Sur le Fil


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Sur le Fil

 

Le fond du jardin s’est ramassé sur un pot de terre cuite ébréché, il tremble, accroché au temps qui passe entre deux branches de cerisier Est-ce le nichoir qui a fermé ou un changement de propriétaire de cabane ? Quelque chose a changé. Le carreau sale ne peut pas attraper la moindre venue. Trop de glands sur le sol cachent la respiration des feuilles du papier à musique. Une silhouette fait son apparition de temps à autre, entre le petit bois et le brise-bise donnant sur le port. Quelques mots presque éteints sur la coque d’un bateau du chantier, tiennent comme ils peuvent sur le ber. Le calfatage goudronne les parties immergées. « Il était une foi » grince au bout de sa chaîne sur l’enseigne. Le bout de corsage qui dépasse du carton à chaussures tente de rétablir le dialogue. On ne peut pas lui reprocher le reste de fantasme qu’il a gardé dans le décolleté. Chaque entrée de peau nue à son mystère. Partis sans rien dire, ils ont laissé battre le volet pour ne pas accrocher l’hélice dans l’algue ô rythme. Le maçon me dit que les hirondelles ont la mémoire des avancées de Toi. Une sonnette de vélo tend le cou sur le guidon d’un regard qui nettoie la brume  à la pelle. Derrière l’école, deux enfants se disent à lire sans compter. Le sac de billes prêt à éclater de rire, penche du bon côté de la vie. Faut dire qu’il y a des jours où ça descend plus que d’habitude. Mais les canards que j’ai vu ce matin nager sur la Charente semblaient ce foutre du froid.

Niala-Loisobleu – 6 Décembre 2017

 

La Brûlure de la Douleur


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La Brûlure de la Douleur

 

Pris dans le filet d’un brouillard  épais, l’intelligible douleur se débat entre le derrière du rideau et l’avant-scène. De quoi es-tu fait du fond ou tout pour la surface ?

De plus en plus loin, les moulins dont Qiuijote cherchaient la réponse, meulent le grain pour en tirer profit plus que pour essaimer l’Autre.

 

LA BRÛLURE DE LA DOULEUR

La douleur poursuit lancinante
L’ombre de la pensée
Qui enrage dans
Son réduit

Et la grisaille démultiplie
L’idée fixe
Dans un esprit
Lourd qui voudrait
Broyer
Le sens avancé et
Ouvert à la grâce
De l’inconnue

O Frères humains
Que faire de la douleur ?

Pourtant la lumière guette
A l’horizon qui attend
D’être franchi
Et … Revisité – il calfeutrerait
L’humble souffrance
Dans la force
De l’instant…

Belle liberté sans complaisance à soi
On t’accomplit dans la brûlure
D’un poème échappé
Des lourds et petits
Pas ferrés
Par la peur

Tu es clarté et clairvoyance
A la pointe des
Souliers de
Plomb
Qui se transforment en ailes
De Pégase envolées
Contre l’obscure
Trahison de
Tout amour
Par un Narcisse monstrueux

Sans un cri – sans une larme
Juste en déployant
L’énergie de la terre
Pour changer
Le monde
Voici le défi écrit
Sur les cendres incandescentes
Sous le pied

Et le temps macère en poussant
A l’explosion des gonds
Sur les portes
D’acier qui
Abritaient l’orgueil
D’une douleur
Élevée dans
L’ombre de
L’Humain

L’enfer ouvert au regard
Des sans-soucis
Pourrait dire
Leur « sainte émotion » !
Devant la barbarie
De la souffrance
Quand elle se dresse
Face aux monstres
De tout Pouvoir
Il leur faut un miroir
A ces âmes sensibles !

Et les mordants veulent croquer
Les plus beaux fruits de
La misère
Ils se mettent en meutes
Et chassent le reclus
Dans la douleur

« Sentir »  comme ressent
Ce pauvre terrassé de souffrance
Pour le connaître et s’en servir comme
Marche-pied
De sa puissance
Impuissante : cela traverse
Tout « Thénardier »
Qui se vend et
Vend la souffrance
De l’innocent
Aux monstres de richesse !

