EQUILIBRAGE


 

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EQUILIBRAGE

 

 

D’une ligne d’heure arrêtée le remontoir sortit l’argent de sous le gousset en se grattant les selles comme Scarron le vieil écuyer. Un tant perdu  ne se rattrapant guère, faut lui lancer l’offensive si on veut avoir la paix. En dépensant comment gagner, demande le jour de philo aux escholiers. Un cheval qui saute, c’est de la rivière à ras qui rit de bon coeur sans penser au cafard, nota l’examinatrice sur le dos de son aide-mémoire…

N-L – 18/06/18

ALAP


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ALAP

Un son

juste un son

qui se voulait à l’essai

qui est déjà note et résonance

cible et cercles d’air

cœur minuscule dérivant

dans le halo du sang

dans le flot du mystère

dans le tempo de l’instant,

son à peine

question

ou appel

son qui cherche

et coïncide

et dit une voie possible

sous l’effroi du silence,

son sans effraction

mais qui franchit

escalade

foudroie

comme une offrande

un scrupule

une sommation,

son d’alerte

source de sable

qui module un manque

une blessure

une eau tragique ou trop pure

une eau en mal

de transparence ou d’éclair

de nuit laissée à l’agonie,

son devenu autre

en englobant

en engloutissant

en engendrant de l’être

et du fragile,

son de suite

et ainsi de son

et ainsi de soi

qui est

et n’est plus là

en tant que soi

mais autant qu’il s’accorde

à l’écho du dedans

à l’écart où se lient

et les doigts et les lèvres

les prières les songes les cris incertains

une lueur volatile

un masque qui s’éteint

un peu d’aube à midi

un peu d’ombre dans les noces,

c’est l’ampleur qui s’en vient

inverser le regard

le tourner plus profond que soi

vers le sans-lieu

le sans-nom

vers ce qui n’appartient pas

n’appauvrit pas

n’apparente pas

mais donne au corps

sa ferveur d’outre fièvre

son étiage absolu

de feu migrateur

d’or dilapidé

de syllabes en poussière,

c’est l’ampleur qui s’en vient

déborder les escales

l’attente ou l’avenir…

Tout le sens s’est fait souffle

houle et renaissance

il n’y a plus

qu’une âme qui improvise

son espace,

juste un son juste un son.

 

André Velter

COMME L’A


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COMME L’A

 

Non, il n’y a pas de prison pour l’homme

Ils ne pourront pas m’attacher, non.

Ce monde plein de chaînes

m’est petit et étranger.

Qui enferme un sourire?

Qui emmure une voix….

Libre je suis. Sens-moi libre

Seulement par amour.

 

Miguel Hernandez

 

Fonds confondus

La m’aime lettre nous commence par A

Ce que tu es plume me fait pinceau

alliance bleue à nos doigts

 

N-L 6 18/06/18

Non-retenue d’eau


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Non-retenue d’eau

L’ongle endormi d’une lunule dévitalisée, le doigt tangue , la phalange molle, prise de crampe se noie  à sec

Ce geste pendule que la pluie bête agite comme un bénitier non-potable sur le fond baptiste

mal du jour nouveau-né est infanticide

Léthargie picturale d’une couleur chienne

veille d’un oeil refusant le sommeil, aboie, mais aboie, plus fort et mord la poisse scoumoune, monstre d’un film d’horreur, prends-là par le paon d’un plumet d’aigre être

retrouverons ce panache qui proteste vaut mieux sentir l’ail que les maux hémorragiques

La Maison dÔ philtre trémie d’union, le caillou mis en poche sépare le grain de lin pur du ton rabattu d’un office religieux

Quelques épouvantails s’animent, le vent d’un pet chambre à gaz

Sur l’arbre à médecines l’oiseau greffe sa molécule…un fruit jaune rougit !

Niala-Loisobleu – 18 Juin 2018

 

TRISTE


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TRISTE

 

La tête penchée des fleurs bute des pieds dans les gouttes

il pleut comme

ce qui ne sait qu’être  obstinément obtus…

 

Niala-Loisobleu – 18 Juin 2018

BLESSURE VUE DE LOIN


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BLESSURE VUE DE LOIN

Ah ! le monde est trop beau pour ce sang mal

enveloppé qui toujours cherche en l’homme le moment de

s’échapper!

