AU BORD DE TIGE


AU BORD DE TIGE

C’étaient rien de ce qui fait l’affiche, la réclame, le must, le clou

ô non, ne me dites pas que la couleur prend naissance au terne

je sais la différence entre la vraie fleur sauvage et l’ornement de vase

Aussi allais-je délester d’une présence le plomb d’un corps-mort happant au fond. A se crocheter aux rochers, sol dur où l’encre se casse l’écriture. On met des bourrelets sous le rai des portes comme on garrotte l’air d’un libre-penseur porteur de lumière. J’aime le blanc de sa peau quand il se marie à son âme, pas le tulle d’un cérémonial  qui étouffe sa virginité. En partant plus loin de ce qui reste de l’écume j’ai laissé ma pensée dire « t’inquiètes je sais que l’on appuie sur ta tête pour te noyer ». Puis j’ai laissé les Muses se remettre en Mémoire.

Niala-Loisobleu – 20 Octobre 2016

kasia-derwinska-photography-5

 

 

 

Son-Silence


photographies-surrealiste-oleg-oprisco28

Son-Silence

A l’angélus s’écartèle martel en peine l’autoportrait à la gousse de citron ; la faim prononce un soir un peu mendiant ; ta croix dans les étoiles se rit de toi, et dans l’étranglement de ton regard, la démesure du silence te fait proie. l’affolement te devance et tout semble se clore.

alors que tu bégaies l’air suspendu au son des cloches, les doigts de ton passé émiettent des sillons dans l’humus de l’espace ; quel maigre enterrement des peurs ; le hameau antérieur se dépouille sur ton visage, tes pieds s’enlisent dans le sable émouvant ; vont-ils saigner ces pieds de parcourir ton front ?

le soir secoue sa brume et toi tu te piétines ; tu aimes inexister ainsi perdant toute racine dans la nuit qui se drape de lambeaux à recoudre.

puis enfin tu t’assieds, comme un fantôme heureux.

Martine Cros

Au travers d’un morceau de nuit cassé , on fouilla le jour à corps.

Je te vis nue au premier regard, ton habit de car naval t’emportant en croisière d’une réclame de bien-être n’ayant pu me tromper sur le sens qu’il fallait donner à naître que soi et rien de la volonté d’autrui. Un espace de chaussures entre les orteils, des bornes dépassées, l’hors-d’usage accordé au minimum de dignité, en bref une espèce de crachat en guise de reconnaissance et voilà le portrait rot-beau mis en carte d’identité. Les ans perdent leur goût au fil d’un quelconque prononcé, en témoigne l’écran plat. Pourquoi se jeter à l’ô quant l’amour en se gommant la majuscule vous a arraché les ongles ? On s’enfonce dans son mauvais karma comme dans une SMT ramassée aux vidanges d’une station d’épuration. Après le naufrage les épaves accompagnent les vagues de leurs psaumes dégénérescents en place des balises signifiant le bon chenal. Quoi faire, j’veux pas mou rire…Slam en tel…

Il y a les fauves parfums qui n’ont pas de dents à leurs lèvres. Rien de carnivore et en corps moins de vampire dans la tentacule qui se fixe à l’envie de vivre quant tout aspire au néant.Le sébum d’une racine qui se love le long du cou a s’en amenuiser le poumon. Alors que le sein s’accroche plus fort que se faire louve, les petits seront pas élevés en batterie, il faut qu’il courent, qu’ils rebondissent, volent et s’enchantent à pousser comme l’herbe sauvage. Bah…l’ô paiera !

Quand tu sautes du trapèze, je vois ton tutu qui fait des pointes, mon pinceau peut te prendre sans filet et nous garder baroques. Le premier qui me dit que je suis triste, je lui fait un grand sourire au cutter.

Niala-Loisobleu – 20 Octobre 2016

 

http://culturebox.francetvinfo.fr/live/musique/opera/orfeo-chaman-de-pluhar-au-teatro-mayor-de-bogota-214531

 

SOUDAIN TRAVERSE UN JARDIN


222326

SOUDAIN TRAVERSE UN JARDIN

Soudain traverse un jardin
Au bord de tes lèvres. Eden
Mon coeur te plaque sous le porche

Adossée au froid bleu des fresques
Tu es là. Délice
Le tremblé d’un rose la pierre d’iris

T’ai arraché pull jupe et bikini
Ai mangé d’emblée le blé
De ton sexe d’or, et ma bouche

L’a pénétré à moins
Que ce ne soit ton corps
Qui ait fondu dans ma bohème. Ma main.

