VOL A VOILE


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VOL A VOILE

 

Sa corde dans le saut, elle chantonnait au matin, petite fille remise au bon âge.

Le vert des étendues céréalières faisait rouler des ondulations jaunes dans la montée qui précède la récolte, curieusement accompagnée de cette odeur de terre ouverte que le soc au labour fait monter. En spirale ascendante les cormorans montaient en flèche pour mieux piquer au fond le lieu de pêche qu’ils voyaient grand ouvert sous leur ventre.

Et alentour tout dormait encore de cette incompatibilité qui désunit l’huile de l’eau.

Quand le nuage se disloqua dans les yeux de l’azur, des arbres dressaient leurs cimes sur la portée des guitares. Voix de chair sensuelle, la vie reprenait au refrain.

Au travers de ses mèches elle vit son front relayer le solaire du cadran, chanson de geste, quelques mots sautillants troubadours sur les tréteaux d’un théâtre ambulant gardé par les chiens du désir. Le jour gonflant la corolle de sa robe, elle se se laissa porté par les vents ascendants.

Niala-Loisobleu – 21/05/18

PANNE DE CONNEXION


 

 

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PANNE DE CONNEXION

 

L’encre tourne sur elle-même

un courant immobile passe par maille

L’âme son s’est décousue du porte-plume en voulant s’écrier…

 

Niala-Loisobleu – 20 Mai 2018

COIN DE VENT


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COIN DE VENT

 

Seul le remuement de quelques feuilles laisse entendre qu’il y a une présence

La table garde un appui pour les coudes

mon épaule est à quai de ton cou

Au loin un voilier passe dans la fenêtre de la chambre

comme ta robe sourit

le chat  ronronne

 

Niala-Loisobleu – 20 Mai 2018

 

CHANT POUR LE JARDIN DE L’EAU


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CHANT POUR LE JARDIN DE L’EAU

L’eau inaugure le lieu

L’eau, âme libre venant à toi

du moindre obscur

Écoute l’eau

toi

qui passes cette porte

Premier pas

est l’amour

Tous les suivants

gravissent la mémoire

pour saluer les passants

Ici, nul étranger

Tous frères nous sommes

venus glorifier la pureté de l’eau

Ô souveraine

qui veilles à la pureté

n’oublie pas qu’entre tes mains

l’eau fait fleurir l’âme et coule jusqu’à l’infini
Rien ne te sépare de cet air

rien de ce silence

Que je touche une pousse

revient pour moi

à toucher l’étoile

Notre nature est la même

Ici. j’écoute les entrailles qui scandent

Écris le salut

écris l’absence

Si j’étais ici une fois

je serais toujours ici

Les plafonds ne sont pas moins hauts que le ciel

les branches pas plus lentes que l’aile d’une tourterelle

L’escalier qui conduit à ma chambre

mène aussi au théâtre des mots

Scrute cette lumière jaillissant de la pierre
Les coins écartés du jardin se rapprochent les uns des autres
Le courant d’eau les pousse dans la paix de la vasque solitaire

Lente, l’ombre avance

portant nos pas

vers ce que nous ne connaissons pas

Libère-toi de l’allégresse de la fin

Tu es voué à cette marche

d’une âme l’autre

et les revenants ne se rappellent plus qui tu es

Habite la chambre du silence

Comme un sourire retenu

les miroitements reproduisent

des fleurs jamais semblables

Le jardin accueille chaque fois les premiers souffles

A chaque pas

commence

la danse

L’Andalousie n’est pas un vocable
Regarde

ces couleurs de musique

ces traces

d’amants
Ne cherche pas d’autre lieu
Ici

est l’Andalousie de l’eau ton
Andalousie

Le jardin des déserts

recueille

mes amis errants

l’un

après l’autre

Ils sont ici

échangeant des coupes de vin

sans relâche

Les nuits se déversent

sur des pentes descendant

vers les vallées du silence

Mais les amis se réunissent ici

nuit

après nuit

jardin

désert

Mohammed Bennis

SOLSTICE


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SOLSTICE

Je suis assis au point haut, en bas dans le soleil de son jardin. Elle me dit ses mots qu’elle a mâché de menthe sauvage prise aux mauvaises herbes qui cherchent à gagner. Son ventre résonne plein ma tête à me caresser le coeur. Je l’entends, elle me dit à mots ouverts le passage proche

Je ne parle qu’en Bonne Foy…

Encore

Moi la nuée

Je consens

Moi l’étoile du soir

Je consens

Moi les grappes de mondes qui ont mûri

Je consens

tu connais mon nom Maria-B…

Quand se déposant du ciel d’un passage vocal le cri des oiseaux est entré comme le chant qui accompagne la levée.

 

Niala-Loisobleu – 19 Mai 2018

 

EPAVE


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EPAVE

Un oiseau de mer

l’oeil en écaille

l’aile en nageoire

mazoute d’airain

La plage ne s’étend pas plus loin que l’enjambée rendue difficile par les débris d’un raz.

Niala-Loisobleu – 19 Mai 2018

JE DEPLACE L’AXE DE MA FENÊTRE


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JE DEPLACE L’AXE DE MA FENÊTRE

L’évanoui se dissout,

où mon regard va-t-il accrocher de quoi pouvoir tenir ?

Je vois haut, une autre altitude où quand le vent s’engouffre,  le son se met à crier allant sortir les forces supérieures du sommeil. La route ne sera plus droite, chaque virage tient la vue accrochée à lui pour s’en imprégner.

Tous les mots que la banalité à tissé autour du quotidien me tordent sur place d’une profonde douleur. Comment peut-on aimer à côté ?

Je veux sortir parmi les pierre au dévalé d’aiguilles de peint, sous le brûlant du vol de l’aigle qui perce la bêtise de son oeil. Vieillir en pays chevalier, allongé sur le ventre d’une liseuse. On ne tire plus les volets pour laisser une place au lit à la lune.

Niala-Loisobleu – 19 Mai 2018

FUT UNE CABANE


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FUT UNE CABANE

 

La mer n’a pas bouge

les nuages sont mobiles

un poisson nage

et vole

De haut il voit ce qui cabane là où plus rien de ce qui fut ne reste à faire,

à présent il faut à venir mains tenant…

Niala-Loisobleu – 18 Mai 2018