Vents divers…


Vents divers…

 

Quand au chavire tout, le même jour change de tenue plusieurs fois entre les heurts d’un vent déménageur, se tenir debout dans l’idée demande une conviction d’un autre tant.

Un temps périt…

La nature humaine est ainsi faite. Elle a ses saisons où l’attirance est solidement ancrée, puis les moi émoi où faut passer un ravin soudainement apparu. Sur un pont de singe qui vous vide l’estomac tellement ça balance.

A qui la faute ?

Bah, je laisse les prédicateurs savants dans l’art de profiter du moment de faiblesse idoine, se faire leurs courses. Un être humain qui souffre (les motifs sont tellement nombreux…) c’est une sensibilité exposée au pire. Prise par l’impératif de sortir du sinistre. La peur n’est pas le visage du vil que la littérature dispense. Moi je crois que c’est le premier sentiment qui arrive à la naissance et qui reste jusqu’à la mort.

La peur elle est le témoin du bien et du mal.

On ne vit pas sans elle, on vit avec ailes.

Ce que je mords de mes dents tellement j’y tiens, peut se relâcher l’instant d’une carie qu’il faut soigner. Ce qui n’a rien à voir avec l’os auquel je tiens.

Je n’oublie rien de ce qui me fait chien.

Niala-Loisobleu – 22 Novembre 2014

 

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EMPLOI DU TANT


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EMPLOI DU TANT

Entre les presse-livres un petit morceau d’air

sursaute, puis se remonte la mèche

pas vu, pas pris …

Ainsi ce qui ce passe derrière le rideau de faire

va son petit-bonhomme de chemin, s’arrête, repart, jette un oeil

l’autre en marque-page

Le couloir de la porte laissée entrouverte mijote doucement sur le coussin du chat, sans que le laid déborde. Tu peux mailler des caresses intimes de la pelote pendant qu’autour de toi rien ne mouille au dehors. Le taire craquèle.

De la corne insonore fait pencher la plante verte du pied.

Ceci étend le destin en carpette de chaque côté des pages de l’histoire. Le lit s’attache à conserver son ressort pour nous garder en cuillères.

Ta peau ne pèle…j’en vois la vie en ligne.

Niala-Loisobleu – 21 Novembre 2016

HAUSSEMENT DES PÔLES


HAUSSEMENT DES PÔLES

SAGESSE

« Si tu veux construire un bateau,

ne rassemble pas tes hommes et femmes pour leur donner des ordres,

pour expliquer chaque détail, pour leur dire où trouver chaque chose…

Si tu veux construire un bateau,

fais naître dans le cœur de tes hommes et femmes

le désir de la mer. »

.Antoine de Saint-Exupéry

Au ber l’ossature navale s’appuie, écoutilles fermées au fil du ria

Tranchant de l’étrave en figure de proue, spires de l’hélice écartées des filets de pêche

Sur l’horizon les écluses attendent le retour du désir

Aucune invite

Aucun s.o.s

Seule une amarre à l’écoute

Ne quitte l’ancre des yeux, la plume dans dans l’encrier

Marée fidèle aux estrans, tenant les oiseaux blancs en mouvements

Odeur de flux montant le long des seins du môle

Rien ne dort de l’attente retenue au corps mort d’un coupe-vent

Les mouettes, ailes déployées sur le sillage, tracent l’épure du futur

Vents stériles balayés par le prononcé d’une volonté humaine sortie de l’urne.  poussant les cendres racoleuses aux brisants.

Niala-Loisobleu – 21 Novembre 2016

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PHILIPPINE


Philippine,
mon esprit tonnelle ne combine pas avec la chicane qui voudrait gendarmer l’humeur à sa guise et faire des deux genres un seul dominant
Ce que ta poitrine déboutonnée peut avoir de bleu en ses bouts rose bistre grainé par sucions est incompatible
aux desseins armés du pistolet à tracer la courbe en cloque
d’un tir à bout portant
La nacre rose qui me trace un parfum de dentelles écartées, pointant cette larme
envolée de l’haleine du taillis touffu du jardin fleuri de ton ventre
voilà simplement ce qui me tente à jardiner en dehors d’une reproduction animale
Le bzzzzzzzzzzz du bout de doigts butine au point de jaillir en gelée royale
Tiré par ton libre orgasme
tu crieras de tous tes reins, du roulis de tes hanches, du jeté de tes seins aux tétins roides, du séisme de tes fesses en crevasse…
sinon
je devrais me priver de jouir que comme un porc sans attache à ta qualité primordiale
totalement méconnue de mon cocorico.
Ô Femme…mon Egale, mon Autre …Jouissons d’un seul cri !!!
 