Je ne sais plus qui est le monde
Dans ce moment-là
Mais le jardin fut de chair un verger

Et de l’esprit qui rit
Sous le porche ton cri chant
Le plus beau que j’entendis

Sous le dôme du kiosque
Dans les tresses de saules
Dans les pleurs naturels

Ton cri nous délivra
Outremer noir de bougie
Sont des couleurs de toi

Lorsque je ferme les paupières
Que se reflète sur leur tain
Ton corps en transe dans mon âme

Martine Cros

De cet endroit ancien le puits n’est pas sec. Aux odeurs mêlées, des doigts pincent les instruments à cordes. Les fleurs de ta robe ôtée ont laissé des chemins dérobés entre les plis de tes pensées. Là, sans que le vent ne pousse à tomber, le grain continue de germer. Quelque oiseau siffle. Un autre va pêcher. Je n’ai rien vu qui trouble la profondeur de l’ô. Pas une ride ne strie le bleu du ciel. Tiens bon la ficelle, nous ne nous déplacerons qu’en tapis-volant d’un jardin à l’autre.Ignorant la tentation de montrer à l’encan la grandeur innocente de l’enfant. Sa voix chante une histoire qu’elle a écrite en nageant dans sa mère. Paroles du premier silence à demeurer protégé. Mes cils peignent ta toison, dort. L’Arbre-Gardien est à la tête de ce choeur d’hommes de bien.

Niala-Loisobleu – 19 Octobre 2016

ACCIDENT 2


ACCIDENT 2

J’habite une douleur

 

Il écrit par fragments en lançant fiévreusement des brandons de mots. Il est le grand révolté qui vaticine. Il voulait être cette veille insoumise et fraternelle qui prend soin des hommes autour du feu, face aux monstres. Qui veille encore et encore.

Lui, le capitaine Alexandre de la résistance, est le Char de la vie.

 

On tombe sur ses poèmes comme sur des éclats de silex et l’on n’arrive pas toujours à réaliser des outils avec ses prophéties enflammées. Mais on sait en le quittant qu’il a allumé des feux en nous dont on comprendra plus tard l’usage, mais qui déjà ont fait reculer les ombres.

René Char s’est autant voulu au cœur de l’homme qu’au cœur de la vie. Il est plus un maître de vie qu’un grand poète, selon moi seul bien sûr. La transparence, vertu d’ailleurs de la poésie, il ne l’a pas. Il est cri, étincelles, fulgurations, mais si obsédé par la beauté figée dans le marbre qu’il nous laisse seuls au bord du chemin :

char

Dans nos ténèbres, il n’y a pas une place pour la beauté. Toute la place est pour la beauté.

 

 

Il voulait qu’en le lisant « ça descende en nous ». Cela parfois est dur à passer et son aridité nous fait souhaiter la rosée d’autres. Il voulait que ces textes ne soient pas beaux ou curieux, même s’ils le sont de temps en temps. Écrire toujours l’éclair au front finit par assourdir et aveugler.

Sa poésie pulvérisée est coupante comme des lames de rasoir. À ceux qui pensent que la source de la poésie est l’aphorisme, René Char est l’infinitude. Pour d’autres il est l’artisan violent et furieux d’une poésie qui prend ses sources dans la prophétie et en atteint les limites. Son plus proche frère en poésie, Hölderlin, s’en est sorti par la folie. Heidegger qui l’a si fortement marqué ( tout autant qu’Héraclite), s’en sort par le mépris de l’humanité.

Char travaille lui jusqu’à l’os, l’essentiel de la vie. Il sait débusquer et aimer les lavandes noires et les vipères des mots.

 

« La douleur est le dernier fruit immortel de la jeunesse », voici lapidaire comme toujours une phrase de Char.

Elle porte en elle son obscurité et sa flamme. Elle est représentative de cette forme faite plus d’oracles que de véritables poèmes. Elle en fait la grandeur et ses limites. Lire Char n’apaise pas la soif, elle l’attise, elle ne satisfait pas le désir, elle le fouette. René Char ne nous comble pas, il nous creuse. Chaman autoproclamé il est le derviche tourneur du destin de l’humanité. Il est la figure de proue du courage face aux renoncements et au silence complice. Il se veut foudre et tonnerre. Il est parfois purement sonore. (Esprits Nomades)

 

Et me voici au point mort de l’éternel départ

le caillou dans la chausse être

Absolu ment

Niala-Loisobleu – 18 Octobre 2016

 

ACCIDENT


ACCIDENT

Le malheur selon moi

c’est la maladresse

qui vous arrive

d’un acte irréfléchi

jetant l’innocente

Beauté

en pâture à la connerie humaine

au moment précis où vous ne pouviez pas être plus près du contraire…

N-L – 17/10/16

kasia-derwinska-photography-9

Accrochage


Accrochage

L’échelle aux pieds

chat joue pour le clou

à la ficelle

Dans les yeux d’un oiseau bleu

vois le monde il vient

te prendre la main

Nos noces chantent

un te des homes des gosses

couronne d’églantines

blanche voile

dans les vagues capillaires de ton visage

Quel feu

que celui des arcades de tes baisers !

