Le Trait te Ment


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Le Trait te Ment

Qu’est-ce que tu fais las

Sur sur ce vide

Je croyais remplir

Et tu te peignes les plis

Un trait te ment ?

Oui on peut dire ça

Quand un vaque sein ne tient pas promesse

Faut tirer un trait d’esprit

mon Petit.

Niala-Loisobleu – 19/05/16

 

LA MEMOIRE DES MUSES 2


LA MEMOIRE DES MUSES 2

Bordé de quat’saisons mon caniveau déverse ses denrées charnelles. L’amour c’est périssable quand c’est juste un arrangement avec la saison. Faut le nourrir, ne pas le laisser sans la becquée. Une chambre de bonne ça commence par devoir grimper cinq étages, faut des forces la vie quand elle commence on peut savoir quand c’est qu’elle finira.
J’ai des doigts de terre à planter. Une âme dans la vue pour l’organe de l’esprit. La couleur de mon coeur est Bleu-Vers-le-Bonheur. Des jambes de vieil enfant ne traçant qu’à la craie à marelles.
Muse est ma Femme. Un tableau où la mer lèche chaque fleur du lin qui la tend. Quelque écume sertie à l’anneau qui relit le ruban à la haute sphère qui l’élève. Je ne bois qu’à ses seins la métaphysique du prisme. L’instant qui fera de rien un tout pour jusqu’au bout. Sans le moindre trait de différence, l’amour ne peut qu’être l’égal partage de l’ensemble.
La peinture d’écrire se taille au couteau. A vif. Ecorchée. Pas de béatitude lénifiante. C’est la mienne celle de dire à mots-peints ce feu d’Elle qui brûle n moi . Je me fous de l’académie, de sa grammaire, de ses canons, de sa règle d’or. J’la peins comme j’lui fait l’amour, à poil, sans sortir couvert de tout un tas d’ustensiles de bonne conduite (hypocrite) de recettes de savoir-vivre (goujat) de minauderies de sacristain (sainte-nitouche) A la Botero, un vrai cul, deux gros nichons et un con bien poilu au bon endroit (pas dans le caractère) pour le silence des mots crus de notre humilité vraie.
Dur la peinture
rien de
Place du Tertre
ni
faire-valoir à touriste
un cri de chair
un hurlement de pleurs
pas un rôt de repu
Vie, vie, vie !
Aujourd’hui du bruit des orgues, la mer ex-voto affiche les noces. La Muse se marie. L’amour elle vient d’en franchir la porte, des fleurs sur la poitrine en promesse d’enfants.
Lui, à sa droite, s’est fondu en elle, invisible . Saura-t-il garder l’Autre ?
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LA MEMOIRE DES MUSES 2
2016
NIALA
Acrylique s/toile 73×60
 
Adresse de mon site officiel: http://www.niala-galeries.com
 
18 Mai 2016

Homme-Oiseau Mort Et Bison Mourant


Homme-Oiseau Mort Et Bison Mourant

 Long corps qui eut l’enthousiasme exigeant,

A présent perpendiculaire à la
Brute blessée.

O tué sans entrailles!

Tué par celle qui fut tout et, réconciliée, se meurt;
Lui, danseur d’abîme, esprit, toujours à naître,
Oiseau et fruit pervers des magies cruellement sauvé.

René Char

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PROXIMITE


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PROXIMITE

L’inclinaison de la tige ne renseigne pas sur la couleur de la feuille à venir

il reste entre l’attente et la longueur

l’assise du vide sur laquelle le pont s’appuie de toutes ses jambes

Le vent porte d’Est bien plus loin que le coin de la rue du couché

au moment où le feu passe du rouge à l’avance du vers la sortie de stationnement

les deux trottoirs de nos rues n’ont pas la même exposition;  ça offre à la chaussée le choix d’avancer au milieu

Au bord de la rivière tournent les moulins

celluloïd des grands pavois ou sureau de chants flûtiaux

quoi qu’il en soit

le nombre de tours n’influencera pas le fil de l’eau

Il y aura toujours un grain ente les pierres et les balises

comme de l’air sous le kiosque scaphandrier du grand bassin de la chanson des sources

pour maintenir haut l’aile de l’oiseau

Ne me demandez pas as-tu mal de l’attendre puisqu’elle est là, la présence c’est plus que la démonstration bonimenteuse à l’étal

Les basses-eaux laissent au bateau la vision libre du large au repos des vagues. Pendant que les bulles prouvent la présence effective des poumons du sable, la plage suce les ciels sans nuages, confiserie d’iode piquée sur un mât

Te savoir à mon souffle liée

me tient bien plus en l’haleine chaude

qui préserve mieux du froid de la séparation

que la chaleur artificielle d’une présence simulée

Ton âme en mon bois

ventricule la sève de mon arbre d’un pouls régulier

Les maisons blanches accrochées aux sierras de mes voyages se serrent  aux cordes des guitares en battements de pieds. La fraîcheur de ta fontaine pleure d’amour pour faufiler chaque tableau par les venelles de nos coups de chaleur.

