AQUA-TINTA


AQUA-TINTA

Dans l’enfilade des colonnes

le passage frissonne

d’une perspective

ouverte au coeur d’un amas d’écarts

Ôtez le sparadrap des taire

des arbres neufs de printemps au bord du mois

végètent

perdus entre deux parois d’une cheminée

Déchirant le fond sans teint  d’un horizon rayé

voici venir

des petites-mains d’enfants

saisir l’écope des nuits

pour coudre le soleil au donjon de leurs châteaux

Nous sommes étrangers au commerce du sentiment

Partir ?
Et non

Rester fidèle aux pensées visionnaires

sans autres cordes que celles des guitares

Gorge bleue

chuintant de nos salives rauques

que la tessiture amarrée au ponton libère crescendo

Amphore pleine

à venir des huiles essence ciel

que tu m’as mises à la voile

tout le temps que tes cils ont peint

au tempo de leurs aqua-tinta

dévoyant l’acide au bénéfice du miel…

Niala-Loisobleu

26 Février 2016

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Dédicace à Vénus


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Dédicace à Vénus

L’alphabet qui s’est arrêté devant la porte du riche sort
d’un trou de terre entre deux terres
du hoquet d’un trèfle boiteux
de la toux d’un cerfeuil grabataire
 
on lui a parlé de livres qui dorment debout comme les chevaux
de pages serties de pierreries comme ciel d’août
comme tiare de sultan aimé de son harem
 
les enluminures saignent lorsque la lampe par mégarde incendie
une luciole
des centaines d’ailes expriment rage et désapprobation
les hommes ne peuvent en dire autant

Vénus Khoury-Ghata

(Extrait de « Quelle est la nuit parmi les nuits », Ed. Mercure de France, 2004)

 

Si ce n’était la pluie battante que le vent pousse de tressauts la main aux fesses, on se croirait dans une histoire de label au bois-dormant. Carglass est bien le seul a jurer qu’abonné on gagne un pare-brise avec ses essuyeurs. C’est con, j’ose pas dire lamentable vu les paramètres du langage actuel, où les lambdas sont debout avant que le chanteur sans voix commence à me faire croire que 3 secondes de Louane font plus de rendement qu’une boîte de bleu en pilules. Je bande à part c’est pas nouveau.A propos de quoi merci, comment, oui tout va bien siou plaît.

Ma sexualité comme je la respire est conforme à son genre féminin, je la conjugue sans foutre la merde dans l’ordre des gamètes et sans confondre le présent du subjectif avec le passé isthme du réac. D’un côté il y a les modes de l’autre la nature. De tous les mécréants je pense être celui que je connais qui a le plus de foi.

« Le fauteuil des vénérabl’amants » pourrait être le sous-titre du « 7° Aux jardins de mon Amour ». je le dévoile d’encre ici avant de retourner dans l’atelier poser la peinture. Des mots-peints ne crissant pas sous le poids d’une plume d’A propos tendancieux ne voulant que vanter d’aboutir à l’exploit du mâle aimé. Mon concept de l’Art reste totalement lié au sacré dénudé de toute obédience dogmatique. La Femme en étant le premier symbole. Mes canons ne sont pas visibles de par son extérieur. La laideur se voyant au premier coup d’oeil, je laisse l’effet domino de la catastrophe au système que je désavoue.. La Beauté demeure ainsi dans toute son essence poétique. Uniquement installée dans l’âme. Je marche toujours enfant-mature-lucide.

Vénus lustre de cristal suspendu entre le bas et le haut, mouvement taillé de vibrations sonores que le souffle d’amour fait chanter en mille et un tressaillements de couleurs, ton pied à terre est un vol permanent de femme-oiseau qui s’est débarrassé dans la douleur de tous les archétypes qui font le bonheur des imposteurs.

 

Niala-Loisobleu

25 Février 2016

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Tudor ?


Tudor ?
Il n’y avait dans sa voie
que la soie de ses lèvres
Je les ai mises
en foulard à ma langue
et nous sommes partis
d’un pas sérieux
sans nous abstenir
jouer dans les chants
du rouge-gorge
Niala-Loisobleu
24 Février 2016

Mon parapluie, la grisaille et Toi mon Soleil


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Mon parapluie, la grisaille et Toi mon Soleil

Appuyé d’un coude
au bas de la porte
il garde le soleil
Alain t’es rieur

Mon parapluie
couché
en chien de fusil
prêt à tirer sur le gris

Sur la toile
les baleines
ont rejoint les jardins
de mon Amour !