Niala-Loisobleu – 17 Octobre 2016

11-10-16-1

 

MÂT DE VEILLE


30d338af301ebd4103b7d7b315467e89-644x427

MÂT DE VEILLE

Des paupières couloir

où la descente des marches

gigote sur la chaise

coulent en perspective

les toiles de ma galaxie folle

Oculaire tension

c’est la voile qui monte au mât de veille

ses traversées en une Dernière

Je vibre cello

avec Toi mon Autre

unis dans le m’aime mêle anges

d’âme de violoncelle !

Niala-Loisobleu – 16 Octobre 2016

 

LES P’TITS CAILLOUX & C’EST TOUS JOURS DEUX MAINS


LES P’TITS CAILLOUX & C’EST TOUS JOURS DEUX MAINS

LES P’TITS CAILLOUX

L’escalator charrie ses usagers, le monde humain monte et descend sans trop savoir qui, de lui ou de la machine, choisit la couleur de ses pas. Une forme d’obstination conduit les uns à vouloir ne voir qu’une seule direction, en dépit de la moindre observation, il y a pourtant assez de signes clairs pour éviter de se tromper d’itinéraire.Moi ça me fait mal de le voir s’engouffrer dans une illusion alors que le paysage dévoile sa véritable figure. C’est insupportable de penser qu’il faut avoir la méchanceté de faire mal pour éclairer.Les mauvaises intentions quand elles ne sont pas innées, ça devient mission impossible. Il faut pas croire que ce qui fait plaisir.

Les autres sont entrés dans les ordres du courant. Les voilou, les voilà entrés au monastère du va comme j’te pouce, il sucent leurs doigts depuis qu’ils sont au monde. La gougoutte qui gave, rassure, et surtout dispense de tout engagement en faisant office d’aimant.

Ceci dit rien qu’en passant plus vite que la vitesse de la lumière, pour sortir des ombres chient noises.

Je viens d’apercevoir un parfum nouveau. Trois gouttes derrière l’oreille m’ont soulevé et mains tenues en suspension, exactement de la même façon que de sur la palette surgit un nouveau ton. A la base du mélange, les ingrédients étaient semblables, puis sous le charme d’un fait d’exception, le volume a atteint la troisième dimension.

Peindre c’est chercher à exprimer ce que les mots n’ont pas le pouvoir de dire, ce qu’ils ne trouvent qu’à écrire sur des papiers qui vont à la corbeille, tous froissés.

Exprimer son propre mystère c’est pas facile, et on peut pas dire qu’à partir du rajout d’un autre mystère, l’équation se simplifie.

Mais on peut pas nier, que c’est grâce à cette addition, que bien des choses arrivent à se soustraire au bénéfice de plein d’autres qui ont multiplié les possibilités. Voilà, dans le fond c’est simple, j’écarte la division.

Niala-Loisobleu – 17 Juin 2013

 

photographies-surrealiste-oleg-oprisco8

 

C’EST TOUS JOURS DEUX MAINS

Demain ça pourrait pleuvoir que ça changerait rien au soleil que je vais monter au fil de mes chaussettes, histoire de ne pas douter que j’ai le pied sol-air.

Depuis que ce monde a poussé son premier cri, que l’évolution a fait un inénarrable bond, rien a changé. L’HOMME SE VEUT BON , SE VEUT MEILLEUR…Tu parles, il a gardé tout de l’animal, plus féroce parce que capable de réfléchir…

A côté d’un bombardé y a toujours un tireur de ficelle à l’abri. Là où le pain n’est plus quotidien depuis plus longtemps que c’était avant, il y a une villa milliardaire qui lotit où on jette la bouffe. Dans le gros cul d’une nulle people qui gagne des fortunes à le faire photographier du soir au matin, un sphincter opère le même transit qu’un autre, sauf que sa merde à ailes la fait vivre. Et le chanteur qui n’a pas plus de voix qu’un candidat à la primaire passe en boucle, mistral gagnant, sur la prochaine faillite de son pays. Oh, mille excuses Messire, paraît que tu accuses la justice de lâcheté, mais dis-moi minable petite ombre, où as-tu sorti tes couilles, toi, autrement qu’en chambre close de ta vie lupanar d’une maîtresse à l’autre ? Si j’étais-toi, je m’aurai défenestré avant de me laisser piétiner par les troupeaux de migrants lâchés EN DEPIT DU BON SENS, d’une catastrophe humaine sur l’autre. Vois-tu malgré tout ça , j’ai l’Espoir collé aux basques.

Pourquoi ?

Ben c’est aussi con que simple parce que j’aime la vie et que ça exige de rester propre.

On empêchera qu’une seule misère sur cette terre : la sienne au sens moral.