L’expérience de la relativité remet à jour les paramètres de la proximité, cette odeur particulière que la terre chaude exhale après l’ondée solaire de l’encre humaine.

Seule l’enfance n’est pas à séparer de la traversée.

Niala-Loisobleu – 16/05/16

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Baiser d’un Dimanche


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Baiser d’un Dimanche

L’herbe dans son travail de fourmi en se roulant dans un soleil revenu, ne cesse de se dire des choses à voix haute. Des choses à toi de nous. C’est pas la chaleur, heureux qu’on soit là sinon ça craindrait. Temps genre vieux couple comme disent les vêtements ternes qui sortent que pour aller au boulot. Il y a la garenne et ses chênes-verts, parfois traversée par une poule faisane. Les traces de mon vélo ne s’effacent. Dans le lit des anciennes feuilles-mortes ton corps reste vivant. Mes yeux sont pareils. Dès que le buisson frissonne ils scrutent dedans pour chercher ce qui le gratte. Que de mots sont là dans le silence du chemin qui va de la cabane au tournant du premier moulin. Les intonations de ta voix en ce moment fleurissent. C’est rose-mauve chair et ça bouge comme du vert. La couleur ne stagne jamais. Elle tient ça de l’amour. Le vent a des envies. Il joue de tes cheveux à ta robe à trousse-poil. Si j’en arrive à ne plus voir ton nez en revanche j’ai une vue imprenable sur ta crique. D’ailleurs marchant dans le bord d’eau je chante sous ta pluie. La musique prend des pas de danse comme dans un film des années 50. Un truc en plumes qui déménage. J’aime tes fraises à m’en baver plein la goule. Tu pulpes le rôt marin comme je dis en te faisant remarquer que si j’avais gardé ma chemise elle serait dans un état pas à mettre. Le tablier du garçon-boucher au soir de la 36° heure. Non je ne m’arêterai pas le filet, n’aies pas peur, en brasse-moi toujours qu’on n’âge comme deux enfants qui sèment.

Niala-Loisobleu – 15/05/16

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CE MATIN BLEU


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CE MATIN BLEU

C’est un matin qui chante, fredonne en se brossant joyeusement les dedans.C’est bien moi, personne n’a pris ma place dans l’encadrement de ce nouveau jour. Mais, bien à leur place, les fonctions génèrent l’allure d’autres sensations. La vie s’est mise en priorité. Les petits agacements de mouche sont allés se chercher un autre fromage. Je vois propre.

Phénomène printanier propre au comportement de la nature. Les temps à rebours doivent s’être mouchés dans leurs doigts, l’odeur n’a pas du tout le reniflement morveux de ces moments où la savate  traîne au parquet. Absence de goût d’acre dans le talon.La radio tire un peu la tronche et alors l’avait qu’à chanter au lieu de, sous prétexte d’informer, balancer son désastre journalier.

Le m’aime trajet peut prendre plus longtemps selon l’entrain qui le déplace.

Il faut dire qu’il y a des périodes marchandises où les triages faire au vers stagnent. Les voies traversent un marais-cage qui enlise les aiguillages. L’attente Jeanne peut dessiner des moutons tant qu’elle veut, la voie est enrouée quelque part, on ne sait plus où prier.

Des  yeux restés à quai dans cette petite gare-maritime d’un été particulier la fumée a cessé de siffler trois fois. Les marées je me souviens, le vent je me rappelle, l’écume oh oui quelle fraîcheur d’embruns ! Pas un seul caillou a quitté sa place. Le gros arbre où j’appuyais mon vélo pour libérer mes mains aux boutons de ta robe, j’en ai..

C’est ça oui tout à coup, j’en ai les doigts qui tremblent !

Du sel qui revient à sa place la mer adoucit sa caresse. Les carreaux des paludiers ont de la couleur rouille de tomettes comme le feu sait mettre à la fleur de celle qui va à nouveau croissant. L’olivier prestidigitateur a changé le pigeon en colombe, du chapeau du terrier sortent les petits lapins.

Ce matin bleu…

Niaka-Loisobleu – 15/05/16

CE MATIN RENOUVELE


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CE MATIN RENOUVELE

Entre braise et fumée reste l’ocre clair de la pierre à feu

où mon vélo appuyé

ne se sent pas de changer de braquet

Pourquoi du minéral couloir de sève

prendrai-je un tissage de fibres synthétiques ?

La serinette de la coiffeuse ne démêle rien des musiques en boîte

tout comme la carotte du tabac n’indique pas le chemin du sana

Ne rien faire à l’encontre  de ce qui doit garder son naturel allant

L’écluse qui a son chemin de peupliers de chaque côté du canal

a commencé par lui apprendre à nager

avant de construire les premières marches des échelles à poissons

Contre toute logique

nôtre paire qui est aux cieux

divise les images de communion

A quoi bon prier pour faire qu’attendre

Aujourd’hui je n’ai rien fait.

