UN JOUR PAS ORDINAIRE


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UN JOUR PAS ORDINAIRE

Elle avait au creux de l’aine, cet amour curieux

qui la mettait pas à l’écart des conflits

Au point d’ars

on saigne de trot

comme dans la 8° à long chant

se plaisait à raconter la petite écuyère

en tournant le cas fait

Niala-Loisobleu – 9 Mai2018

 

HORIZON BLEU


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HORIZON BLEU

L’herbe se dresse

avant que le soleil ouvre les yeux

Un vieux parasite  traîne aux lies.

Et dans l’embouchure du goulot

l’estuaire sort son courant du banc de sable mouvant

Rejeté par l’estran de nuit

l’amer est gisant dans le corps de la méduse échouée

 

Niala-Loisobleu – 8 Mai 2018

VIVE L’OLA


 

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VIVE L’OLA

Quand le cou tordu tient la majeure partie de la place, il y a une carence évidente qu’il va falloir régler avant qu’il ne soit trop tard. Tellement de vide dans des heures pleines à avoir en vie le désir d’exister par l’échange effectif et spontané, que c’est pas la bonne voie de rencontrer une percée d’oubliette tenuepar des occupants de second rang. L’inculte à la culotte de ch’val qui déborde de l’ascèse, c’est juste bon à faire pourrir la paille. Je pense à une égocentrique, parfaite caricature de sentiments qui ferait de la pub pour la procréation. De quoi me donner le désir de me gratter les couilles par envie de soupe à l’oignon. Le minus qui ferait autorité c’est pas acceptable. Demain je cabane-déménagement, mes p’tits-gars en renfort pour hâler du lé au la. Vous avez dit l’ola ?

Niala-Loisobleu – 7 Mai 2018

 

MARCHE A L’AMOUR


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Où que je sois, j’ai cette Marche à l’Amour en portrait de Toi, ma Muse.

Elle accompagne mes escapades au bleu de toutes mes couleurs, se fait arbres flottés pour un pilotis à cabane, où notre lit vogue. Elle a de l’oiseau le libertaire parcours, du fauve les ô d’heurs, du cheval la force d’airain.

Aquatique vol intersidéral ce poème est tout ce que je pense et ne peux que te chanter.

Merci Gaston Miron

N-L – 07/05/18

 

MARCHE A L’AMOUR

Tu as les yeux pers des champs de rosées tu as des yeux d’aventure et d’années-lumière la douceur du fond des brises au mois de mai dans les accompagnements de ma vie en friche
avec cette chaleur d’oiseau à ton corps craintif moi qui suis charpente et beaucoup de fardoches moi je fonce à vive allure et entêté d’avenir la tête en bas comme un
bison dans son destin la blancheur des nénuphars s’élève jusqu’à ton cou pour la conjuration de mes manitous maléfiques moi qui ai des yeux où ciel et mer
s’influencent pour la réverbération de ta mort lointaine avec cette tache errante de chevreuil que tu as

tu viendras tout ensoleillée d’existence

la bouche envahie par la fraîcheur des herbes

le corps mûri par les jardins oubliés

où tes seins sont devenus des envoûtements

tu te lèves, tu es l’aube dans mes bras

où tu changes comme les saisons

je te prendrai marcheur d’un pays d’haleine

à bout de misères et à bout de démesures

je veux te faire aimer la vie notre vie

t’aimer fou de racines à feuilles et grave

de jour en jour à travers nuits et gués

de moellons nos vertus silencieuses

je finirai bien par te rencontrer quelque part

bon dieu !

