La vérité du drame est dans ce pur espace qui règne entre la stance heureuse et l'abîme qu'elle côtoie : cet inapaisement total, ou cette ambiguïté suprême. Saint-john Perse
La mort sur le seuil de l’amor entre sa fausse-clef dans la serrure.
« On a à peine vu clair que c’est déjà la fin. Batailler, s’imaginer qu’on va bouleverser le monde pour avoir torché quelques milliers de pages et raconté, et décanté sa petite tranche de vie en long et en large. La belle affaire ! Contente-toi de manger ta soupe en regardant les étoiles. Toujours semblables à elles-mêmes dans le soir azuré. Depuis le vieil Adam. Et avant le vieil Adam. Et avant ce qui était avant qu’il n’y eût rien. Splendides et immuables, nos petites frangines les étoiles. Ont présidé ta naissance. Présideront à ta mort. T’ont vu vagissant dans les langes, laid comme un ouistiti. Te verront chenu, planté sur deux cannes, cadavérique, figé, couleur de suif, empaqueté dans ta caisse, aspergé d’eau bénite. »
Louis Calaferte (Septentrion)
A peine je croyais être au contraire de sécher au chevalet, que dans un coin de mon dos, tapie dans sa sournoiserie la torture m’attendait en se foutant méchamment de ma gueule. On peut voir ce à quoi on tient le plus avec la bonté aveugle. Bang ça t’explose. Et de rire, l’instrument dont tu n’as été que l’objet te joue l’intégrale de sa férocité dans le mensonge. A mon corps défendant, j’ai allumé le sinistre feu du naufrageur dirigeant droit sur les récifs.
Dans la déchirure, le tableau laisse ses entrailles sortir aux quatre vents. Sous le regard plombé des pinceaux, l’encre des tubes coule en sanglots. La mort sur le seuil de l’amor entre sa fausse-clef dans la serrure.
Vous voyez cette plume ?
Eh bien, c’est une plume…d’ange.
Mais rassurez vous, je ne vous demande pas de me croire, je ne vous le demande plus.
Pourtant, écoutez encore une fois, une dernière fois, mon histoire.
Une nuit, je faisais un rêve désopilant quand je fus réveillé par un frisson de l’air.
J’ouvre les yeux, que vois-je ?
Dans l’obscurité de la chambre, des myriades d’étincelles…Elles s’en allaient rejoindre, par tourbillonnements magnétiques, un point situé devant mon lit.
Rapidement, de l’accumulation de ces flocons aimantés, phosphorescents, un corps se constituait.
Quand les derniers flocons eurent terminé leur course, un ange était là, devant moi, un ange réglementaire avec les grandes ailes de lait.
Comme une flèche d’un carquois, de son épaule il tire une plume, il me la tend et il me dit :
» C’est une plume d’ange. Je te la donne. Montre-la autour de toi.
Qu’un seul humain te croie et ce monde malheureux s’ouvrira au monde de la joie.
Qu’un seul humain te croie avec ta plume d’ange.
Adieu et souviens toi : la foi est plus belle que Dieu. »
Et l’ange disparut laissant la plume entre mes doigts.
Dans le noir, je restai longtemps, illuminé, grelottant d’extase, lissant la plume, la respirant. En ce temps là, je vivais pour les seins somptueux d’une passion néfaste. J’allume, je la réveille : » Mon amour, mon amour, regarde cette plume…C’est une plume d’ange! Oui ! Un ange était là… Il vient de me la donner…Oh ma chérie, tu me sais incapable de mensonge, de plaisanterie scabreuse… Mon amour, mon amour, il faut que tu me croies, et tu vas voir… le monde ! » La belle, le visage obscurci de cheveux, d’araignées de sommeil, me répondit: » Fous moi la paix… Je voudrais dormir…Et cesse de fumer ton satané Népal ! » Elle me tourne le dos et merde !
Au petit matin, parmi les nègres des poubelles et les premiers pigeons, je filai chez mon ami le plus sûr.
Je montrai ma plume à l’Afrique, aux poubelles, et bien sûr, aux pigeons qui me firent des roues, des roucoulements de considération admirative.
Je sonne.
Voici mon ami André.