« Sentir » de l’extérieur de l’art
Ce que ressent le poète
Sans avoir à comprendre comment
Il a pu accoucher dans la douleur
Quelques vers « délicieux » :
Sans viser la renommée
Ni le divertissement
Mondain
C’est comme vouloir faire sortir
De la boue de la vulgate
Le plus beau message
D’Humanité

Ainsi pérorent les petits rois
De la rhétorique qui
S’extasie devant
Le « sensible » génie
Après l’avoir conspué de
Son vivant !

Et la mode de la douleur
N’en finit pas avec
L’apostasie
Du bonheur lequel est quand-même aussi
L’apanage de ceux
Qui s’emploient
A moduler le
Cri de la
Beauté

Ainsi le tourisme de l’art
Juge et encense des valeurs
Déjà ossifiées par
La richesse
Au sacré nom d’un bonheur sensible
Tant de chaînes qui empêchent
De passer outre
La loi du commun : celle qui
Asservit la pensée et
Nie la douleur
Réelle pour
Encenser les prostitués
De tout art

De l’intérieur du poème
S’arrachent ces
Chaînes
Et s’ouvrent les musiques
Et les visions
D’un monde
Toujours à
Refaire …

« La littérature à l’estomac »
Lâchant son souffle
Au rebours de
Toute digestion culturelle
Ouvre au plus profond
De la respiration
Qui bat – bat
Contre la mort
Et surmonte ainsi
La souffrance
Que pas un mot de censeur
Et d’évaluateur ne peut
Sentir comme
Source de
La beauté

 

Alain Minod

Rester Vivant…Eux c’est Toi Emoi


Rester Vivant…Eux c’est Toi Emoi

Hier Jean d’O

aujourdh’ui Jojo

deux mains c’est tout.

Tsunami sur l’info, le rocker balaye l’écrivain, les ondes ne sont plus que choc d’instruments acoustiques !!!!

Voici la vie telle qu’elle est, le notoire en avant de la réalité du fond de l’histoire…mais ces deux là ne sont pas mieux, ni moins bien, ils sont chacun la part de l’histoire de l’Homme

Surface ?

Vernis ?

Non c’est le cri de la vie. Aux antipodes l’un de l’autre, je dis: « Ces deux là sont bien ses jumeaux. Leur différence fait le Tout.

Vivants, ils le resteront en Nous.

Bon Voyage, salut l’Ecrivain-Chanteur vos mots chantent Ô !

 

Niala-Loisobleu – 6 Décembre 2017

 

Lettre de Jean d’Ormesson au Président de la République


Lettre de

Jean d’Ormesson

au

Président de la République

8 Mai 2015

Monsieur le président de la République,

Plus d’une fois, vous avez souligné l’importance que vous attachiez aux problèmes de la jeunesse, de l’éducation et de la culture. Voilà que votre ministre de l’Éducation nationale se propose de faire adopter une réforme des programmes scolaires qui entraînerait, à plus ou moins brève échéance, un affaiblissement dramatique de l’enseignement du latin et du grec et, par-dessus le marché, de l’allemand.

Cette réforme, la ministre la défend avec sa grâce et son sourire habituels et avec une sûreté d’elle et une hauteur mutine dignes d’une meilleure cause. Peut-être vous souvenez-vous, Monsieur le président, de Jennifer Jones dans La Folle Ingénue ? En hommage sans doute au cher et grand Lubitsch, Mme Najat Vallaud-Belkacem semble aspirer à jouer le rôle d’une Dédaigneuse Ingénue. C’est que son projet suscite déjà, et à droite et à gauche, une opposition farouche.