Niala-Loisobleu – 20 Novembre 2016
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Que ça Chante à gargouille !


Que ça Chante à gargouille !

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Par paquets la vague balaie.Tout vole, oh non où est le devant du derrière. D’un papier qui accompagne les casseroles, je ma tâche d’encre sur l’oeil du cyclone, que je ressemble au chien de la voix d’son mètre. A court de mot.

Pourquoi l’amour ça peut faire mal à faire passer du sublime au vil ?

Les millions de baisers qui mordent dans l’hostile d’un monde lupanar, aides-moi à en savoir lire le bon regard. Ta langue suce un nectar, viens pas l’inciter en m’aime tant à arroser nos fleurs de nitrate au moment où tes seins m’en serre le petit haricot dans le  peau de terre.

J’ai la passion pour Toi, me demande pas pourquoi, regarde juste les dégâts quand tu me débranches, tu comprendras alors le déréglage des tiennes dans le rapport qu’elles ont aux miennes

Tout ça n’existerait pas si t’étais pas une femme et moi un homme. Peut-être la vraie merveille du monde, j’en suis sûr, que j’efface le doute, te connais trop bien, ô sublime bonheur du complémentaire qui sans, néantiserait la nature de nôtre vie.

Un homme et une femme r’heusement qu’c’est différent

Toi c’est ta tripe en mon intestin, le boyau par lequel on résonne, on vibre, on allume, par l’Y de notre branchement grâce auquel on casse la gueule à la scoumoune.

Que ça chante !

Niala-Loisobleu – 20 Novembre 2016

https://brunoruiz.wordpress.com/2016/10/31/hommage-a-janis-joplin/

LES SANS JOURS


LES SANS JOURS

Y a des moments t’as soif alors
tu bois et puis y a des moments où
t’as pas soif et tu bois quand même
et des moments aussi où t’as
soif et tu bois pas et puis d’autres
où t’as pas soif et tu bois pas

y a des moments t’as faim alors
tu manges et puis y a des moments où
t’as pas faim et tu manges quand même
et des moments aussi où t’as faim et
tu manges pas et puis d’autres où
t’as pas faim et tu manges pas

y a des moments t’as soif alors
tu manges et puis y a des moments où
t’as pas faim et tu manges quand
même et des moments aussi où t’as
soif et tu manges pas et puis d’autres
où t’as pas soif et tu manges pas

y a des moments t’as soif t’as faim
alors tu manges et tu bois et puis
y’a des moments où t’as pas soif et
t’as pas faim mais tu bois et tu
manges quand même et y a des
moments où t’as soif mais t’as
pas faim alors tu bois pas mais
tu manges et puis d’autres où tu
n’as ni soif ni faim alors tu
bois pas ni ne mange

mais y a des moments t’as soif et y a
rien à boire alors tu bois pas et y a
des moments t’as faim mais y a
rien à manger et des moments où t’as
pas soif mais tu peux boire et des
moments où t’as pas faim mais tu
peux manger

parce qu’y a des
endroits où tu peux boire et
manger quand tu veux et des
endroits où tu voudrais boire et
manger mais y a rien à boire ni à
manger parce qu’y a des endroits où
ceux qui mangent et ceux qui
boivent se foutent complètement de
ceux qui ont faim et de ceux qui ont soif

Bruno Ruiz, inédit 2016

Vachement pas facile de seins chroniser, le droit avec le gauche quand ils sont pas au pas, l’un et l’autre, faites vos je, impair, un perd et passe.

Passe à caille, puis passe à show, eh chérie t’as les ragnagnas, non trésor j’en ai une qui pend plus bas qu’l’autre.

Merdre…

J’vois pas d’autre solution que selle d’enfourcher

son p’tit veille ô

pour garder le cap en m’aime direction

Amour

en chantant que c’est le fond qui compte pas l’happe à rance !

Niala-Loisobleu – 19 Novembre 2016

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TABULARIUM


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TABULARIUM

 

Mon nez rouge mis au garde-manger

et le costume d’arlequin au dos de la chaise à porteur

je vais les pieds nus au chemin d’un jour qui se demande s’il y va où s’il en revient.

Ce qui était dans le cadre du vasistas

a fait une chute.

Des débris de vers semblent à l’abandon dans la cour

Je porterai mes costumes, mes chapeaux et mes casquettes , mes pèlerines, mes gants et mes guêtres au secours de froidures en exil échouées, sur les plages au gré des humeurs. Estran demande de suivre un coefficient régulé. Les petits-baigneurs ne sont pas toujours en celluloïd. Qui flotte la tête à l’envers tire à lui par les pieds au monde voyou, qui montre ses fesses à l’encan. A bord d’une oie sauvage je suis pilote des sait.Pas de cartes du Tendre de la veille, rien que du peint frais sans se mettre à genoux au quotidien d’impair.