Posément, avec précision, je vidai mon sac biblique, mon oreiller céleste :
» Tu m’entends bien, André, qu’on me prenne au sérieux et l’humanité tout entière s’arrache de son orbite de malédiction guerroyante et funeste. À dégager ! Finies la souffrance, la sottise. La joie, la lumière débarquent ! »
André se massait pensivement la tempe, il me fit un sourire ému, m’entraîna dans la cuisine et devant un café, m’expliqua que moi, sensible, moi, enclin au mysticisme sauvage, moi devais reconsidérer cette apparition.
Le repos… L’air de la campagne… Avec les oiseaux précisément, les vrais !
Je me retrouvai dans la rue grondante, tenaillant la plume dans ma poche.
Que dire ? Que faire ?
» Monsieur l’agent, regardez, c’est une plume d’ange. »
Il me croit !
Aussitôt les tonitruants troupeaux de bagnoles déjà hargneuses s’aplatissent. Des hommes radieux en sortent, auréolés de leurs volants et s’embrassent en sanglotant.
Soyons sérieux !
Je marchais, je marchais, dévorant les visages. Celui ci ? La petite dame ?
Et soudain l’idée m’envahit, évidente, éclatante… Abandonnons les hommes ! Adressons-nous aux enfants ! Eux seuls savent que la foi est plus belle que Dieu.
Les enfants…Oui, mais lequel ?
Je marchais toujours, je marchais encore. Je ne regardais plus la gueule des passants hagards, mais, en moi, des guirlandes de visages d’enfants, mes chéris, mes féeriques, mes crédules me souriaient.
Je marchais, je volais… Le vent de mes pas feuilletait Paris…Pages de pierres, de bitume, de pavés maintenant.
Ceux de la rue Saint-Vincent… Les escaliers de Montmartre. Je monte, je descends et me fige devant une école, rue du Mont-Cenis.
Quelques femmes attendaient la sortie des gosses. Faussement paternel, j’attends, moi aussi.
Les voilà.
Ils débouchent de la maternelle par fraîches bouffées, par bouillonnements bariolés. Mon regard papillonne de frimousses en minois, quêtant une révélation.
Sur le seuil de l’école, une petite fille s’est arrêtée. Dans la vive lumière d’avril, elle cligne ses petits yeux de jais, un peu bridés, un peu chinois et se les frotte vigoureusement.
Puis elle reprend son cartable orange, tout rebondi de mathématiques modernes.
Alors j’ai suivi la boule brune et bouclée de sa tête, gravissant derrière elle les escaliers de la Butte.
À quelque cent mètres elle pénétra dans un immeuble.
Longtemps, je suis resté là, me caressant les dents avec le bec de ma plume.
Le lendemain je revins à la sortie de l’école et le surlendemain et les jours qui suivirent.
Elle s’appelait Fanny. Mais je ne me décidais pas à l’aborder. Et si je lui faisais peur avec ma bouche sèche, ma sueur sacrée, ma pâleur mortelle, vitale ?
Alors, qu’est-ce que je fais ? Je me tue ? Je l’avale, ma plume ? Je la plante dans le cul somptueux de ma passion néfaste ?
Et puis un jeudi, je me suis dit : je lui dis.
Les poumons du printemps exhalaient leur première haleine de peste paradisiaque.
J’ai précipité mon pas, j’ai tendu ma main vers la tête frisée… Au moment où j’allais l’atteindre, sur ma propre épaule, une pesante main s’est abattue.
Je me retourne, ils étaient deux, ils empestaient le barreau
» Suivez nous « .
Le commissariat.
Vous connaissez les commissariats ?
Les flics qui tapent le carton dans de la gauloise, du sandwich…
Une couche de tabac, une couche de passage à tabac.
Le commissaire était bon enfant, il ne roulait pas les mécaniques, il roulait les r :
» Asseyez vous. Il me semble déjà vous avoir vu quelque part, vous.
Alors comme ça, on suit les petites filles ?
Quitte à passer pour un détraqué, je vais vous expliquer, monsieur, la véritable raison qui m’a fait m’approcher de cette enfant.
Je sors ma plume et j’y vais de mon couplet nocturne et miraculeux.
– Fanny, j’en suis certain, m’aurait cru. Les assassins, les polices, notre séculaire tennis de coups durs, tout ça, c’était fini, envolé !