On peut comprendre cette levée de boucliers. Il y a encore quelques années, l’exception culturelle française était sur toutes les lèvres. Cette exception culturelle plongeait ses racines dans le latin et le grec. Non seulement notre littérature entière sort d’Homère et de Sophocle, de Virgile et d’Horace, mais la langue dont nous nous servons pour parler de la science, de la technique, de la médecine perdrait tout son sens et deviendrait opaque sans une référence constante aux racines grecques et latines. Le français occupe déjà aujourd’hui dans le monde une place plus restreinte qu’hier. Couper notre langue de ses racines grecques et latines serait la condamner de propos délibéré à une mort programmée.

Mettre en vigueur le projet de réforme de Mme Najat Vallaud-Belkacem, ce serait menacer toute la partie peut-être la plus brillante de notre littérature. Montaigne et Rabelais deviendraient vite illisibles. Corneille, Racine, La Fontaine, Bossuet changeraient aussitôt de statut et seraient difficiles à comprendre. Ronsard, Du Bellay, Chateaubriand, Giroudoux ou Anouilh — sans même parler de James Joyce — tomberaient dans une trappe si nous n’apprenions plus dès l’enfance les aventures d’Ulysse aux mille ruses, si nous ignorions, par malheur, qu’Andromaque est la femme d’Hector, l’adversaire malheureux d’Achille dans la guerre de Troie, si nous nous écartions de cette Rome et de cette Grèce à qui, vous le savez bien, nous devons presque tout.

Les Anglais tiennent à Shakespeare, les Allemands tiennent à Goethe, les Espagnols à Cervantès, les Portugais à Camõens, les Italiens à Dante et les Russes à Tolstoï. Nous sommes les enfants d’Homère et de Virgile — et nous nous détournerions d’eux ! Les angoisses de Cassandre ou d’Iphigénie, les malheurs de Priam, le rire en larmes d’Andromaque, les aventures de Thésée entre Phèdre et Ariane, la passion de Didon pour Énée font partie de notre héritage au même titre que le vase de Soissons, que la poule au pot d’Henri IV, que les discours de Robespierre ou de Danton, que Pasteur ou que Clemenceau.

Jean d’Ormesson

 

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Jean d’Ormesson est mort


Exclusif - Jean d'Ormesson était présent à Bruxelles pour la présentation de son nouveau livre "Comme un chant d'espérance". Après une courte intervieuw, il a rencontré de nombreux lecteurs pour des dédicaces. Le 27 novembre 2014, Bruxelles.

Jean d’Ormesson est mort

 L’écrivain a rendu son dernier souffle dans la nuit.

Jean d’Ormesson est mort, vient de confirmer sa famille à l’AFP. L’Académicien et écrivain de 92 ans a fait une crise cardiaque à son domicile de Neuilly (Hauts-de-Seine), selon les précisions de sa fille éditrice, Héloïse d’Ormesson, dans la nuit de lundi à mardi 5 décembre 2017.

Dans un court communiqué, elle écrit à propos de son père : « Il a toujours dit qu’il partirait sans avoir tout dit et c’est aujourd’hui. Il nous laisse de merveilleux livres. » Jean d’Ormesson est l’auteur d’une quarantaine d’ouvrages. Il était entré à l’Académie française en 1973 et a été publié de son vivant dans la prestigieuse collection La Pléiade des éditions Gallimard.

Cette vie fut belle

Jean d’Ormesson est né à Paris le 16 juin 1925. Fils d’ambassadeur, il est agrégé de philosophie et normalien. Il est d’abord haut fonctionnaire avant de devenir en parallèle le journaliste et l’écrivain que l’on connaît. Il est, par exemple, secrétaire général de l’Unesco de 1950 à 1992 mais il fut aussi le collaborateur de plusieurs cabinets ministériels de 1958 à 1965.

 

Dès 1949, il collabore à de nombreux journaux comme Paris Match, Ouest-France, Nice Matin, mais aussi Diogène, une revue philosophique dont il est le rédacteur en chef adjoint de 1952 à 1971, puis le directeur général en 1976. Mais la grande aventure de Jean d’Ormesson restera celle du Figaro, qui a célébré son 70e anniversaire en octobre, qu’il dirige dès 1974 et auquel il restera très attaché.

