Que de Toi le Matin s’avance


Que de Toi le Matin s’avance

Entre braise et fumée reste l’ocre clair de la pierre à feu

mon vélo ne s’est jamais senti de changer de braquet

plutôt que de tomber

j’ai monté à pieds le long du minéral couloir de sève

et du murmure lointain de ta gorge

me suis réhydraté à ta langue

Le barrage qu’un cas tort avait tenté dans les méandres

n’avait pu résister au fil de nôtre amour

L’écluse qui a son chemin de peupliers

a d’abord su qu’il fallait apprendre à nager au canal

avant de construire les premières marches des échelles à poissons

contre toute logique les petits rhésus essaiment les images de communion perdues d’avance

priez pour rien

fête pour tous

Aujourd’hui je n’ai rien fait.

Mais beaucoup de choses se sont faites en moi.

Des oiseaux qui n’existent pas

ont trouvé leur nid.

Des ombres qui peut-être existent

ont rencontré leur corps.

Des paroles qui existent

ont recouvré leur silence.

Ne rien faire

sauve parfois l’équilibre du monde,

en obtenant que quelque chose aussi

pèse sur le plateau vide de la balance.

Roberto Juarroz

Au matin d’un rêve poursuivi

la corde à linge n’a pas pris la robe blanche au collet

elle flotte bien au devant de l’haveneau qui ratisse la première vague

le plancton de service les deux bras tendus à Jonas

ne baleine pas la poitrine de l’air libre

laissant chaque pli de l’accordéon danser au bout de chaque téton durci

L’enfant-Lumière de la hune de son grand arbre sent venir l’amour

sans livre de bord

sans notice de montage

hors d’emploi du temps

en toute absence de tant de cuisson

Sa force vient du vide

mémoire du silence

où les marteaux forgent la roue primordiale du Centre du Cercle

Aujourd’hui je n’ai rien fait

mais tu m’es apparue de tant de bras noués

qu’à mes racines des bourgeons sont sortis

Niala-Loisobleu – 26 Août 2016

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Lettre d’Albert Camus à René Char: « On parle de la douleur de vivre. Mais ce n’est pas vrai, c’est la douleur de ne pas vivre qu’il faut dire »


Lettre d’Albert Camus à René Char: « On parle de la douleur de vivre. Mais ce n’est pas vrai, c’est la douleur de ne pas vivre qu’il faut dire »

Tout ce qui reste des nuits de douleurs s’évapore en ce nouveau matin, où ton écriture d’hier n’annonce que lendemains. Je jette dans la corbeille le linge sale et l’abandonne à la lessive d’un recentrage. Trop de doutes inopportuns en se glissant perfidement dans nôtre clarté, ont profité des faiblesses d’un quotidien pervers. La bonté avance trop souvent l’étalon au sinistre couteau d’Achille.
Nôtre histoire tient toute sa gloire dans l’anormalité qui la distingue. Elle ne peut passer outre la souffrance du fait m’aime qu’elle est Amour.
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Albert Camus, restera comme une figure singulière dans la culture et l’histoire : immense écrivain, penseur à la fois engagé et en rupture avec son époque et, fait rare, homme d’exception, à la hauteur d’une oeuvre lumineuse et nécessaire. Son chemin aura croisé l’aventure d’un autre homme d’exception, René Char, poète sibyllin et résistant. Après la publication de L’homme révolté, attaqué de toutes parts, c’est dans cette amitié que Camus se réfugie, comme en témoigne cette lettre magnifique.

Paris 26 octobre 1951

Mon cher René,

Je suppose que vous avez maintenant reçu L’Homme révolté. La sortie en a été un peu retardée par des embarras d’imprimerie. Naturellement, je réserve pour votre retour un autre exemplaire, qui sera le bon. Bien avant que le livre soit sorti, les pages sur Lautréamont, parues dans les Cahiers du Sud, ont suscité une réaction particulièrement sotte et naïve, et qui se voulait méchante de Breton. Décidément, il n’en finira jamais avec le collège. J’ai répondu, sur un autre ton, et seulement parce que les affirmations gratuites de Breton risquaient de faire passer le livre pour ce qu’il n’était pas. Ceci pour vous tenir au courant de l’actualité bien parisienne, toujours aussi frivole et lassante, comme vous le voyez.