Celui qui souffre, son regard le brûle et il dit non, il n’est plus amoureux des mouvements de la lumière, il se colle contre la terre, il ne sait plus son nom, sa bouche qui dit non
s’enfonce horriblement en terre.

En moi sont rassemblés les chemins de la

transparence, nous nous rappellerons longtemps nos entretiens

cachés, mais il arrive aussi que soit suspecte la balance et quand je penche, j’entrevois le sol de sang taché.

Il est trop d’or, il est trop d’air dans ce brillant

guêpier pour celui qui s’y penche habillé de mauvais papier.

 

Philippe Jaccottet

 

La bosse que la mer affiche n’est pas la conséquence d’un coup de gueule du temps, c’est ma faute, coincé que j’étais à me débattre dans la baïne internet

Les yeux brûlés je ne distinguais plus le haut du bas posé sur le fil de la lame quand son rasoir  tournait. Une crécelle de vent dans l’ouïe et le poisson crie de toutes ses nageoires pour casser la paroi de l’aquarium. La gueule du fond sort sa murène du gîte d’un trou de roche

Qu’est-ce que l’équilibre quand la balance est truquée

sans qu’on suspecte l’air innocent de la lanterne rouge de la maison de passe

Depuis que je te regarde au plus profond je décrypte ton geste enfantin dans la bousculade d’une violence d’adulte. Crois-tu que ma liberté de pensée en donnant accès à l’acte aurait perdu le respect du partage et le soin du corps dans sa chair comme dans son âme ?

 

Niala-Loisobleu – 17 Juin 2018

UN APRES-MIDI ROMPANT L’ATTENTE


UN APRES-MIDI ROMPANT L’ATTENTE

Un bruissement

couleur mutante

le jardin va soudain et s’arrête au bord du chant en terrasse

On cherche à entendre la mer nous ramener à sa marée

Le fossile niché dans le sol évoque l’odeur du coquillage qui y a séjourné en laissant de quoi se tromper sur des traces qu’on invente

Tout avance au pas

Au milieu du manège un cheval tourne en boucle sur le labour d’un araire à plat-ventre déporté à l’opposé du soc

Quand le soir sera tombé ce sera la couronne des genoux qu’il faudra porter chez l’orfèvre d’internet qui vient de dire: je suis là…

N-L – 17/06/18

LES DOIGTS JOINTS


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LES DOIGTS JOINTS

Ils avaient écrit silence en vertu de ce qu’ils cherchaient à terre. Prospecteurs d’impasse où le premier réflexe se veut péage. Les tentes se firent les seules aventurières d’un lien de famille. On les retrouva entre les murs d’un garage municipal

Seul un chien laissait son mufle suivre la fissure originelle

Pendant qu’un camion à frites fumait des huiles de vidange à l’enseigne du bon coin

Hissée au sémaphore la culotte petit-bateau d’une enfant hors d’atteinte des naufrageurs s’était épinglée au signal des doigts joints

Ecueil danger

l’eau-trouble sans s’émouvoir, un tourbillon hisse l’éperon comme une mine flottante. Le choeur des vierges de l’armée du salut dirigée par le Grand Maître détrempe le quai et son mouchoir avec les pleureuses, pendant que les pédophiles construisent un plan de bonne conduite avec l’outil du castor. Les compagnies d’aviation se précipitent, si on doit s’envoyer en l’air on va quand même pas laisser le coup aux fantassins. On réduit le tarif, pas la voilure on pousse la vapeur.

Et ton encre remontée prit ma main en la guidant à l’aine de ta toison

Nous sommes en pleine marge

tes mots me serrant d’une étreinte musicale où tremble l’essence autrement que le faux-palmier de l’oasis reconstituée pour le tournage des mains-sales adaptées d’un drame d’ô tari

Jointures blanches et phalanges sanguines nos paumes dans la position du lotus se tiennent posées à plat sur les nymphéas. Elles  nagent bord à bord.

Le moulin à marées déjà au bon peint, comment faire mieux que multiplier les seins  sans marcher sur l’ô ?

Simple

Point barre.

Niala-Loisobleu – 17/06/18