Ce matin j’ai parlé de mon père à ‘vy. Une autre histoire d’eau, velin, 100% cellulose, pur extrait des sens exotiques de bois flotté. Tu vois mon Coeur que rien ne meurt qu’en plutôt, que vouloir faire d’ici un matin-truc n’ayant plus rien d’uni vers, on reste dans l’arbre en se foutant pas du l’hier qui nous a enfermés dedans. Des secousses pendulaires tagada tsoin tsoin c’est loin de Pi et de l’odyssée. Entends-tu le tigre ? Voici que la couleur doucement remonte à la nage des brumes que les marées se servent pour certains estrans. Je peins pas mon Coeur, je te cause mots d’amour en te mettant le prochain en chemin.

 

Niala-Loisobleu

24 Février 2016

 

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(En photo : Etudes en cours pour le 7° Aux Jardins de mon Amour)

La nature de l’amour


Toujours en quête de témoignages où l’écusson pas qu’en dessous du sein tout rond, je viens de vérifier au greffe. L’arbre y est toujours inscrit aux noms d’Aube et Pin’ et répertorié parmi les essences ciel.

Avatar de 'vyles oiseaux dans le bocal

Une légende 230216filarbrepf2raconte qu’un arbre et une femme se sont aimés d’amour fou. Chaque nuit la femme sortait de sa maison telle une somnambule quittant son tendre amour pour s’en aller retrouver son amant lignifié, un grand charme bien âgé néanmoins vigoureux. Un lierre ami et complice qui protégeait le vieil enraciné des froidures de l’hiver s’enroulait délicatement mais non moins fermement autour de l’ampleur charnelle de l’audacieuse femelle, lui élaguant le corps des tissus synthétiques et l’offrant ainsi desquamée à son ami le charme. Part à deux dans les yeux de la belle qui emplissait ses sens de leurs profonds soupirs. Mais bien vite le lierre pris du recul quand sentant entre l’arbre et la femme naitre une attirance fébrile. Chaque nuit elle dansait tant et tant pour son charme qu’au petit matin, on avait bien du mal à les dissocier. Le lierre débrouillait la chevelure de l’une et…

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BRAS TENDUS VERS LE HAUT


BRAS TENDUS VERS LE HAUT

C’est ainsi que tout arbre pousse. M’aime quand le vent d’un manque de souffle le plie

Croire que la tempête dresse

Doit juste servir à montrer la berne du faîte

La canopée n’a d’autre ton que le vers

Bras tendus vers le haut nous ramassions tous les rebuts du ciel
Nuages troués
Étoiles pétrifiées de la taille d’un caillou
Et parfois un ange élevé au grain que la mère plumait pour la fête

Les larmes de la mère n’étaient pas dues à la honte ni à la désapprobation des voisins
la mère pleurait le plein d’une bassine pour laver nos pieds prêts à s’échapper
nous étions plus grands que la maison
les cils des filles atteignaient la cime des arbres
les garçons partageaient la volubilité du lierre et sa capacité à enjamber la haie

Maudits les murs qui ne savent pas retenir les enfants…

 

Vénus Khoury-Ghata (Bras tendus vers le haut)

 

Lorsque la pierre roula au bas du levier, l’enfant à la blondeur bleue eut un long cri que la peinture repris en écho des branches aux voix mortes. On vit une éclipse se saisir du burin pour griffer la dalle.

-Tape au fond, tape au fond, dit-elle au maillet, de mes yeux sortira l’acide des grandes douleurs pour l’eau-forte

Gravés les dix doigts s’imprégnèrent dans la vibration de la roue. De la presse une litho mit un long baiser au parchemin.

De la paume de l’arbre on entendit monter le premier vagissement de la Vie

 

Niala-Loisobleu

23 Février 2016

gomarota ©EPolo2016

 

Mon Arbre de Vie


Mon Arbre de Vie

Alors

qu’au fond de sa terre

mon arbre  enfoui

son plus vif trésor

pour en garder sève

A deux pas du soleil

le jour fuit en plein désert

pour étouffer son cri…

Niala-Loisobleu

24 Février 2016

16 - 1

Aux jardins de Mon Amour 6 (La Jardinerie)


Aux jardins de Mon Amour 6 (La Jardinerie)

Comme mieux dans l’opposition du béni oui-oui, je ne m’accepte qu’au terme du carré, cette honnêteté du langage qui s’écrit juste. Sans circonflexe scion du genou, debout droit dans mes bottes.

Trop était à dire dans ce dernier tableau.

Chacun d’eux ont eu ce passage terminal, aujourd’hui tout corrobore autrement, à en approcher celui-ci par les moyens justifiés par la fin.