Je le ressens de plus en plus, malheureusement. D’avoir expulsé ce livre m’a laissé tout vide, et dans un curieux état de dépression « aérienne ». Et puis une certaine solitude… Mais ce n’est pas à vous que je peux apprendre cela. J’ai beaucoup pensé à notre dernière conversation, à vous, à mon désir de vous aider. Mais il y a en vous de quoi soulever le monde. Simplement, vous recherchez, nous recherchons le point d’appui. Vous savez du moins que vous n’êtes pas seul dans cette recherche. Ce que vous savez peut-être mal c’est à quel point vous êtes un besoin pour ceux qui vous aiment et, qui sans vous, ne vaudraient plus grand chose. Je parle d’abord pour moi qui ne me suis jamais résigné à voir la vie perdre de son sens, et de son sang. A vrai dire, c’est le seul visage que j’aie jamais connu à la souffrance. On parle de la douleur de vivre. Mais ce n’est pas vrai, c’est la douleur de ne pas vivre qu’il faut dire. Et comment vivre dans ce monde d’ombres ? Sans vous, sans deux ou trois êtres que je respecte et chéris, une épaisseur manquerait définitivement aux choses. Peut-être ne vous ai-je pas assez dit cela, mais ce n’est pas au moment où je vous sens un peu désemparé que je veux manquer à vous le dire. Il y a si peu d’occasions d’amitié vraie aujourd’hui que les hommes en sont devenus trop pudiques, parfois. Et puis chacun estime l’autre plus fort qu’il n’est, notre force est ailleurs, dans la fidélité. C’est dire qu’elle est aussi dans nos amis et qu’elle nous manque en partie s’ils viennent à nous manquer. C’est pourquoi aussi, mon cher René, vous ne devez pas douter de vous, ni de votre œuvre incomparable : ce serait douter de nous aussi et de tout ce qui nous élève. Cette lutte qui n’en finit plus, cet équilibre harassant (et à quel point j’en sens parfois l’épuisement !) nous unissent, quelques-uns, aujourd’hui. La pire chose après tout serait de mourir seul, et plein de mépris. Et tout ce que vous êtes, ou faites, se trouve au-delà du mépris.

Revenez bien vite, en tous cas. Je vous envie l’automne de Lagnes, et la Sorgue, et la terre des Atrides. L’hiver est déjà là et le ciel de Paris a déjà sa gueule de cancer. Faites provisions de soleil et partagez avec nous.

Très affectueusement à vous

A.C.

Amitiés aux Mathieu, aux Roux, à tous.

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Tant de bateaux  déraillent des gares pour se lancer à l’escalade de montagnes en papier, qu’ils se fourvoient et les fans de croisière prennent un Annibal domestique en croyant se distraire à l’ennui de vivre. L’abandon prend racine au bout de la laisse du tout tout devenu inutile.Sur son perchoir Machiavel enclenche sa boîte à musique en déposant une mouche sur la joue du laid. Le sourire d’Aurore, la petite fille de l’ascenseur, est imprimé dans ma pensée. Sa main qui me fait signe dans le couloir de l’amor, perce le tympan de cette église d’illuminés qui voudrait boucher la lumière en abandonnant ses seringues dans les escaliers. Sa mère dépérit derrière son masque de bienséance jésuite. J’ai failli ne pas me relever des détresses lancées par la voie des sirènes. Ton désarroi réel a su me montrer la réalité de ta force. Je ne m’excuserais pas d’avoir douté. Je ne veux pas entrer au confessionnal qui encense la lâcheté en la prolongeant par l’absoute.

Nous souffrirons jusqu’au bout la grandeur de Nôtre Amour puisque nous tenons à le VIVRE sans lui ôter l’épreuve au bénéfice du plaisir. N’oublies jamais que je tiendrai le voeu que j’ai fait de t’engrosser de l’enfance qu’on t’a avortée