Voyons l’objet, me dit le commissaire.
D’entre mes doigts tremblants il saisit la plume sainte et la fait techniquement rouler devant un sourcil bonhomme.
– C’est de l’oie, ça… me dit il, je m’y connais, je suis du Périgord
Monsieur, ce n’est pas de l’oie, c’est de l’ange, vous dis je !
Calmez vous ! Calmez vous ! Mais vous avouerez tout de même qu’une telle affirmation exige d’être appuyée par un minimum d’enquête, à défaut de preuve.
Vous allez patienter un instant. On va s’occuper de vous. Gentiment, hein ? Gentiment. »
On s’est occupé de moi, gentiment.
Entre deux électrochocs, je me balade dans le parc de la clinique psychiatrique où l’on m’héberge depuis un mois.
Parmi les divers siphonnés qui s’ébattent ou s’abattent sur les aimables gazons, il est un être qui me fascine. C’est un vieil homme, très beau, il se tient toujours immobile dans une allée du parc devant un cèdre du Liban. Parfois, il étend lentement les bras et semble psalmodier un texte secret, sacré.
J’ai fini par m’approcher de lui, par lui adresser la parole.
Aujourd’hui, nous sommes amis. C’est un type surprenant, un savant, un poète.
Vous dire qu’il sait tout, a tout appris, senti, perçu, percé, c’est peu dire.
De sa barbe massive, un peu verte, aux poils épais et tordus, le verbe sort, calme et fruité, abreuvant un récit où toutes les mystiques, les métaphysiques, les philosophies s’unissent, se rassemblent pour se ressembler dans le puits étoilé de sa mémoire.
Dans ce puits de jouvence intellectuelle, sot, je descends, seau débordant de l’eau fraîche et limpide de l’intelligence alliée à l’amour, je remonte.
Parfois il me contemple en souriant. Des plis de sa robe de bure, il sort des noix, de grosses noix qu’il brise d’un seul coup dans sa paume, crac ! pour me les offrir.
Un jour où il me parle d’ornithologie comparée entre Olivier Messiaen et Charlie Parker, je ne l’écoute plus.
Un grand silence se fait en moi.
Mais cet homme dont l’ange t’a parlé, cet homme introuvable qui peut croire à ta plume, eh bien, oui, c’est lui, il est là, devant toi !
Sans hésiter, je sors la plume.
Les yeux mordorés lancent une étincelle.
Il examine la plume avec une acuité qui me fait frémir de la tête aux pieds.
» Quel magnifique spécimen de plume d’ange vous avez là, mon ami.
Alors vous me croyez ? Vous le savez !
Bien sûr, je vous crois. Le tuyau légèrement cannelé, la nacrure des barbes, on ne peut s’y méprendre.
Je puis même ajouter qu’il s’agit d’une penne d’Angelus Maliciosus.
Mais alors ! Puisqu’il est dit qu’un homme me croyant, le monde est sauvé…
Je vous arrête, ami. Je ne suis pas un homme.
Vous n’êtes pas un homme ?
Nullement, je suis un noyer.
Vous vous êtes noyé ?
Non. Je suis un noyer. L’arbre. Je suis un arbre. «
Il y eut un frisson de l’air.
Se détachant de la cime du grand cèdre, un oiseau est venu se poser sur l’épaule du vieillard et je crus reconnaître, miniaturisé, l’ange malicieux qui m’avait visité.
Tous les trois, l’oiseau, le vieil homme et moi, nous avons ri, nous avons ri longtemps, longtemps…
Le fou rire, quoi !
Claude Nougaro
L’atelier vacillait sur ses jambes. Le tremblement soudain de la lumière arrivant du dehors semait des éclairages nouveaux. Ainsi c’est en perdant la vue que l’on se voit clair. Tel qu’on est pour tous les autres, pire qu’un con, un dangereux prophète. Semeur d’espoir grand disciple de l’illusion qu’une passion a contaminé.
Sur la toile blanche une plume vint se poser là où la signature se pose d’habitude et dans un dernier effort posa le maux fin.
Je rejoignis Claude, l’oiseau et la plume, le vieil homme que je suis ne voyant de l’ange qu’une illusion de plus, sans rire autrement que de l’imbécile que j’ai toujours été.