Test amant taire ?

Probablement, le rivage devient si flou…

Au moins aurai-je pu aller au bout de ce qu’il avait à dire ce petit dernier – ça ne servira à rien, le monde ne bougera pas les cons d’un premier poil, mais les miens si.

Souffle le vent !

 

VENT NOCTURNE

Sur la mer maritime se perdent les perdus
Les morts meurent en chassant
des chasseurs dansent en rond une ronde
Dieux divins! Hommes humains!
De mes doigts digitaux je déchire une cervelle
cérébrale.
Quelle angoissante angoisse!
Mais les maîtresses maîtrisées ont des cheveux chevelus
Cieux célestes
terre terrestre
Mais où est la terre céleste?

Robert Desnos

(Extrait de Corps et biens – 1930)

 

Au vent nocturne je te sens comme je n’avais pas su et ta voix toute tracée en faisant bruisser chaque  branche, chaque nervure, chaque parfum  m’a ramassée l’écume au creux des mains. A l’arraché du vouloir où s’est attelée l’échine des maisons adossées les unes aux autres. Témoignant ainsi du refus d’être complice d’une faiblesse de moi en refaisant ce, qu’à tort j’avais signé, par dérive en  ce jardin

Niala-Loisobleu
21 Février 2016

 

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« My Mother Had A Brother »


« My Mother Had A Brother »

Ma mère avait un frère

My mother had a brother
Ma mère avait un frère
They say that I was born on the day that he died
Ils disent que je suis né le jour de sa mort
Someone to cling to, she said
Quelqu’un pour s’accrocher, disait-elle
When all the noises and the shame came calling
Lorsque tous les bruits et la honte sont venus appeller

My mother had a brother
Ma mère avait un frère
I thought I knew them all, I thought I knew
Je pensais que je les connaissais tous, je pensais que je savais

But she lied
Mais elle a menti
I said, « Show me his face again, tell me again why he died »
J’ai dit: « Montre-moi son visage, dis-moi encore pourquoi il est mort »

She said he couldn’t wait for the things that I’ve seen
Elle a dit qu’il ne pouvait attendre pour les choses que j’avais vues
She said he wasn’t strong enough, he never dared to dream a life like mine
Elle a dit qu’il n’était pas assez fort, il n’a jamais osé rêver d’une vie comme la mienne

My mother had a brother
Ma mère avait un frère
Over-sensitive and kind
Trop sensible et gentil
Seems it all became too much for him..
Il semble que tout soit devenu de trop pour lui
It seems he took his own life
Il semble qu’il ait pris sa propre vie
Mum, I can’t imagine the joy and pain in equal measure
Man’, je ne peux pas imaginer la joie et la douleur dans une mesure équivalente
Tears in the dirt, and all over your newborn treasure
Les larmes dans la poussière, et par-dessus tout ton trésor nouveau-né

I guess he had to wait until my momma had me
Je suppose qu’il a dû attendre jusqu’à ce que ma maman m’ait
I guess he couldn’t wait another moment to be free
Je suppose qu’il ne pouvait pas attendre un autre moment pour être libre
In endless sky…..
Dans le ciel infini …..

But mama will you tell him from your boy
Mais maman lui parleras-tu de ton garçon
The times they changed
Les temps ont changé
I guess the world was getting warmer
Je pense que le monde était devenu plus chaud
And we got stronger
Et nous sommes plus forts
Mother will you tell him about my joy
Mère lui parleras-tu de ma joie
I live each day for him
Je vis chaque jour pour lui
The sun came out, yeah, and I’m just breathing it in
Le soleil est apparu, oui, et je l’inspire simplement

(breathing…)
(respiration…)

My mother had a brother
Ma mère avait un frère
Same desire, different time
Même désir, différent temps
Seems the empty spaces tortured him
Il semble que l’espace vide le torturait
Until he took his own life
Jusqu’à ce qu’il prenne sa propre vie

I don’t know why I waited so long for love
Je ne sais pas pourquoi j’ai attendu si longtemps pour l’amour
I just don’t know what I was thinking of..
Je ne sais simplement pas à quoi je pensais..
All that wasted time
Tout ce temps gaspillé

But mama will you tell him from your boy
Mais maman lui parleras-tu de ton garçon
The times they changed
Les temps ont changé
I guess the world was getting warmer
Je pense que le monde était devenu plus chaud
And we got stronger
Et nous sommes plus forts
Mother will you tell him about my joy
Mère lui parleras-tu de ma joie
I live each day for him
Je vis chaque jour pour lui
The sun came out, yeah, and I’m just breathing it in
Le soleil est apparu, oui, et je l’inspire simplement