Son premier roman porte un titre qui lui ressemble : L’amour est un plaisir, lui qui parlait tant du plaisir qu’il trouvait dans les grandes et les petites choses de la vie, est paru en 1956. C’est au début des années 1970 que cette carrière d’écrivain explose. Jean d’Ormesson reçoit le Grand Prix de l’Académie française pour La Gloire de l’Empire. Le succès d’Au plaisir de Dieu en 1974, adapté par la suite pour le petit écran, continue d’asseoir sa popularité.

Jean d’Ormesson a signé une quarantaine d’ouvrages qui lui ont ouvert non seulement les portes de l’Académie française mais aussi celle du coeur des Français dont il était l’écrivain préféré. Nombre de ses livres étaient autobiographiques comme Le Rapport Gabriel (1999), C’était bien (2003), le bien-nommé cité par sa fille Un jour je m’en irai sans en avoir tout dit (2013). En 2016, il reçoit même le Jean-Jacques Rousseau de l’autobiographie pour Je dirai malgré tout que cette vie fut belle.

L’amour est un plaisir

Cette vie, Jean d’Ormesson l’a passée aux côtés de Françoise Beghin (79 ans), benjamine de l’industriel et homme d’affaires Ferdinand Beghin (le sucre Beghin-Say), qu’il épouse le 2 avril 1962. Dans les pages de Gala en 2015, l’écrivain confiait avec malice : « [Mon épouse] est merveilleuse, elle a été formidable pendant ma maladie [un cancer de la vessie en 2013, ndlr]. Elle n’est jamais sur le devant de la scène et a toujours été d’une grande patience. Pour le reste, le mariage, c’est quarante mauvaises années à passer, puis après, c’est épatant. La vie devient délicieuse à partir de 60 ans. »

Le couple n’a qu’un enfant : Héloïse d’Ormesson, née le 10 octobre 1962, à propos de laquelle il avouait regretter de s’en être peu occupée. Bien inspirée cependant par l’érudition de son père, cette dernière devient éditrice et sa ouvre sa propre maison d’édition. Avec son premier époux, l’éditeur Manuel Carcassonne, Héloïse a une petite fille : Marie-Sarah.

Le mariage, c’est quarante mauvaises années à passer, puis après, c’est épatant.

En 2012, Jean d’Ormesson soutient Nicolas Sakorzy lors de l’élection présidentielle. L’année suivante, il tient son premier rôle au cinéma, celui d’un président très inspiré de François Mitterrand dans Les Saveurs du palais de Christian Vincent. En 2014, retour à l’Élysée où il est fait grand-croix de la légion d’Honneur par le tombeur de Sarkozy, François Hollande. Cette année-là, Jean d’Ormesson revit après s’être remis d’un cancer de la vessie qui lui a valu huit mois d’hospitalisation en 2013.

En janvier 2015, les éditions Gallimard annoncent que l’oeuvre de Jean d’Ormesson sera éditée dans la prestigieuse collection La Pléiade. C’est un immense honneur d’autant qu’il n’est que le 16e auteur (et toujours antépénultième à ce jour depuis l’arrivée de Mario Vargas Llosa et Philip Roth) à le recevoir de son vivant comme d’autres géants de la littérature que sont, par exemple, Milan Kundera, Nathalie Sarraute, Marguerite Yourcenar et André Malraux… Ce ne sont que des statistiques dont ne s’encombrait probablement guère le premier intéressé. N’avait-il pas déclaré « Les honneurs, je les méprise, mais je ne déteste pas forcément ce que je méprise » ?

Un dernier ouvrage autobiographique de Jean d’Ormesson sera publié en début d’année 2018 par Gallimard. Son titre ? Et moi, je vis toujours.