Mais beaucoup de choses se sont faites en moi.

Des oiseaux qui n’existent pas

ont trouvé leur nid.

Des ombres qui peut-être existent

ont rencontré leur corps.

Des paroles qui existent

ont recouvré leur silence.

Ne rien faire

sauve parfois l’équilibre du monde,

en obtenant que quelque chose aussi

pèse sur le plateau vide de la balance.

Roberto Juarroz

Au matin d’un rêve poursuivi, la corde à linge n’a pas pris la robe blanche au collet.

Elle flotte bien devant l’haveneau qui ratisse la première vague. Le plancton de service, les deux bras tendus à Jonas, ne baleine pas la poitrine de l’air vide. L’erre de la musique dense chaque pli de l’accordéon et nourrit les doigts au bout de chaque téton durci.

L’enfant-Lumière au sommet de son grand arbre, sent venir l’amour sans longue vue, sans notice de montage, hors d’emploi du temps, en toute absence de tant de cuisson. Sa force vient du vide tiré de la mémoire du silence. Où les marteaux forgent le Centre du Cercle.

Aujourd’hui je ne ferai rien d’autre qu’arroser nos racines

Niala-Loisobleu – 14/05/16

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SANS OMBRE


 

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SANS OMBRE

 

Sans chercher la chaise où l’étagère où j’aurais pu laisser ma tête, pas besoin de rassembler les idées. La couleur de ma vraie nature ne se siffle pas pour revenir. Du chien j’ai l’aboi, la fidélité et l’ardeur sensuelle, mais que dalle du susucre. Surtout pas vouloir me caresser dans le sens du poil, je mords les flagorneurs.

D’île en île, je vais….St-John-Perse, hier mis en tête à mon convoi personnel de poètes-amis. C’est vrai que nous avons la géographie en partage, convaincu tout comme lui, que la poésie c’est avant tout dire l’individu, ce que l’on est, seul à deux toujours, au milieu des autres, non noyé, nageur libre dans son odyssée

L’horizon ne change que par la peinture fraîche qu’on y pose.

Les matins peuvent avoir la gueule des soirs. Au terme d’un jour où les devantures n’ont rien su proposer, que la boule terrestre est à plat. Les reliefs n’existent plus que dans le vide de leurs assiettes. Le néant est d’un poids terrifiant. Le vent lui retrousse et avive. Ne mets pas de culotte mon Amour que je sente au millimètre la beauté de l’estuaire à la gîte de ton erre.

 

Chanson

 Mon cheval arrêté sous l’arbre plein de tourterelles, je siffle un sifflement si pur, qu’il n’est promesses à leurs rives que tiennent tous ces fleuves.

Feuilles vivantes au matin sont à l’image de la gloire…

Et ce n’est point qu’un homme ne soit triste, mais se levant avant le jour et se tenant avec prudence dans le commerce d’un vieil arbre,

appuyé du menton à la dernière étoile,

il voit au fond du ciel de grandes choses pures qui tournent au plaisir.

Mon cheval arrêté sous l’arbre qui roucoule, je siffle un sifflement plus pur…

Et paix à ceux qui vont mourir, qui n’ont point vu ce jour.

Mais de mon frère le poète, on a eu des nouvelles. Il a écrit encore une chose très douce. Et quelques-uns en eurent connaissance.

 

Enfance, mon amour, j’ai bien aimé le soir aussi

c’est l’heure de sortir.

Nos bonnes sont entrées aux corolles des robes…

et collés aux persiennes, sous nos tresses glacées, nous

avons

vu comme lisses, comme nues, elles élèvent à bout de

bras l’anneau mou de la robe.

Nos mères vont descendre, parfumées avec l’herbe –

à-Madame-Lalie… Leurs cous sont beaux. Va devant et

annonce Ma mère et la plus belle ! – J’entends déjà

les toiles empesées

qui traînent par les chambres un doux bruit de tonnerre…

 

Et la Maison! la Maison ?.. on en sort !

Le vieillard même m’envierait une paire de crécelles

et de bruire par les mains comme une liane à pois, la

guilandine ou le mucune. Ceux qui sont vieux dans le pays tirent une chaise sur

la cour, boivent des punchs couleur de pus.

St-John-Perse

La pierre au pied de l’arbre qui parle, voici que viennent les parfums du frisson de ta chair. Il n’y a plus de tons rabattus, les pigments ont pris feu, faisant choir la monotonie de son piédestal. La cabane se donne aux marées, offrant son asile aux nageoires de tons maritimes. Le silence nous colle l’un dans l’autre au langage des fleurs.

Niala-Loisobleu – 13/05/16

 

Valeri tsenov - Nature dress