And I swear now that freedom is here
Et je jure maintenant que la liberté est là
I’m gonna taste it all for you boy
Je vais la goûter toute entière pour toi garçon
I’m bad to the bone, I’m just a little torn
J’ai de mauvais os, je suis un peu tordu
I’m making so much love
Je fais tellement l’amour

So those of us who have nothing to fear
Ainsi, ceux d’entre nous qui n’ont rien à craindre
We’ve got to make damn sure that it was worth it
Nous devons être sacrément sûrs que ça valait la peine
I’m bad to the bone, I’m just a little stoned
J’ai de mauvais os, je suis juste un peu défoncé
I’m making so much love
Je fais tellement l’amour

I was a prisoner, but he saved me
J’étais prisonnier mais il m’a sauvé
Broke into my dreams and said, « Who cares? »
A fait irruption dans mes rêves et dit: « Qui s’en soucie? »
I was a prisoner, so disgrace me
J’étais un prisonnier, alors déshonneur sur moi
I’m glad to be home
Je suis heureux d’être à la maison
And I don’t believe they care.
Et je ne crois pas qu’ils s’en soucient

 

LES ARBRES BLEUS 1


LES ARBRES  BLEUS 1

Aux noirs de nuit de St-Rémy croassent les blés d’Auvers, le champ à rides est au front de la montagne. Sous le plomb, le crayon descend à la mine, étayant de son bois un couloir tracé au coeur de l’estompe. Des mûres roncent l’accès lointain, les pieds attachés aux pierres des puits. Posés aux rayons d’un ciel en étagère, des moutons comptent un à un le sommeil, dans un ballet de sorcières. D’où que tu ailles te sortent des pellicules aux cheveux repoussés d’hier.Muet, un instant se retient, immobile, hésitant au-dessus du vide. Les oliviers comme le soleil et la lune, ne se rencontrent pas avec les colombes. Ils ont à leurs troncs toute la tourmente des canons, circulant dans le rouge sang de leur sève. Tu cultives l’eau profonde de ton espoir dans le brasier du quotidien.
Surréalité qui, tout en refusant de tordre le cou au rêve, regarde le pendu qui se balance aux gargouilles de la Cour de Miracles, les doigts plongés dans la lèpre. Un enfant s’enfonce dans la boue humaine, un bâton de dynamite allumé aux chevilles, par l’obscure avidité de l’exploiteur. L’acide entre au point d’ars des petits chevaux.Requiem pour un verger.

UNE VOIX

Ecoute-moi revivre dans ces forêts
Sous les frondaisons de mémoire
Où je passe verte,
Sourire calciné d’anciennes plantes sur la terre,
Race charbonneuse du jour.

Ecoute-moi revivre, je te conduis
Au jardin de présence,
L’abandonné au soir et que les ombres couvrent,
L’habitable pour toi dans le nouvel amour.

Hier règnant désert, j’étais feuille sauvage
Et libre de mourir,
Mais le temps mûrissait, plainte noire des combes,
La blessure de l’eau , dans les pierres du jour.

Yves Bonnefoy

Aux friches hachurant les plaines, des restes indélébiles ont posé des dalles de pas, que les semelles du vent déplacent en tous points. Un pont-levis franchit la douve des ciels gris. Zébrant de ses couleurs courbes l’à-plat bitume d’un arc sept fois nuancé. Il sort du jour sous tous les passages. Un volet s’est hara-k’irisé d’un seul coup de lame lancé par la marée. L’ormeau noyé aux rivières se régénère aux rochers des océans, la coquille en évent, muscle palpitant au granit. Qu’avons-nous oublié de meurtrir, doigts gourds d’orgueilleuses premières en escalades répétées ? Les sabres de nos mécaniques décapitent l’émergence des sources, sans assouvir leur soif paranoïaque de conquête. L’électricité est en fonte de glaciers.
J’étais demain dans chacun de mes hiers, attendant la pousse du regain. Le soleil sans brûler la fraîcheur de l’ombre de mon arbre, n’a pas coupé ses feuilles. Elles se dressent en contrescarpe aux chemins qui grimpent avec les chèvres. Sous forme de maisons-nids.Leurs façades crevées d’autant d’yeux ouverts, que le bleu activé par l’arbre, a besoin d’écouter, sans épeler le prénom en attente.Un jardin d’amour aux fondations germe dans mon espoir.Pour être libre de mourir, la conscience en vie.

Niala-Loisobleu
17/02/16

 

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Les Arbres Bleus 1 – 2012 – Niala – Acrylique s/toile 65×54