, connerie royale faite pour les gueux qui se  sentent l’érection venir au passage du carrosse, connerie tu fais l’écrasement du monde, la terre est plus ronde elle est cabossée.

Combien étiez-vous à suivre vraiment Barbara, je parle de l’Ô Z’où la source sourd. Je marchais dans son empreinte, j’ai pu compter. Comme à la veillée. Nous ne sommes rien de ces apôtres de l’intelligentsia qui se nourrit au champagne dans les bars à vain, histoire de se mesurer l’ombilic pour cause de biloutisme.

Pourtant par-dessus les murs on voit au loin sans que ça bouge.

Du Bouchet a tout dit, lisez-le. on vous regarde plein d’espoir.

Niala-Loisobleu – 12 Juin 2018

SERRE MONT


2986520ca9b40096505aa1e17d931a7b

SERRE MONT

 

En tirant sur la haie ils ont anéanti le bocage

rien ne me convaincra que l’espace vide rapproche

 

Au troisième rouleau le vague fait large

l’astérie constelle en troisième chevau-léger de l’attelage

chariot chariot chante le coton

 

A la station sème baby l’home

sur l’échelle de Jacob j’ai grimpé la grenouille

 

Le tant sera ce que nous en ferons

temps qu’a fer croix de bois je le jure

crachons sur les t’ombre…

 

Niala-Loisobleu – 12 Juin 2018

 

 

LA MAISON D’Ô


LA MAISON D’Ô

Bien sûr qu’il fallut en découdre

Avec le ciel et ses doigts de grand ordonnateur

Pour laisser l’âme étale souffler les heures

Inconnues des pendules.

Ô la très raisonnable démesure

De rites,  de bouquets offerts,

De fruits mûrs lavés à grande eau

Et de seconde peau à l’allée jardinière

Mâchée de menthes sauvages.

Des légendes lacustres glissaient à la chevelure du large

En corps dépliés et ensoleillés d’existence,

Chevaux avides de présence

Accompagnant le temps qui passe au sable du pied nu.

Au réverbère de ses renaissances,

L’enfant s’endormait au ballon du soleil

Epousant son arrondi intime

Et il lui donnait des noms maritimes

Qu’il accrochait comme des drapeaux d’envie

Sur chacun des pilotis

De la maison d’Ô.

Barbara Auzou

P1050649

 La Maison d’Ô – 2018 – Niala – Acrylique s/toile 65×54

LA RIVIERE VERTICALE


 

50389081

 

LA RIVIERE VERTICALE

 

Je devais rêver, les mains à cueillir des douceurs de peau, corps laissé à la paisible sensation horizontale du liquide

soudain des craquements explosifs

le ciel s’alluma de zébrures électriques

l’orage en son et lumière venait de tirer le rideau de nuit  pour mettre le jardin  sur la scène d’un faux jour

Tout s’est dressé à la verticale  la rivière a quitté le sol pour ne plus faire qu’un avec le ciel déversoir

En allant ouvrir l’atelier j’ai découvert le tapis en crue. Un vieux cauchemar resurgit…

Niala-Loisobleu – 11 Juin 2018

Touche fraîche


Je suis au départ du vent

Scrutant la corniche des cuisses ou la rosace se centre

La légèreté en prenant la forme d’une goutte perles sans qu’une nacre ne l’enferme

Ton geste retenu dans son élan par un entourage colonisateur me prend tout bas à l’oreille

Et la première vague fait rouler l’écume aux poils de mon pinceau

La couleur me renverse dans son rire…

N-L – 10/06/18

Le Don des souffles


223732362-eedea260-51b3-450f-bd0c-339a230ee934

 

Le Don des souffles

(…) Mais ininterrompue, que serait la poésie ? Le laisser-faire, le savoir-faire. C’est la fraîcheur que je souhaite maintenir pour qu’il n’y ait plus de hiérarchie entre tous les états d’une vie, poème ou non. Tout est plus modeste, presque banal, ou du moins peut l’être. On écrit, on  s’épuise.On n’écrit pas, on  se  ressource. J’aurais pu dire exactement l’inverse. La perte égale la  résurgence.  Ni  perte  ni  résurgence,  en  fait.  Je n’arrête rien, et dans ce permanent va-et-vient, cet équilibre instable, il n’y a que le présent qui se régénère. Je n’appelle pas autrement la poésie.

Quand je parle des vagues ou des branches, il est certain que je parle de moi : parlant de moi, je voudrais parler des vagues ou des branches.

Ce ne sont pas nos bras que pressent nos bras, ce ne sont pas nos mots que nos mots font entendre : le soleil lui-même, de qui est-il la lumière ?

 

Pierre Dhainaut

 

Des cases et des lettres beurk de nord mendie je t’attrape à plaine mains que c’est Beauce au moins là il y a pas l’ombre d’un arbre ils les ont tous coupés pour plus de quintal de fric au soleil non ne sont pas mes bras qui nagent c’est mon ventre qui gargouille…

Niala-Loisobleu – 10 Juin 2018

LA LIGNE ROSE


b56d3a002bb1ed71aac1c76f8b7d22cd

 

LA LIGNE ROSE

 

La nuit a gardé la main chaude au frais

l’animal virole son poil en se frottant au buisson

l’ouest tiré du sommeil trempe ses lèvres dans le chant des oiseaux

l’empreinte marche sur le sable vierge

l’haleine remontant  au sel se promet de donner vie à son rêve.

 

Niala-Loisobleu – 10 Juin 2018

PLOMB


54791f6c2e2f331499b322aa1161b34f

PLOMB

 

Sous la moiteur du temps lourd qui couve

la main en visière l’air se cherche à voir le loin

c’est autour dans la valise, bien bas,  que ce qui étouffe ne vient plus du quai mais de l’à-marre

N-L – 09/06/18