 

Source Purepeople
Depuis quelques jours le temps glacial préparait à ce coup de gel immesurable….perdu lui-même, l’air manque, il est en retrait,
Trop immense, pour dire ce que cet homme d’humilité représente. Pour moi, comme pour d’autres il est la main courante qui m’a tenu et m’a empêché de tomber durant des années.
Quelle Lumière, toute entière dans son regard!
Il avait eu peur de partir sous Hollande, déclarant que l’idée de savoir que ce serait lui qui lui ferait l’Hommage funèbre…Sans doute sera-t-il quelque peu rassuré….mais en totalité, certainement pas, il sait trop où se trouve la Vérité.
Monsieur, vous demeurerez « Comme un chant d’espérance ». Dormez en paix.
Niala-Loisobleu – 5 Décembre 2017

Il fait un froid à se couper aux mâchoires du vent


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Il fait un froid

à se couper aux mâchoires du vent

 

Fatras, ces jours vides ont le don d’être plein de confusion. On en arrive à devoir se curer du prêchoir, pour entendre sa voix intérieure faire bonne toilette entre l’ornière et le Centre du chemin. Faire entrer la voix. L’oeil resté enseveli sous l’avalanche du non-dit, n’avait fait que se protéger sous la visière de la paupière. Si les cons volaient, sans doute ne pourrions-nous plus arriver à nous tenir à la verticale. Tenir debout c’est plus prometteur que ces étalages racoleurs de traiteurs outranciers devant la file des Restos du Coeur. Vitrines de fêtes, putasserie autorisée par une prostitution affranchie par décret. L’enfant est le plus sûr véhicule d’abus sur toute la ligne. Entre le Bien et le Mal du débat philosophique séculaire, Noël insère sa zone franche.

Il fait un froid à se couper aux mâchoires du vent.

Le ressassé ne peut se réchauffer, il se dégoûte froid. Exsangue, une tête de suicidé dans l’espérance. Que j’aime po Noël, c’est prouvé. Je le dis pour le transiter comme le déchet alimentaire qu’il est. Vous allez bien à la selle, demande le véto à l’étalon ? Je monte toujours à cru, répond-île.

J’Amour plus que jamais. Les illuminations artificielles d’une ville à l’autre déplacent le ça à ras en métropole. A faire du brouillard pour truquer le rêve. Les mirages sont justes bons à bombarder les populations. Imagines l’horreur d’avoir l’oeil crevé par un coup de nichon qui n’a d’autre intention qu’aimer. Horrible. Bible ou pas, non je ne tendrais pas l’autre au second.

Faut que je te dise qu’alors que jamais on n’avait pas eu moins d’horizon, j’ai jeté la douleur de ton manque aux façades. Une fois que leur poussière a été retombée, puti  je t’ai vu toute nue, belle comme quand t’es née, couverte de ce premier cri de sang qui mord sans attendre d’avoir des dents !

Niala-Loisobleu – 5 Décembre 2017

 

Extinction de Voix


 

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Extinction de Voix

 

Le ponton au bord des engelures

souffle sur ses pilotis

Dans la glace la rivière s’est prise de dos

face à face au changement d’évent

 

Mon animal à fourrure

mitaine ô mes mitaines

épargnez mon dernier filet de voie

j’happe perçois que du gel

 

Pourtant prévenu

elle m’avait dit si t’entends la sirène

ça ne peut être moi

je n’écries plus depuis que ma plume a rouillé

 

Tant que la mer tient

les sucres lents brûlent dans leur course

l’amour bande son rayon du gland de son phare

Je voudrais bien que le courant se la joue pas Montparnasse

 

Niala-Loisobleu – 4 Décembre 2017

 

 

L’Arbre pris de Gélivure


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L’Arbre pris de Gélivure

 

Muette

la branche

ne sève plus quoi dire

 

Un gel de silence

qui crante au fond du sceau

se demande comment coi fondre

 

Je cherche les oies

dans un ciel en rase-motte

hyper trop fié de ma candeur

 

Niala-Loisobleu – 4 Décembre 2017

 

 

Le Bateau Givre


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 Le Bateau Givre

Désespérant de t’apercevoir

je retapisse de mémoire les trous de serrure.