Je peins pas pour me me faire mettre sur un piédestal, je peins pour mettre un baume sur c’te putain d’blessure qu’est la vie. Parce sans amour mieux vaut jamais être sorti du néant.

Je vais passer à l’acte mains tenant, en chargeant dans mon auto le mobile de ma joie de vivre. Demain j’accroche en corps !!!

Niala-Loisobleu – 16 Octobre 2016

Quelle rue prendre pour traverser les bars sans risquer de ne jamais trouver la campagne ?


0fe859a66e6a4464113cac4380acc977

Quelle rue prendre pour traverser les bars sans risquer de ne jamais trouver la campagne ?

 

Un chapelet de boutiques en abandon, de parkings de grandes surfaces bouffant les prés après les forêts et d’échangeurs avec rocades pour mener où ? Le concept du boire au goulot pour pas salir le vert a été pensé par un né n’arc.Tu vois d’ici la confusion originelle.

Ils ont fait des filles un corps de couvertures de magazines qui marchent par la taille avec leurs hanches, pas avec leurs jambes. Se maquillant trop, le coeur déchiré par des sagas tsoin-tsoin qui gonflent les nichons et rasent le doux espoir d’un sol pubien moussu ou s’enfuir de ses blessures vers une sorte de clémence qu’on cherche sans savoir de quoi y s’agit. Il faut croire que s’étourdir ça représente ce qui fait le vrai fond de l’enseignement scolaire.

Mais pour les julots, quoi qu’ils se jugent au-dessus de tout, faut pas croire qu’ils soient mieux. Je pense même sans hésiter qu’ils sont pires. L’erreur originelle de l’attribut du bas-ventre n’est toujours pas résolue. Quand ça marche comme c’était prévu au départ, rien à dire, hélas l’homme par nature fout en l’air ce qui est normalement merveilleux. Il veut toujours en avoir une plus grosse que l’autre ce con !

Aujourd’hui je ferme la cabane. Moment fabuleux où je laisse mon regard boire ce dernier soleil d’automne. Frisquet mais si pur que ça nettoie du smog des villes de merde où l’on s’ingénie à inventer le dernier modèle paranoïaque qui va chier un cancer dernier cri. Ah tortures-moi, fais-moi mal…

Le matin en se levant, avait ce léger mouvement de tes seins quand après que je les ai provoqué au jeu de paume ils se reposent heureux d’avoir gagné.

Les yeuses égouttent leurs glands, les garennes tirent la langue aux chasseurs, l’herbe flâne, un oiseau remue les feuilles pour que le virtuose de la nature continue à suivre la partition.

Merde à vos bans !

Niala-Loisobleu – 15 Octobre 2016

56-listening-to-his-masters-noise

 

 

 

 

LA FLAMME SEDENTAIRE


 

LA FLAMME SEDENTAIRE

Précipitons la rotation des astres et les lésions de l’univers.
Mais pourquoi la joie et pourquoi la douleur ?
Lorsque nous parvenons face à la montagne frontale, surgissent minuscules vêtus de soleil et d’eau, ceux dont nous disons qu’ils sont des dieux, expression la moins opaque de nous-mêmes.

Nous n’aurons pas à les civiliser.
Nous les fêterons seulement, au plus près ; leur logis étant dans une flamme, notre flamme sédentaire.

René Char

Tout s’accorde à délaver l’horizon, jusqu’à l’outre-noir vaincu. Le claquement des voiles est si vif, que je trouve la mesure exacte du sens que cela m’indique. Les deuils n’en finiront jamais de s’écouter à ne pas vouloir vivre le tant autre que celui de Chronos. Il y a le matériel, son factice réel et ses vrais désespoirs générateurs du doute.

Je suis d’abord Poète à plein tant

après s’il en reste

je donnerai au temps sa part de platitude alimentaire quotidienne

On ne fait que très passer

quand on calcule la moindre insignifiance à la gabelle de l’amer

On demeure

maillon

d’une chaîne indestructible quand on naît qu’une cellule d’un ensemble perpétuel

Vous êtes là de toutes les positions de vôtre Âme

Mes Amours

Mon Coeur, mon Fils,

serez

Présents au

Vernissage de  cette dernière exposition

Autre Couleur

Autre Existence

Autre Réalité

Par l’Effet-Miroir, me voici face à la montagne, dos au désert, nous sommes unis d’une m’Aime émotion. Les paramètres fondent comme les montres molles bavant des moustaches d’Avida-Dollar. La mer passe les impuretés humaines par les fanons de la baleine que Jonas guide sur la voie transcendantale. Aucune autre forme éculée n’est à garde, seule celle d’une création sans copié-collé est à retenir. Nous perpétuerons nôtre flamme !

Niala-Loisobleu – 14 Octobre 2014

photographies-surrealiste-oleg-oprisco15