Avant de frissonner d’hiver,
des derniers rayons d’un été au soir des ânes,
la forêt sortit une essence d’arbres du placard
ne sachant parler que l’enfant
Bien avant
ils avaient commencé par connaître la peur au vagissement natal
mais à quoi cela importerait-il de savoir pourquoi certains s’en souviennent
et pourquoi d’autres grandiront tout à côté de cette empreinte ?
Les arbres qui font des parcours de conversations en ne parlant que l’enfant
s’en sont lavés le premier jardin pour s’éviter de devoir culpabiliser jusqu’au delà de la vie
Toutes les feuilles n’étant pas tombées
il était possible de noter au passage certaines fantaisies sans que l’incongru ne s’interpose
comme dans chaque prise de parole des grands
A la souplesse des branches on en voyait immédiatement la différence
pas de bois raide aux fruits moralisateurs
mais des oiseaux pleins de soleils de toutes les couleurs
aux mouvements d’Elle
et cerise sur le gâteau
le chevalier sur son cheval
allant d’un repas de l’ogre à la chambre de la mariée
sans que le serpent rendit toute digestion impossible
Line
sortie d’un autre monde
comme un de mes dessins qui griffonne avant d’attendre la question
et colorie pour éviter les fausses réponses,
en se tenant du fruit naturel
ces églantines que l’horticulteur n’a pas trafiqué en rose trompeur
allait bien à ma main
toute belette
et porteuse d’une assurance que le mystère poursuivait son existence
Aujourd’hui
Line
elle a 9 ans
j’ai rien à lui offrir d’autre qu’une humide trainée de joues
qui lui rappellera peut-être qu’au bois nous avons marché
en ne regardant que les glands dont le ventre se perforait d’une pousse
comme pour ne retenir que ce qui n’était qu’amour.
S’il pleut dans ma mémoire c’est pour être au plus pré de toi ma folle herbe, comme en tendant les lèvres pour prendre ton pouls aux veines du plein champ.
Pourtant t’as pas la veine apparente, tu s’rais plutôt genre gros lot qui ne gagne qu’au jeu de cons. A désintéresser le voisinage, du plus intime au plus aveugle qui ne t’aura jamais découvert de l’intérieur.
C’est pas faute d’avoir du chien, c’est faute de trop l’sentir qui les éloigne les pratiquants du formatage personnel.
Mais c’est qui que ça repousse ?
Hein dis-moi, c’est qui en dehors du banal monté sur jambes ?
C’est vrai au sens du canon grec tu navarone pas pin-up, t’es pas sexy sexy, rien dans la ficelle-string ne t’y attache, tu n’as pas besoin d’bretelles pour empêcher ta poitrine de courir dans tous les sens, laissant à découvert toute l’artillerie en solo de batterie faire son boeuf avec les trompettes de l’amor.
Faut une âme d’artiste dérangé pour te dessiner sur le motif, nature authentique, plus qu’à poil, nue de vérité, sans rimmel et pâte à remodeler, sans prothèse à resserrer le sourire en tirant depuis le point d’assise, zygomatiques rivetées.
Ton tant c’est le contraire de la météo du pouvoir d’achat que tout candidat annonce, quelque qu’il soit, il te fout let au premier service, les primes de loyaux rendements c’est pas pour te refaire la garde-robe, t’as pas l’profil à t’balader en vous le valez bien
Et alors…
Tes cheveux d’herbe ma poitrine n’en tond rien,
avec chaque brin
elle gramine d’autres espaces défaits de clôtures.
Hors de ce monde on steppe
Tout gonflé de joues, le ciel sourit, visages en mouvement
sur lequel s’aère aux nefs les voies, je plane.
Innocent comme une fontaine qui pleurniche pas de son sort sur la table de l’écarté au ch’min d’faire casino
au milieu d’un lit de sentiments humains totalement à sec.
Des tâches de couleurs que tu m’envoies, j’expose aux cimaises de l’orée,
les images d’un tableau hors mesures qui ne peut se poser que chez nous.
A cause d’un format que les plafonds des constructions ordinaires des petits nains
ne peuvent accueillir, faute de hauteur au-dessus des plaintes.
