Je t’aime plus que tu ne le sauras jamais moi non plus…
Rien naît terne
hors ce que l’on peut perdre
en passant à côté…N-L 03/06/16
Il n’y a pas de poésie antécédente à l’acte du verbe poétique. Il n’y a pas de réalité antécédente à l’image littéraire. L’image littéraire ne vient pas habiller une image nue, ne vient pas donner la parole à une image muette. L’imagination, en nous, parle, nos rêves parlent, nos pensées parlent. Toute activité humaine désire parler. Quand cette parole prend conscience de soi, alors l’activité humaine désire écrire, c’est-à-dire agencer les rêves et les pensées. L’imagination s’enchante de l’image littéraire. La littérature n’est donc le succédané d’aucune autre activité. Elle achève un désir humain. Elle représente une émergence de l’imagination.
Gaston Bachelard

Le tant au poignet
frappe à la porte
c’est toi qui
je t’entends qui dis c’est moi
comme si ça pouvait être qui d’autre bordel ?
Dans la rue
la vie triée
cherche la pièce qui éclaire
à foutre dans le sombre puzzle
Y aura toujours un effroi dans le show
comme du chaud parce que t’es là
mon Moineau
Et que quitte à savoir qu’on mourira
on va d’abord vivre
cet amour si simple
qu’il fait pas de bruit
en passant d’une rive à l’autre
Niala-Loisobleu
3 Juin 2016

LA MEMOIRE DES MUSES 5
Dans toute cette blancheur bleutée, l’espace s’habite d’une absence nécessaire de mots d’explication. Etait-ce la fin de quelque chose ? Bien sûr que non, le tout début d’une longue haleine. Un cérémonial sans fumée racoleuses. Cet instant qui pose la petite mort à la bonne place.Si loin des bêtes à deux dos des zoos des maisons d’abattage. Epices surannées du triche au jeu des bordels de Marrakech sauce Bangkok.
EROS SUSPENDU
La nuit avait couvert la moitié de son parcours.
L’amas des cieux allait à cette seconde tenir en entier dans mon regard.
Je te vis, la première et la seule, divine femelle dans les sphères bouleversées.
Je déchirai ta robe d’infini, te ramenai nue sur mon sol.
L’humus mobile de la terre fut partout.
Nous volons, disent tes servantes, dans l’espace cruel, au chant de ma trompette rouge.
René Char
Au frisson du rideau de scène, il est loisible de voir que la peur a eu le courage de ne pas s’enfuir. Vivre sans elle ça n’est pas possible. Le reconnaître arme à la surmonter. A la vaincre en chevauchées. Les bonnes petites maisons blanches le savent mieux que personne, elles n’ont rien à cacher à l’homme en lui dévoilant l’Art de Construire dans l’usage de la Pierre et non dans l’asservissement de l’être humain. Il se trouve en elles le Mystère de la Grotte-Mère.
Muse mon Amour, mon Edifice tes hanches violes savent l’impact du raclement du cri animal que le vent a forgé au long d’une longue croisade à travers l’Univers. Au cours de laquelle les odeurs en s’accolant ont lentement fait apparaître la différente pulpe à chaque fruitier du verger. Femme-Fleur je ne te coupe jamais, le vase t’es préjudiciable, l’éclat incomparable que tu as en toi, sans la régénération sauvage ternit à en faner ce que tu possèdes au-dedans et non au-dehors.. Tes seins s’en sont fait le métronome.
Niala- Loisobleu – 2 Juin 2016

LA MEMOIRE DES MUSES 5
2016
NIALA
Acrylique s/toile 81×65
Adresse de mon site officiel: http://www.niala-galeries.com
2 Juin 2016

Peau à peau ne plus être qu’un seul palpitement. Au point de n’en plus sentir que la première vertèbre d’où partit l’onde pour n’en jamais perdre la mémoire. Le point d’attache cherche la formation aérienne à force de soubresauts.Le feu brase les souillures laissées après les assauts des angoisses de l’inconnu. La force du rapprochement éloigné dépasse les pseudos-qualités du collage permanent. Que de remèdes hallucinatoires sont mis en circulation sur les lieux où la panique a suivi les sinistres du naufrage en traversée.
En cette matière la Kabale tient boutique, proposant toujours l’Ange-Gardien ad hoc pour tirer de l’impasse.
Tu es debout, bouts de seins durs à mes tétins, démêlant les torsades pileuses de ma poitrine. Ton ventre frôle mon pubis de sa toison en mouvements qui vaporisent des besoins d’amour. Ton souffle s’est pendu à mon cou, pendant que montent à mes épaules des muscs évadés de ta vulve battante redevenue primitive. Nos cellules vont nous désincarcérer de nos emprisonnements volontaires. La mécanique de sauvegarde naturelle enclenche son prophylactique remède.
Tu n’es plus en appui sur tes pieds, mes mains empaumant tes fesses t’ont montées au-dessus du fossé de la détresse.Plus rien n’entrave l’avance, le chemin s’ouvre dans un mouvement de vague montante, mû par le levier de la lune nouvelle, te voici en ceinte de confiance en ta seule Lumière, capable de vaincre. Le sentiment qui laissait croire s’être éloigné, terni, déplacé, détendu , ramolli se dresse visible sur ses racines profondes, vigoureux tel qu’il n’avait cessé.
L’enfant d’un signe a retourné l’obscurité d’un vertical silence. Les mots pour dire la profondeur n’ont jamais été inventés. Ils se sentent sans nul artifice de bruit d’écriture
Niala-Loisobleu – 2 Juin 2016


Soleil, je t’adore comme les sauvages,
à plat ventre sur le rivage.
Soleil, tu vernis tes chromos,
tes paniers de fruits, tes animaux.
Fais-moi le corps tanné, salé ;
fais ma grande douleur s’en aller.
Le nègre, dont brillent les dents,
est noir dehors, rose dedans.
Moi je suis noir dedans et rose
dehors, fais la métamorphose.
Change-moi d’odeur, de couleur,
comme tu as changé Hyacinthe en fleur.
Fais braire la cigale en haut du pin,
fais-moi sentir le four à pain.
L’arbre à midi rempli de nuit
la répand le soir à côté de lui.
Fais-moi répandre mes mauvais rêves,
soleil, boa d’Adam et d’Eve.
Fais-moi un peu m’habituer,
à ce que mon pauvre ami Jean soit tué.
Loterie, étage tes lots
de vases, de boules, de couteaux.
Tu déballes ta pacotille
sur les fauves, sur les Antilles.
Chez nous, sors ce que tu as de mieux,
pour ne pas abîmer nos yeux.
Baraque de la Goulue, manège
en velours, en miroirs, en arpèges.
Arrache mon mal, tire fort,
charlatan au carrosse d’or.
Ce que j’ai chaud ! C’est qu’il est midi.
Je ne sais plus bien ce que je dis.
Je n’ai plus mon ombre autour de moi
soleil ! ménagerie des mois.
Soleil, Buffalo Bill, Barnum,
tu grises mieux que l’opium.
Tu es un clown, un toréador,
tu as des chaînes de montre en or.
Tu es un nègre bleu qui boxe
les équateurs, les équinoxes.
Soleil, je supporte tes coups ;
tes gros coups de poing sur mon cou.
C’est encore toi que je préfère,
soleil, délicieux enfer.
Jean Cocteau (1889-1963)
Poèmes (1920)
Je tends la main sans penser aumône et quête par l’épreuve initiatique du voyage. Assez de bleu au regard pour crever l’épais nuage qui se voudrait brouillard à tous égards.
Niala-Loisobleu – 1er Juin 2016
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