et contre tout ce qui me rend absent et douloureux

par le mince regard qui me reste au fond du froid

j’affirme ô mon amour que tu existes

je corrige notre vie

nous n’irons plus mourir de langueur à des milles de distance dans nos rêves bourrasques des filets de sang dans la soif craquelée de nos lèvres les épaules
baignées de vols de mouettes non

j’irai te chercher nous vivrons sur la terre la détresse n’est pas incurable qui fait de moi une épave de dérision, un ballon d’indécence un pitre aux larmes
d’étincelles et de lésions profondes frappe l’air et le feu de mes soifs coule-moi dans tes mains de ciel de soie la tête la première pour ne plus revenir si ce n’est pour
remonter debout à ton flanc nouveau venu de l’amour du monde constelle-moi de ton corps de voie lactée même si j’ai fait de ma vie dans un plongeon une sorte de marais, une
espèce de rage noire si je fus cabotin, concasseur de désespoir j’ai quand même idée farouche de t’aimer pour ta pureté de t’aimer pour une tendresse que je n’ai pas
connue

dans les giboulées d’étoiles de mon ciel

l’éclair s’épanouit dans ma chair

je passe les poings durs au vent

j’ai un cœur de mille chevaux-vapeur

j’ai un cœur comme la flamme d’une chandelle

toi tu as la tête d’abîme douce n’est-ce pas la nuit de saule dans tes cheveux un visage enneigé de hasards et de fruits un regard entretenu de sources cachées et mille
chants d’insectes dans tes veines et mille pluies de pétales dans tes caresses

tu es mon amour

ma clameur mon bramement

tu es mon amour ma ceinture fléchée d’univers

ma danse carrée des quatre coins d’horizon

le rouet des écheveaux de mon espoir

tu es ma réconciliation batailleuse

mon murmure de jours à mes cils d’abeille

mon eau bleue de fenêtre

dans les hauts vols de buildings

mon amour

de fontaines de haies de ronds-points de fleurs

tu es ma chance ouverte et mon encerclement

à cause de toi

mon courage est un sapin toujours vert

et j’ai du chiendent d’achigan plein l’âme

tu es belle de tout l’avenir épargné

d’une frêle beauté soleilleuse contre l’ombre

ouvre-moi tes bras que j’entre au port

et mon corps d’amoureux viendra rouler

sur les talus du mont
Royal

orignal, quand tu brames orignal

coule-moi dans ta palinte osseuse

fais-moi passer tout cabré tout empanaché

dans ton appel et ta détermination

Montréal est grand comme un désordre universel tu es assise quelque part avec l’ombre et ton cœur ton regard vient luire sur le sommeil des colombes fille dont le visage est ma
route aux réverbères

quand je plonge dans les nuits de sources

si jamais je te rencontre fille

après les femmes de la soif glacée

je pleurerai te consolerai

de tes jours sans pluies et sans quenouilles

des circonstances de l’amour dénoué

j’allumerai chez toi les phares de la douceur

nous nous reposerons dans la lumière

de toutes les mers en fleurs de manne

puis je jetterai dans ton corps le vent de mon sang

tu seras heureuse fille heureuse

d’être la femme que tu es dans mes bras

le monde entier sera changé en toi et moi

la marche à l’amour s’ébruite en un voilier de pas voletant par les lacs de portage mes absolus poings ah violence de délices et d’aval

j’aime

que j’aime

que tu t’avances

ma ravie frileuse aux pieds nus sur les frimas de l’aube par ce temps profus d’épilobes en beauté sur ces grèves où l’été

pleuvent en longues flammèches les cris des pluviers harmonica du monde lorsque tu passes et cèdes ton corps tiède de pruche à mes bras pagayeurs lorsque nous gisons
fleurant la lumière incendiée et qu’en tangage de moisson ourlée de brises je me déploie sur ta fraîche chaleur de cigale je roule en toi

tous les saguenays d’eau noire de ma vie je fais naître en toi les frénésies de frayères au fond du cœur d’outaouais