Accrochée aux branches des toits, ta robe blanche fleurit le patio intérieur de ta p’tite-culottte d’une musique géranium, feu de tomettes aux tiges des belvédères
Quand tes cuisses guitares ouvrent les portes des chemins berbères
la grange au sel tend les bras pour que le delta compose son plan d’ô.
Mes doigts polissent les pierres pour te donner la douceur des paumes aux seins,
cette grâce qui coule de tes aisselles à faire sourdre la source bleue
l’oued qui va s’greffer aux chenaux du marais des salines
soulevant d’un horizon bouché un envol d’oiseaux aux couleurs d’un état long sublimant l’abolition du système maître trique
frissons du vent au mépris du quotidien.
Ne dis rien, je te respire au point d’épeler chacune des nages de ta langue,
au grand bain de ta baie où j’ai jeté l’encre de mes mots bleus.
Fidèle au vrai visage blotti au creux de ta boîte à peint
Ce matin dans un grand saut, je me sens que guitare et flammes and co
Le couvercle de mes crayons
envolé en couleurs
les maisons se sont embrassées bouche à bouche
entre les dents des horizons suspendus
des figues pleins les doigts
Un aloès en bât d’un âne
montait fort le violet des chardons
Câlin m’aille art
La musique s’est libérée des cordes
au frappé des mains de tous les coups de reins
la terre restituait les morts à la vie
ses dents jaunes porteuses d’e.mails
Sa nuit l’avait retournée dans sa maison d’enfance
fendillée de tant de cloisons-membranes
que par surdité elle entendait des images aux bruits grinçants tourner les serrures
qu’elle finit par se demander
assise sur son lit
si elle rêvait
ou si
c’était l’araignée du plafond
qui ouvrait les armoires à cauchemarder debout
– Ecarte tes pattes de moi, je ne veux plus que tu me touches !!!
On croirait des tôles à fer l’orage
un vrai théâtre d’horreur
Ce bruit lancinant de la scie qui vous rabote l’échine
d’un bout à l’autre des étages
non qu’il se coupe
Imprimés d’une page à l’autre, robes, tee-shirt, vestes, jupes, sweats couraient à travers la forêt
tournant les vilaines pages
en enfilant entre les bretelles et les dentelles des transparences nouvelles
des jours avenir
Ô ma couleur revient me pourprer les joues
me transpercer le ventre
d’un regain d’amour
Les magasins d’épouvantes ont la devanture qui n’est plus à l’étalage
je le vois qui nage à moi…
Je n’ai pas eu à mettre l’air en flacon pour garder le sel
la chanson de marin qui cherche son pore va au gant pas dans ma main
le grand A amarré à l’embarcadère du Sacré ne s’est point tassé.
A l’encre se tend l’orin
les haubans cliquètent
en suivant des yeux
le tourbillon des mouettes
Je manège à rab andalou hors du cadre noir. La mantille par laquelle tu me fais voir le poids de tes seins brise la ségrégation du moucharabieh. Ton corps me parle de toute son en vie que le tant garde hors du temps. Sur les pointes de tes saltos l’arabesque musique monte et descend au rythme du roulis de tes hanches.
.
Sur les pavés que la pluie fait briller
des sépias sont restés sous les casiers
qu’en sortira-t-il
un corps mort où le n°5 de channel ? Non l’iode qui nous émet
Voilà le coefficient qui monte
jours de grandes marées annoncés
les estrans remonteront ta jupe
jusqu’au haut des cuisses du rivage pour mettre la fente de l’estuaire en chenal J’entends déjà la cloche des balises
sortir l’enfoui en surface
la vraie couleur du fond exècre les formules chimiques
dans l’habillage des mots qui dissimulent l’origine pigmentaire.
Le silence jauge l’exacte profondeur de l’expression orale en n’ôtant rien de l’haleine du cri quand de l’Atlantide nue tu surgis. La plage peut alors étendre tout ton corps à la rencontre de l’horizon que nous n’avons pas remis en question.
Ils peuvent vouloir nous écraser
il est trop tard
l’amour nous est arrivé
quoi qu’ils fassent, disent, entreprennent
à leurs maux
nous nous boucherons les oreilles !!!
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