Mon fils prodigue…

Pardon, voulez-vous répéter j’ai trop mal en tendu…

Je ne publierai pas l’amour au ban, sul ponticello, du chevalet au gibet. J’ai percé mes tympans de rosaces. Pas de narcisses au bord de mes glaces. Ce cri sauvage de l’entrecuisse que sa toison filtre, reste la source claire de jours que d’autres veulent obscurs.

Le chatouillis des herbes folles à l’accroupi de mon tronc, donne un autre frisson que l’arbre recyclé en papier d’identité.

Niala-Loisobleu – 19 Novembre 2016

MONOLOGUE DE LA STATUE


MONOLOGUE DE LA STATUE

Agis, visiteur

Agis sur le monde et sur les vivants.
Pense.
Pense qu’il te faut vivre avec un bandeau sur l’œil de ta nuit.
L’univers n’est rien de plus qu’un désastre de l’ombre, un escalier d’étoiles, et tes métaphores seront toujours faibles dans la poussière.
Le temps te lie à ta peine, sans clarté.
Il neige sur ton revolver.
Sous la géométrie de l’infini, il y a la rigueur de tes filtres et ta rumeur peut bâtir des oasis inconnues.
Reste, visiteur.
Reste au chevet de ce monde, le tien, lent comme le rescapé aux portes de l’épouvante.
Entend, visiteur.
Entend jusqu’au bout le ressac des plaintes profondes de l’arbre, l’aboiement du mystère, la source sous la pierre.
Ecris, visiteur.
Ecris en attendant, pour celui qui te lira.
Même tes vieilles injures à la dérobée, si ta plume s’use trop.
Fonde ton théâtre d’ombres, donne des preuves de l’indicible.
Il n’y a pas de lieu pour mourir.
Dis-le, visiteur.
Dis le parfum de ce qui va renaître.
Insensible insensé, lis l’envers des livres.
Chante le fruit qui tombe sur les suaires, le bonheur sans masque, chante, sauvage ruisseau de clarté si souvent gémissant de l’étreinte première, la beauté du vent, aime l’adulte douleur.
Sur les plages, il y a le son des femmes, voix de gorge où les gardiennes, assises, égratignent les morts et les vivants.
Le sang aussi.
Les voix d’enfants.
Ecoute la plainte de ces anges enflés par le courroux des lionnes, brûle tes étendards, accepte le tournoiement de tes ailes.
Oh ! Langues de vie, qui donc s’écroule et sépare le chant dans la veine qui bat ?
Chevelure du cœur au front de la terre, couleur de toutes les consciences, cri de la brûlante nourriture, plonge dans l’abîme de miel de ta nuit mortelle.
Sonne l’heure pour l’étoile abandonnée, sans gouvernail, pour ta reine qui dort.
Dans les sèves rangées, dans les chairs bouleversantes, dans tes zéniths de bleuissure.
Vois, visiteur, les secrets du frisson de la pluie sur les joues qui dansent en ce monde, pour la folie des iris dans les fuites d’acanthes et le parfum des mousses, sur les pierres tombales où glissent, vers la rivière, tes racines.
Sous les toits, j’entends les loups.
Je n’ai aucune peur, aucune douleur.
Au loin l’irréversible bateau des heures me déserte.
Verdure de tes arbres, le voyage de tes lunes et du vent m’ignore dans les foudres.
Savon des mots, va-et-vient des mâchoires, douleur du temps, le désarroi de l’été ne trouble jamais mon allure.
Et ta ville, l’entends-tu ?
C’est une cargaison de rythmes où la magie du hasard se boucle à ton cheminement, dénouant les cordes du chaos, la migration joyeuse des rêves vers la maison familiale où s’ouvre ton jardin.
La danse des tumulus, pâtures de liesse et de musiques, abysses rayonnantes où rien de l’âme ni du cœur ne se résigne, un empire qui pleure sans yeux, des ventres baignés de vérité dans le souffle sans haine des orchestres, des cirques de guirlandes qui s’en vont plus loin, portés par l’énigme de la nuit suivante.
Ici est ta terre.
Un coin de ciel dans chaque marche qu’il te faudra poursuivre, vaille que vaille, dans les ferveurs du petit jour, malgré les cris et les peines de ceux qui restent, de ceux qui ne peuvent plus aller plus loin.
Oui.
Oui, comme un espoir incroyable, inespéré.
Oui pour que les hommes cessent de s’entre-tuer, simplement, pour que les hommes cessent de se battre.