puis le cri de l’engoulevent vient s’abattre dans ta gorj

terre meuble de l’amour ton corps

se soulève en tiges pêle-mêle

je suis au centre du monde tel qu’il gronde en moi

avec la rumeur de mon âme dans tous les coins

je vais jusqu’au bout des comètes de mon sang

haletant

harcelé de néant

et dynamité de petites apocalypses

les deux mains dans les furies dans les féeries

ô mains

ô poings

comme des cogneurs de folles tendresses

mais que tu m’aimes et si tu m’aimes

s’exhalera le froid natal de mes poumons

le sang tournera ô grand cirque

je sais que tout amour

sera retourné comme un jardin détruit

qu’importe je serai toujours si je suis seul

cet homme de lisière à bramer ton nom

eperdument malheureux parmi les pluies de trèfles

mon amour ô ma plainte

de merle-chat dans la nuit buissonneuse

ô fou feu froid de la neige

beau sexe léger ô ma neige

mon amour d’éclairs lapidée

morte

dans le froid des plus lointaines flammes

puis les années m’emportent sens dessus dessous je m’en vais en délabre au bout de mon rouleau des voix murmurent les récits de ton domaine à part moi je me parle que
vais-je devenir dans ma force fracassée ma force noire du bout de mes montagnes

pour te voir à jamais je déporte mon regard

je me tiens aux écoutes des sirènes

dans la longue nuit effilée du clocher de
Saintjacques

et parmi ces bouts de temps qui halètent

me voici de nouveau campé dans ta légende

tes grands yeux qui voient beaucoup de cortèges

les chevaux de bois de tes rires

tes yeux de paille et d’or

seront toujours au fond de mon cœur

et ils traverseront les siècles

je marche à toi, je titube à toi, je meurs de toi

lentement je m’affale de tout mon long dans l’âme

je marche à toi, je titube à toi, je bois

à la gourde vide du sens de la vie

à ces pas semés dans les rues sans nord ni sud

à ces taloches de vent sans queue et sans tête

je n’ai plus de visage pour l’amour

je n’ai plus de visage pour rien de rien

parfois je m’assois par pitié de moi

j’ouvre mes bras à la croix des sommeils

mon corps est un dernier réseau de tics amoureux

avec à mes doigts les ficelles des souvenirs perdus

je n’attends pas à demain je t’attends

je n’attends pas la fin du monde je t’attends

dégagé de la fausse auréole de ma vie.

 

COMME LE V


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COMME LE V

Le fond du jardin repousse sa limite à cogner en plein Levant

Des charpentiers rabotent les étais en installant des serons

là où on a scié les pilotis des cabanes

Quelques poissons-volants stoppent les accrocs du tant en dérapage contrôlé

La colline aux oiseaux s’est refait la frange avec des chants pignons

Plus de caravanes qui trépassent

Mais des chiens à tête d’homme qui aboient

Rue Jacob

les grandes échelles laissent cabot le tabouret

en l’île d’Elle pas d’exil possible

Des isthmes ma aile

Des plafonds réhaussés

Des orques de bar barrissent

Et toujours la main de ma soeur

La création du Monde

Le Gustave sans courbette

Et du poil à sa zoute

Une splendeur

Mon Arbre de Vie

est planté dans la cabine du Paradiso

Le dernier fusil dort enfin au fond de la rétine de Caïn

Quoi en corps demande un étourneau: juste une fiente sur le bon oeil du borgne

Niala-Loisobleu – 7 Mai 2018

 

Natalia Lafourcade – Rocío de Todos los Campos (En Manos de Lo


Natalia Lafourcade – Rocío de Todos los Campos (En Manos de Lo

 

En hommage à la danseuse, chorégraphe, sculptrice et actrice mexicaine Rocío Sagaón, Natalia Lafourcade sort sa nouvelle chanson « Rocío de todos los campos », inspirée par ce qui est considéré comme l’une des meilleures de la danse moderne au Mexique.

Au milieu du vert de la nature, Lafourcade a reflété dans la vidéo du thème les visites récurrentes dans ses rêves et utilise la danse à travers laquelle Djahel Vinaver, fille de Rocío, parvient à fonder Natalia avec des espaces.

