COMPLAINTE DU LEZARD AMOUREUX
N’égraine pas le tournesol,
Tes cyprès auraient de la peine,
Chardonneret, reprends ton vol
Et reviens à ton nid de laine.
Tu n’es pas un caillou du ciel
Pour que le vent te tienne quitte.
Oiseau rural ; l’arc-en-ciel
S’unifie dans la marguerite.
L’homme fusille, cache-toi;
Le tournesol est son complice.
Seules les herbes sont pour toi,
Les herbes des champs qui se plissent.
Le serpent ne te connaît pas.
Et la sauterelle est bougonne;
La taupe, elle, n’y voit pas;
Le papillon ne hait personne.
Il est midi, chardonneret.
Attarde-toi, va, sans danger :
L’homme est rentré dans sa famille!
L’écho de ce pays est sûr.
J’observe, je suis bon prophète;
Je vois tout de mon petit mur,
Même tituber la chouette.
Qui, mieux qu’un lézard amoureux,
Peut dire les secrets terrestres? Ô léger gentil roi des cieux.
Que n’as-tu ton nid dans ma pierre !
René Char
Poèmes d’amour

Il est des êtres qui parlent d’éternité, tenace, toujours vivant ce n’est pas du charre, c’est du René !
Merci Francis.
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Merveilleux Char, exemple pour moi de parole, d’honnêteté, de combattant qui se retrouvant toujours seul et berné par les lâches mais ne désarme en rien, sa foi bafouée toujours intacte….
Merci Sally.
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Char à ban d’honneur !
Merci Boris.
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