ET ALORS ?


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ET ALORS ?

Epinglés aux fils téléphoniques

des derniers halos

encore agités de la pensée qui les guide

ses mains tiennent

becs et ongles au refus du gris, que bleu, que bleu, que bleu

Rengaine la serinette

on l’a connaît la faconde de la ballade dépendue

portée sur les épaules affaissées , bât tombé

Le tissu élimé efface les paroles

de la boutonnière

l’oeillet tombe

Et alors ?

Au départ

l’amour naît que de la confiance, l’écho ne fait pas de réponse sonore

Les pierres ne s’usent qu’à rien faire

frotte le burin à l’ardoise

une étincelle jaillira de l’ô forte

de l’acide les fumées montrent rien à cacher

J’étais de chair dans un espace désincarné

j’ai ouvert mon coeur

quand elle est venue sortir de sa cage

tenant dans son bec un hommage à l’espoir

tendu sur la corde à vie au long d’une chevelure blonde comme semaille levée….

Niala-Loisobleu

4 Mai 2015

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GAUGUIN (Lettre à Jacques BREL)


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GAUGUIN  (Lettre a Jacques Brel)

Il pleut sur l’île d’Hiva-Oa.
Le vent, sur les longs arbres verts
Jette des sables d’ocre mouillés.
Il pleut sur un ciel de corail
Comme une pluie venue du Nord
Qui délave les ocres rouges
Et les bleus-violets de Gauguin.
Il pleut.
Les Marquises sont devenues grises.
Le Zéphir est un vent du Nord,
Ce matin-là,
Sur l’île qui sommeille encore.

Il a dû s’étonner, Gauguin,
Quand ses femmes aux yeux de velours
Ont pleuré des larmes de pluie
Qui venaient de la mer du Nord.
Il a dû s’étonner, Gauguin,
Comme un grand danseur fatigué
Avec ton regard de l’enfance.

Bonjour monsieur Gauguin.
Faites-moi place.
Je suis un voyageur lointain.
J’arrive des brumes du Nord
Et je viens dormir au soleil.
Faites-moi place.

Tu sais,
Ce n’est pas que tu sois parti
Qui m’importe.
D’ailleurs, tu n’es jamais parti.
Ce n’est pas que tu ne chantes plus
Qui m’importe.
D’ailleurs, pour moi, tu chantes encore,
Mais penser qu’un jour,
Les vents que tu aimais
Te devenaient contraire,
Penser
Que plus jamais
Tu ne navigueras
Ni le ciel ni la mer,

Plus jamais, en avril,
Toucher le lilas blanc,
Plus jamais voir le ciel
Au-dessus du canal.
Mais qui peut dire?
Moi qui te connais bien,
Je suis sûre qu’aujourd’hui
Tu caresses les seins
Des femmes de Gauguin
Et qu’il peint Amsterdam.
Vous regardez ensemble
Se lever le soleil
Au-dessus des lagunes
Où galopent des chevaux blancs
Et ton rire me parvient,
En cascade, en torrent
Et traverse la mer
Et le ciel et les vents
Et ta voix chante encore.
Il a dû s’étonner, Gauguin,
Quand ses femmes aux yeux de velours
Ont pleuré des larmes de pluie
Qui venaient de la mer du Nord.
Il a dû s’étonner, Gauguin.

Souvent, je pense à toi
Qui a longé les dunes
Et traversé le Nord
Pour aller dormir au soleil,
Là-bas, sous un ciel de corail.
C’était ta volonté.
Sois bien.
Dors bien.
Souvent, je pense à toi.

Je signe Léonie.
Toi, tu sais qui je suis,
Dors bien

Barbara
Barbara
je t’égoutte
attentif
emperlé de ta voix
Il pleut
il pleut
du sel qui fait fondre le noir….
Niala-Loisobleu
3 Mai 2015
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LE VOYAGE D’AMOR


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LE VOYAGE D’AMOR

Toi qui aura été une complainte à faire du bien, mettant au monde de furieux p(tits-gars, putain de poètes, que le pavé a fait briller à mots d’encre de caniveau,.

Toi, te v’là en allée, au plus haut, et c’est si triste que la boîte à chaussures de mes souvenirs s’est  retournée.

Tous les oeils devant.

Quel morceau de ruban, si lourd de noms que tu vas retrouvé.

Compensation méritée.

Le jour en a pas pu s’faire l’habit du soleil, il pleut à battre les cernes.

Montmartre

en sera plus propre,

ta Place du Tertre,

nettoiera un peu ces merdes de touristes,

peut-être que les autocars auront la décence de faire une minute de silence.

T’as été ma suite vivante du Bateau-Lavoir et du Lapin-Agile, j’te dois d’avoir mis leur goût irremplaçable

au menu

de mes escapades au cours de toutes les écoles-buissonnières de mes humanités.

La vie avec ses horreurs de guerre tu vois, contrairement à ce qu’on avait cru a fait semblant d’avoir compris.

Elle nous a fait le coup du voyage de noces un peu trop souvent…

Si tu savais, mais tu le sais, je sais…

Là où tu chantes, j’veux que la paix t’écoute…

Niala-Loisobleu

1er Mai 2015

Catherine Alexandre (12)