 

Rocío de todos los campos
Rocío de sal en el mar
Tu baile hipnotiza la luna
Y el viento comienza a cantar

Tú enciendes el fuego en la noche
Escuchas los grillos hablar
Desvistes tu cuerpo y tu alma
Para en el agua nadar

Libre serás
Para siempre
Para siempre
Mariposa morada
Entre bambú

Enciendes el barro en tus manos
Pasiones de amor prohibido
Enciendes el barro en tus manos
Pasiones de amor prohibido

Rocío de los corazones
Que van a tu casa a llorar
Rocío de todos los cielos
De fiestas y de soledad

Tú enciendes el fuego en la noche
Escuchas fantasmas andar
Desvistes tu cuerpo y tu alma
Para en el agua nadar

Libre serás
Para siempre
Para siempre
Mariposa morada
Entre bambú

La muerte llegó seduciendo tu encanto
Envolviendo tu manto
La muerte llegó seduciendo tu encanto
Y te fuiste pa’l campo

Libre serás
Para siempre
Para siempre
Mariposa morada
Entre bambú

Rocío de todos los campos
Libre serás
Rocío de todos los campos
Libre serás
Rocío de todos los campos
Libre serás
Rocío de todos los campos
Libre serás, libre serás

Rosée de tous les champs
Pulvérisation de sel dans la mer
Votre danse hypnotise la lune
Et le vent commence à chanter

Vous allumez le feu dans la nuit
Vous entendez les grillons parler
Vous découvrez votre corps et votre âme
Pour nager dans l’eau

Tu seras libre
Pour toujours
Pour toujours
Papillon violet
Entre bambou

Vous allumez la boue dans vos mains
Passions de l’amour interdit
Vous allumez la boue dans vos mains
Passions de l’amour interdit

Rosée sur les coeurs
Ils vont à la maison pour pleurer
Rosée de tous les cieux
Des fêtes et de la solitude

Vous allumez le feu dans la nuit
Écouter les fantômes à pied
Vous découvrez votre corps et votre âme
Pour nager dans l’eau

Tu seras libre
Pour toujours
Pour toujours
Papillon violet
Entre bambou

La mort est venue séduire votre charme
Envelopper votre manteau
La mort est venue séduire votre charme
Et vous êtes parti pour le champ

Tu seras libre
Pour toujours
Pour toujours
Papillon violet
Entre bambou

Rosée de tous les champs
Tu seras libre
Rosée de tous les champs
Tu seras libre
Rosée de tous les champs
Tu seras libre
Rosée de tous les champs
Vous serez libre, vous serez libre

 

QUAND LA MER MONTE


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QUAND LA MER MONTE

Poussières de cabane collées à la sueur du torse

j’ai les reins de docker

au déchargement d’un espace de transfert

canal de Panama

ohé Blaise aurais-tu un oncle à me prêter

Je voudrai aller danser

sur la plage pour entendre le coquillage me dire

« Viens on prend le large »

et me retrouver quelque part sous les plis

de sa robe en arbre de Judée…

N-L – 06/05/18

AU JOUR D’HUIS DANS TA FLEUR


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AU JOUR D’HUIS DANS TA FLEUR

Poser le fardeau et allonger mon corps entre la respiration des lèvres du fleuve et le balancement des monts de la poitrine. Le paysage d’une campagne habitée d’oiseaux, toute piquetée d’arbres-refuges. Si égaré, survient un marchand de tracas que la terre s’ouvre sous ses boniments de camelot. Mon dos brisé s’appuyant sur le reste de force de mes jambes, ne me lève qu’au baiser régénérateur. Laisse-moi boire tes seins ô jour de trêve. Nous mangerons sur l’herbe les carreaux du marais, tu sais celui-là où on ne pourra pas expulser le sel qu’il possède. Quoi qu’on possède d’esprit du mal. Il y a des enfants qu’on ne peut séniliser. Je n’ai pu dire je t’aime dans le combat inégal d’hier. Mais mon silence le gardait pour le tenir hors du tir meurtrier. Met ta plus belle robe, celle qui sent la montagne côté soleil, je vais prévenir le vent qu’il me tienne sous-elle en parachute. Puis d’un bout à l’autre de tes pores, ronronner comme chat

Niala-Loisobleu – 6 Mai 2018