Niala-Loisobleu – 25 Août 2016

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Simplement


Simplement

Ce vent au regard direct quand il me colle ne serait-ce que l’idée de tes cheveux aux rubans de ta canne, tu nous déroules la route par les chemin de garenne. Dire comme le fourbi des quartiers pourris où les pestilentielles remontées vaseuses du trafic dealent leur merde sont mises au rencart. Sans que toutefois on puisse s’en laver définitivement. Mais au moins s’en défaire le regard. Les escaliers de la Butte se sont fait piquer le funiculaire . Quand on allait se laver au Bateau-Lavoir et que tu posais nue, je peignais des histoires blanchisseuses qui ignoraient le fric noir. Tes seins sur le Tertre ça m’inspirait autre chose qu’un amoncellement d’yeux bridés déboulant en autocars. Et j’te parle pas de la gare d’Orsay où au terme d’une chute en patins, j’ai vu le trésor que tu cachais dans ton absence de p’tite-culotte. Ben j’m’en suis jamais remis, j’en tremble en corps chaque fois que j’y retourne.  Depuis que nous avons laissé la ville aux provinciaux on s’est appris à devenir sauvages comme jamais. M’aime qu’en me taillant la fourche de tes jambes tu m’as appris à nous défendre au lance-pierre. On se met des collets, on pêche à la main et on chasse les promoteurs. Depuis, ce que tu sens je le garde aux ongles. C’est fauve comme un Matisse des épaules à l’aine. Rien à voir avec le sinistre outre-noir. C’st pas dur, mon Coeur, y te monte les étiages quatre à quatre quand tu passes en mode crue. J’aime. Tout est sec dans ce monde. La façon que les gens ont de plus te dire bon jour ça me révolte. Faites des voisins qui disent. Oh l’hypocrisie ! Je crois qu’ils vont démolir les statues de Jules Ferry. La rentrée c’est pour bientôt, sans qu’on ait corrigée l’ignorance du français. Pour y remédier , à bout de souffle de réformes, d’aucuns seraient partisans de le remplacer par l’arabe. Y a un voile sombre qui dégringole sur le pont. Je reste tel à t’aimer. Simplement.

Niala-Loisobleu – 24 Août 2016

 

 

C’est la nuit que la fraîcheur musicale se réveille dans la nature


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C’est la nuit que la fraîcheur musicale se réveille dans la nature

Avant de remonter dans une branche du sommeil, je décidais d’empreindre la garenne par le couloir des yeuses. Majestueusement dressée dans sa clarté, la voûte étoilée avait remontée l’intensité lumineuse de ces derniers jours d’Août. Les bougies du gâteau d’anniversaire  de mon petit copain Théo pensais-je avec un sourire heureux. Les questions que le monde m’emmerde à poser sont faites que pour fermer les yeux sur l’intérêt de ce qui montre tout dans un silence émouvant.

C’est la nuit que la fraîcheur musicale se réveille dans la nature.

Ce jour qui a commencé à s’endormir laisse un bonheur éveillé en moi. Il est de tant de bruits d’eau qu’il demeure bruissant avec les gris-verts-argentés d’oliviers aux troncs tordus par l’opiniâtreté qu’ils ont mis à surmonter la souffrance de vivre. Un combat où la paix ne sort pas vainqueur, juste une défaite pour des circonstances n’ayant que l’esprit de bloquer tout, pour rien.

Dans l’ascenseur nous montons une femme sans âge tenant une petite fille par la main. Je la reconnais, elle habite en-dessous, engoncée dans un col roulé qui l’empêche de franchir les montagnes de sa réserve. L’enfant ne cesse de lever ses grands yeux vers moi. « Tiens-toi tranquille Aurore, ne regarde pas ainsi le monsieur, c’est pas poli ». Elle est lumineuse, son beau visage me parle. Oui, c’est ça, de ce qu’on se dit plus que ses yeux me disent. L’ascenseur s’arrête à leur étage, elles descendent. Je dis « Bonsoir Madame ». Elle tire sa fille sans dire un mot. Avant que les portes se referment, je vois l’enfant dans le couloir me faire des grands signes avec la main. Ma gueule qu’est-ce qu’elle a ma gueule ? En entrant dans mon appartement, je pose les clefs et redescends à pied me coucher sur un ban.

Je n’ai voyagé qu’en humanité, tout collé contre toi mon Coeur.

Niala-Loisobleu – 24 Août 2016

 

Tu penses à quoi ?


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 Tu penses à quoi ?

Au bain show d’un jour

que tu veux autre

et qui ne serait pas las

où les heures sont sales d’attente

dis-moi

tu penses à quoi ?

A l’ô qui coule

à remplir le lave à beau

mon Amour !

Niala-Loisobleu – 23 Août 2016

Alors que nos bouches ne se sont pas décollées d’une lèvre!!!