Et là, au regard de ces images qui te touchent, dans la force de tes actes, lappant la vie jusqu’à l’ultime goutte de sang, comme une plaie à jamais refermée sur la tenace barbarie, sois la preuve animale.
Sois jamais, plus que demain, ce jour de terre et de pluie, parfum jeté sur la jeunesse, sois le mouvement de l’amour.
Que la lumière éclaire l’or de tes méthodes.
Que ton corps se réaccorde, dans la symphonie d’un nouveau monde qui t’arrime.
Spasme sans écho, absurde mesure de l’ombre, noie tes paroles vautrées, avec tes regrets de miroir, cette mort lancinante.
Etre, voilà ton aventure.
Comme un regard sur les vieux sourires, le souffle singulier de l’existence, l’illusion précieuse des bouées.
Vole aujourd’hui, visiteur.
Avec de grands gestes.
La première fois que je suis née, c’était la dernière.
Le sculpteur cherchait un corps, comme l’eau cherche le puits.
Il était alors si hésitant, si fragile.
Il est mort le jour de ma naissance, seul, un soir, avec ses mains.
Oiseau du silence, il a ouvert le ciel avec sa terre.
Il est fort désormais.
Reconnu.
Il t’aide si tu le veux.
Il est utile.
Il nous ressemble.
Il nous ressemble, visiteur.
Vole , à présent.
L’art est une réponse.
Relis-moi, aussi, sans cesse.
L’oiseau mort n’écoute pas les murs : il est lui même l’horizon.
Vole de ma provisoire immortalité, à hauteur de tes yeux, avec ta fatigue, tes muscles dans le cresson des ténèbres.
Déparalyse.
Aime cette eau fraîche, illusion d’étoiles.
Ne tue pas ton ennemi : la vie le fait pour toi.
Elle est ta naissance.
Tu n’as ici-bas qu’un rôle d’oubli et de mémoire.
Ne te prend plus au jeu des équivalences.
Pense demain, cet indiscret.
Souffre de ta vitrine, de l’horreur du mensonge.
Les héros sont sans valeur.
Le pouvoir est inutile.
Abolis tes boucheries de paroles.
Le devoir des hommes de marbre n’éclaire pas les départs.
La langue appartient à celui qui ose entrer dans l’œil de l’autre.
Edifie des lumières.
Met l’idée en danger.
Glisse sans bruit, captif de l’humanité.
Car tu seras toujours seul, visiteur.
Entre l’éther et la substance.
Et moi j’ai si froid d’être nue sur mon socle.
Aveugle.
Absente du sens.
Les temps nouveaux vont te mettrent à l’épreuve.
Aujourd’hui tu cherches le soleil.
Sois demain sa lumière.
Tu étais né pour être quitté.
Puisque tu le sais, désormais, sois plus fort que la séparation.
Car il existe en toi d’autres masses, la matière d’un autre univers.
Apprivoise l’ivresse, rassemble-toi hors de l’hystérie.
Dans la substance de tes vaisseaux, traverse les nouvelles logiques du néant, trouve d’autres mots pour les nommer, revendique le droit au doute.
Demain peut-être sera ta nouvelle existence, tes pensées sauterelles, tes pensées cahotantes, tes fictions déchaînées.
Regarde autour de toi comme déjà les destinées se rassemblent, dispersant leurs résidus d’ignorances.
Tu vas courir maintenant.
Dans les senteurs d’une nature nouvelle, le long des eaux caressantes.
Tu vas plonger dans l’or des aériens muséums, regarder tomber des tours les stèles agonisantes.
Tu vas blanchir tes pensées, tes rides, tes rébellions.
Etreindre l’avenir de leurs forces primitives.
Tu vas délasser les chalands des ondes trop collantes, saigner Sisyphe pour abreuver tes nouveaux enfants.
Toutes tes alarmes seront enfouies dans l’océan, avec les vieilles idées nouées aux corps des tyrans désormais ridicules.
Tu vas tracer des routes verticales au-dessus de ces plâtres immobiles, construire des ponts au-dessus des encriers enfin vides, parce que tout est ici-même, dans le goutte à goutte des flots bleus, les discontinuités enfin dissoutes, l’oubli dans la haine dépassée par la souveraine mémoire.
La souveraine mémoire.
Ecoute.
J’entends l’hymne d’une fraternité animale.
J’entends un nouveau verbe.
Regarde.
Je vois de nouveaux actes.
L’éblouissant exercice d’une autre vie.
C’est parce que tu es né, visiteur, que je suis vivante.

BRUNO RUIZ

 Extrait de Muséum (1998)

https://brunoruiz.wordpress.com/

Source EMILIA GITANA

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