Au chevet la lirette prise dans les pantoufles

se tapie

Rien que tu n’aies laissé givrer au carreau

l’ongle s’y casserait

impossible d’écobuer l’haleine

pour sauvetage.

Les bois ont le souffle coupé

c’est encore l’automne

on se croirait avancé en hiver

sans un grog minet à se glisser autour de la gorge

Le  sein du jour tombe au genou

prière

ou

 dernier signe de prostration

Le sauvage s’enfuit

domestiqué à l’aliénation d’un affect rendu frigide

alors qu’il crépite de craquements d’étreintes enflammées

dans l’âtre que je connais.

Niala-Loisobleu – 3 Décembre 2017

 

LA BOÎTE A L’ÊTRE 29


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LA BOÎTE A L’ÊTRE 29

 

NOUVEL ELAN

– A l’an vert c’est mieux pour pédaler, tu laisses la bécane au poteau, attachée au terre à terre, et tu montes sur le vélo de la mare, que tu prends soin de détacher des barrières, comme il se doit pour re-rentrer dans ta propre histoire.

– Mais après où c’est qu’tu vas, si tu sais pas nager ? T’as le don d’un Dom pair mignon, qui joue de sa bulle pour champagniser le galet en sable blanc d’une plage de micro sillon. Lis dans un univers d’Ailleurs, façon groseille à sauter le cassis. T’as donc pas d’gendarme couché dans ton parcours. Tu peux aller par le mail comme un messager sans air messe.

– Pas de sermon, quand t’aime, mon Pt’it-Gars. T’embrasse du dedans de la poitrine et tout d’suite sans avoir ni touché, ni r’gardé tu sais si les seins sont vrais. Le faux néné c’est que du faux-cul qui pose son étal en plein marché de nos ailes. Tant ça reluit que ça laisse que des strass suspectes au fond du protège-culotte.

– Faut toujours se méfier de Twoo alors ?

– Et pas qu’un peu ! C’est un club d’anciennes radeuses que la loi a rabattu sur le web. Elles te font toutes le coup du : » Avant de vous aborder, j’étais déjà toute mouillée, c’est dire comme l’admiration que tu me suscites m’inonde d’ondes porteuses ».

– Comment et qui peut-on croire alors ?

– En premier lieu toi. Mais pas de vent la glace, en plein dans le miroir, pour que tu changes pas le tain de ton âme.
T’es responsable, joues ton rôle pour de vrai, des deux côtés des cous lisses. Tu es l’auteur et l’acteur, la scène et le rideau, le décor et le souffleur. Laisses le public en dehors, t’es pas v’nu t’faire applaudir, sinon tu t’f’ras juste reluire, comme le paon des trois coups qui ne se meut qu’au brigadier bien frappé.

-Mais c’est pas possible d’être le tireur de ficelle et la marionnette, pour saluer la foule faut que j’ai l’égo flatté au premier rang, sinon j’entrave…

– Voilà bien là que le problème est. T’entrave que dalle, T’es qu’un cabot qu’aboie pour rien, sans savoir pourquoi, au mauvais endroit.
Vois-tu mon p’tit-vélo, il sort de la route défoncée, toujours en travaux, d’impasse et perd, que c’est que la perpétuelle exode du chien qui se mord la queue. Le sol a besoin d’ô, pour boire la liberté d’être son devenir, il reflète alors un espace dégagé d’embouteillages, c’est que j’suis qu’un moineau d’Paris, que le mutuel attire sans ses bourrins attelés, sans ses faux-problèmes qu’ils soient de couple ou d’un dit vie duel.
J’me pose sur l’air le jabot palpitant, comme un p’tit nouvel élan avec ses voeux sincères et les meilleurs.

Niala-Loisobleu
29 Décembre 2013

 

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