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Alors que nos bouches ne se sont pas décollées d’une lèvre!!!

Alors que nos bouches ne se sont pas décollées d’une lèvre, je vais écrire QUE TU ME REPARLES, assise sur mon coeur, dans un jour lavé des heures, seule avec moi, tes mains en nous et rien d’autre, à part le sel de nos pores qui ignorent tout de l’évaporation de l’ô.

Tapnée en plongée constante c’est te téléphoner sans paliers. Imagines le mérou comme y danse que ses bulles, nous le savons, il est devenu impossible de les distinguer des nôtres vu qu’il n’y a pas un mail haut fessé entre nous.

Plongés dans cet autre monde nous devenons sourds aux maux qui fusent dans d’insupportables diarrhées verbales. A part nos craies qui dessinent des marelles pour garder le repère de la terre ei du ciel, l’algue à rade ne sert que pour nous faire des chatouilles au jeu de pistes. Ton coquillage à la nacre plus luisante au travers des siennes qu’un tondu qu’on ramasse dans les boutiques de souvenirs.

Il faut que je te dise que je ne rêve plus qu’en dehors des promesses de la surface. Ils ont mis tant de balises au chenal qu’il s’est laissé couler de tristesse pour rejoindre Ophélie dans un coin navigable de la mangrove. En passant sur le lieu où mon Capitaine repose, tu as vu comme il a mis ta robe blanche à la voile. J’en ai eu la larme avec Toi. Avant que cessent les enfants que nous sommes je te marierai. Voir tes cheveux fleurir de mon jardin, couronnera l’abstraction d’actes notariés . Liber-taire c’est crier le non-dit des bavads

Oui, tu es cela m’aime mon Coeur !

Niala-Loisobleu – 23 Août 2016

 

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La Boîte à l’Être 10


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La Boîte à l’Être 10

BON JOUR ALORS !

 

Des chemins d’eau sortent aussi bien des crues que des tarissements
le caillou ne trempe pas toujours au sel
et l’humide peut se cacher derrière la ligne de flottaison
non embusqué
juste le temps qu’il lui faut de sourdre à nouveau

A l’étiage mes pinceaux et moi
on a planté notre atelier-jardin
des iris au liseré du palier
quelques canards plus amoureux que jamais
et des ondes en ronds excentriques

(l’excentrique n’est ni un politique passé à l’extrême pas plus qu’un gardien de harem coupé de la bande)

Au vent
quand le temps est au souffle
la toile de lin bande des quatre coins
quelque nouvelle histoire d’amour
d’un jour de vie ajouté à la suite des autres

Ne sommes-nous pas la suite de nous ?

Bien sûr que si
et m’aime sans savoir écrire

Certains ont avec la craie leur langage
d’autres trouvent à tremper leurs mots aux éclairs des orages
plus enclins à faire tonner le ton
beaucoup se taisent à l’abri d’un pied de mur
monté en pierres de suspension

C’est ainsi qu’aux almanachs des sentiers on voit des oiseaux de toutes les couleurs
ils font le jour la semaine et les mois
chacun tout seul ou tous ensemble comme un kaléidoscope.
qui tourne en toupie
au son d’un orgue de barbarie pacifique
que des enfants percent pour y accrocher leurs rondes

Je suis enfant père
je suis le buisson la forêt et le désert
je suis la femme mère de mes landes et chemins douaniers
senteurs bruyères de mauves parfums où vient le sébum des racines
je suis rien qui sert je suis tout ce qui serre
Mes doigts braillent l’alphabet de ton émotionnel partage
lisant pore après pore le chemin de tes attentes
sans idées tordues
sans dessein indécent
que de la folie d’aimer
naïvement
infiniment
parce mon air à moi c’est de te respirer uniquement

Bon Jour alors !

Niala-Loisobleu
24 Octobre 2014

Hier en plein soleil d’une réunion de potes des deux sexes, pas plus intelligents que ce qu’il m’est convenu d’attendre d’un bipède qui se roule dans la vie comme une nature au transit normal, j’ai eu plusieurs apparitions. Bien qu’aucun excès d’eau plate ou gazeuse n’ait été fait, encore moins pris par des envolés de réfection du monde, la chaleur de l’amitié a une foi en corps fait effet.J’ai d’abord vu un rossignol me tourner autour des miettes. Il parait que j’ai quelques beaux restes. Bref mon fond fada n’a pas résisté, il s’est mis en érection.A plonger dans l’incommunicable sans boire la tasse. C’est pas une apparition divine qui m’a fait tirer des santés, non juste la vraie vierge que j’engrosse pour de vrai  et qu’au bout du conte accouche normal une peinture cosmique. Tableau ordinaire d’un Amour simple.qui y croira jusqu’au bout de tous les jours de merde.

Niala-Loisobleu – 22 Août 2016

 

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La Boîte à l’Être 9


 

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La Boîte à l’Être 9

HALEINE HALEINE

Gris vert le sable s’avale les galets
mi-ombre mi soleil
la gueule grande ouverte des moules à qui manque le couvercle baille à jamais.
Quelques coques enrouées ne chantent pas non plus le levé du jour. C’est pas un changement d’heure qui donnera de la voie à l’à venir
Les années à ronger la côte ont changées la place que les oyats tenaient à me piquer les pieds quand, dans ma nudité autorisée d’enfant, j’allais faire des châteaux sur la plage de St-Trojan. Sans qu’une arrière-pensée puisse mettre l’oeuvre en contestation, pas plus philosophique qu’architecturale.
Faut dire à la décharge des adultes qu’ils engendrent plus souvent pour donner la vie aux rêves qu’ils n’ont pu mettre à terme.

Parents alors ça devient le triste repentir d’un enfantement non demandé, du à des géniteurs non choisis qui a débouché sur l’absence d’une enfance heureuse.

Une peinture neuve glisse entre bois et écaille
des odeurs de peint frais remontent la carène
sur son ber la coque devance la marée
elle tressaille à l’idée de mouiller ailleurs
se laissant hâler aux oublis des raideurs d’un quotidien rouillé
Petit bateau deviendras-tu grand
personne ne devrait pouvoir lui interdire de se faire les plus beaux voyages
au plus près
ou
au plus lointain
C’est jamais la distance qui fait la découverte de soi
personne ne peut être plus près de son égo que soi
quelque soit l’endroit où on le pose
dans quelque décor
quelque musique
quelque pêche miraculeuse
quelque roi mage
quelque mais si
Je péniche
tu chalands
île hirondelle
nous bout de ficelle
vous accroche à la bataille
Elles déployées

Alors tu seras à m’aime de graver, tailler, façonner ta nourriture spirituelle
en coupant les barbes de mauvais poil
Que ferions-nous sans nos merdes
l’espoir ne servirait même pas à s’en torcher
Haleine haleine
toi la fille qui m’accompagne
t’es bonheur de te mettre en mon air d’accordéon au ton du jour bon
que rien des orages, malheurs des chemins défoncés, impasses, bifurcations, détournements, changements de cap, guerres d’influences, programmes menteurs, réformes à réformer, contes à rebours
ne pourraient m’interdire de faire denser
Je t’aime simplement pas compliquée, au contraire de ce qui m’a été proposé par d’autres…

Niala-Loisobleu
25 Octobre 2014

La fenêtre n’a pas rétrécie, demeurée grande ouverte sur le m’aime horizon, elle a tenue bon face à la tempête qui fut suivie d’un mortel silence. Le tant se montre  en brefs instants. Se pourrait-il que se soit moi qui mirage avoir vu la tête d’une nouvelle pousse porteuse du reverdissement du désert ?

Niala-Loisobleu – 21 Août 2016

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Je ne cesse de cracher sur les pendules pour garder les crans solaires hors d’ombres !


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Je ne cesse de cracher sur les pendules pour garder les crans solaires hors d’ombres !

Te souviens-tu des zoos où ils rêvaient de nous désauvager ?

Les barreaux dorés des cages du but étaient sans équivoques-toutes ces fausses fleurs tentaient de les grimper pour leur ôter le souffle-privés de rapports nul besoin de cette gymnastique pour nous faire connaître leur intention de nous posséder.

L’homme c’est à croire, ne sait pas faire simple, il faut toujours qu’il entortille.

Sans faux-cils, faux-ongles, faux-seins, sans maquillage t’as pas l’air, t’es nature sans rien qui manque.
Ma parole, t’es finie sans qu’il manque un seul jour.

Je te l’avais dit le premier jour combien la grâce d’un sein qui tombe est lourde de générosité, combien cela m’émouvait les yeux de les entendre quitter tes aisselles sans parachute, rien d’un saut à l’élastique qui se la joue amor, ce grand frisson qui ferait soi-disant dresser en chute libre, seulement voilà au moment de la secousse ça fait juste remonter à la case départ avec en plus le risque de les avoir toutes bleues et 3 semaines en arrêt de travail.

Ils se croient drôles, tiens viens que je te montre ce qu’entre deux herbes hautes je viens de découvrir.

Penches-toi
Regardes
oui là ce qui bouge et qui est incolore
mais qui sens la peau chaude
la racine du poil
l’entre
la vie quoi
sans fard
sans frelaté du frisson
ben mon Coeur
c’est Toi
simple fleur de bords de chemins
feuille des routes où le courant d’air pousse à voile ailleurs
toi
fraîche comme une source qui est restée dans la pierre de la fontaine
avec tes p’tits bruits genre non regazéifié
si naturelle
que j’te bois à travers sans besoin d’horoscoper
Tu filtres aux frisons
à travers ta fourrure A.O.C.
les microbes des mauvaises alènes qui redistribuent le territoire
qui entaille les arbres d’un signe désignant la prochaine décapitation
ils supportent plus la croûte que le sel met aux rouilles des chaluts
ce rugueux qui a de la main de l’artisan la transmission du savoir-faire
rien du tout de ce qui n’est que bruit
non juste le sifflement d’un atterrissage d’emplumé aux rides du marais
et là entre tes deux seins lourds
cette faille
par où je me faufile sans dé à coudre
pour t’entendre me murmurer
Ne bouge plus abonne-toi à mon coeur
il est alimenté par l’énergie de tes roses, jaunes pas ô rangé, carmin rouge-dextre, vert-tigo, viole acé, liane bleue de la grosse veine qui relève la tête, le noir étouffé par ta blancheur virginale en mouvement perpétuel et les ocres de tes grains de beauté, roux-sillons que ton genre sabré pour mon dérèglement mental a fait Femme.

Je ne cesse de cracher sur les pendules pour garder les crans solaires hors d’ombres !

Niala-Loisobleu – 20 Août 2016

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Redonnez-leur…


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Redonnez-leur…

Redonnez-leur ce qui n’est plus présent en eux,
Ils reverront le grain de la moisson s’enfermer dans l’épi et s’agiter sur l’herbe.
Apprenez-leur, de la chute à l’essor, les douze mois de leur visage,
Ils chériront le vide de leur cœur jusqu’au désir suivant ;
Car rien ne fait naufrage ou ne se plaît aux cendres ;
Et qui sait voir la terre aboutir à des fruits,
Point ne l’émeut l’échec quoiqu’il ait tout perdu.

René Char
(Fureur et mystère, Les loyaux adversaires, © La Pléiade, p.242)

La vie mise à l’affiche pour un simple spectacle s’étouffera d’elle-même dans un nombre réduit de représentations. Se laisser étonner par le marchand d’illusions du quartier, ça étourdit sans qu’on voit l’espace vide que ça brasse. Beau parleur, pas finaud finaud, mais vif comme une mouche à se poser sur le fromage qu’il sait vanter, il se pose comme s’il était opportun. Hélas ce n’est que l’artifice qui ne rend pas vraiment la langue moins pâteuse. Le remède est plus éphémère que l’avis.

Quand les murs vous rattrapent, la vérité fait sa bosse en disant « on te l’avaient bien dit que de sa bouche ne sortiraient que des maux.

Un jour que je serais grand, s’accroche alors dans la pensée comme un ex-voto.

Périr pour vivre, c’est naître rien.

Les champs cachent leurs éteules sous les tas de fumier qui précèdent l’épandage. Actuellement, je les vois s’étendre en allant et venant de la cabane à la ruche d’une couleur en gestation. Aux moissons succèdent  les labours pour les semailles du regain permanent. Avec cette différence que dans le geste semeur, la vie refuse de baisser la tête.

Je pense à Toi où que tu sois. Quelque forme que tu prennes. Et à voir l’infini que tu es, je m’émerveille de la fusion qui se marie dans nôtre creuset. Au matin le coq se prend le marteau du forgeron en tirant sur le soufflet de la forge de tout son éveil. La roue d’un Autre Jour emboîte ses rayons.

Niala-Loisobleu – 19/08/16

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