CAILLOU DE MES SEMELLES


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CAILLOU DE MES SEMELLES

Le soleil rasait encore le dernier poil de lune

laissant d’argent

le Nil bleu

s’étirer avant de se faire obélisque dans le désert

Le silence mis dans les vapeurs froides

abandonnées du dernier plomb

confère l’ascèse qui fait vide

Les parasites s’éloignaient déjà

pris en charge par l’ouverture du mystère ambiant

Ici le sable est étranger aux jeux de plage

il porte trop d’écritures

faite de milliers de signes

Une autre dimension souveraine

et j’éprouve le besoin de m’y enfoncer jusqu’aux genoux

pour laisser mon coeur tremper

avant tout plongeon cérébral

A des centaines de mètres en diagonales

des souterrains

aux serrures de dalles à clef sablonneuse

gardent le secret

Je ne vivrai pas sans lui être tout acquis

de connivence

sans lien aucun avec ses  milliards de pattes montées courroies

de transmissions mécaniques

d’êtres désincarnés d’émotion

Impossible sans cette évidence qui terrasse la question

avant qu’elle ne naisse

Laisser place entière à la Beauté

la reconnaître comme seule directrice de conscience

commence et poursuit l’initiation

J’ai un petit caillou qui habite mes poches

il est à mes semelles

sur toutes mes trajectoires

Il est ton symbole mon Amour

c’est ma Lucille

mon parent de BB King

partout avec moi…

Niala-Loisobleu

18 Mai 2015

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EST-CE-TU AIR ?


Autoportrait d'un loup solitaire

EST-CE TU AIR ?

Instinctivement je cueille une mèche à ton front
curieusement elle fouille
remue
et retourne ma poitrine
pour trouver ce qui se cache sans motif apparent

dans l’emploi du tant d’une journée pastel

Cette clairière ferait tonsure dans le touffu ‘incompréhensible

C’est en plein large, pris dans l’étau de la mer et du ciel que ces suspensions  sont le plus perceptibles. On tient sa pensée avec la paume vide, on est debout sans plus sentir ses pieds, un oeil à côté de l’autre, bien en peine de réunir les deux bouts de l’horizon. Où est-on vraiment, si ce n’est dans la cuisine où tu prépares le repas de midi, dans la salle d’ô, repassant tes formes au miroir, derrière le rideau des arbres qui commencent le bois de pins, tirant à eux l’odeur de la première vague léchant la plage. Etre ensemble séparés c’est naviguer sur un bateau-fantôme dont  l’avant marche complètement derrière. Sous la poussée de deux vents contraires.
Où sont-elles restées les marques des courses animales
passées au travers des pierres
disséminant ici et là
faines et glands
Sans demande des lèvres
la nuance insère la teinte de la vibration
au blanc no man’s land
poussant la couleur intérieure a se prononcer
Le silence change de portée
nous amenons nos doigts au coeur de l’herbe a tresser des paniers
La gorge en feu le soleil irradie les vases de verts maraîchins
les lentilles gardent notre reflet au secret
le temps d’un nuage transbordeur
Aux frémissements désordonnés de tes seins
mes lèvres attrapent la cadence
je ratèle ton ventre de mes dents
pour retenir la senteur de ton creux
L’arbre surgit de temps de poussée
mirliton dépliant sa musique
aux extrémités de ses bras
tranquille
insignifiant
telle cette force qu’aucun pouvoir tramé ne saurait avoir
Un témoignage sans droit de gage

Niala-Loisobleu

17 Mai 2015

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ENTRE SORTIR ET RENTRER


Jordan Tiberio. Loose ends (Sister), July 2014 p7o1_1280

ENTRE SORTIR ET RENTRER

Avant qu’une nouvelle forme jaillisse des ténèbres
Passe une ombre diaphane poussant ses cristaux

le sel des yeux dans la sortie est opaque

au contraire de l’approche macro issue de toute naissance
Une toile est encore vierge
Au jardin retourné

L »émotion se limite à vibrer côté gangue
Perle une goutte de sang

La tête d’un fétu risque un oeil
Le buisson ardent allume les lumières du ciel
D’un bleu qui fracasse l’indécis par le milieu des flammes
D’un orange soleil de minuit
Sur le front suent les cris de la bataille
Qu’un clairon accompagne d’armistice
Les corps épuisés se laissent prendre par les lèvres de la paix
Le blanc de la colombe signe sur l’ocre des terres
Le début du tableau par la vie de l’oeuvre

Il y avait cette étendue entre nous,

les choses oomme les gens, les bêtes, les éléments,

De la mauvaise herbe  à l’aromatique, source les rus non commercialement nés,

en passant par l’encre des trousses où les craies faisaient la couleur des marelles,

pour que les plumes volent des crayons de joies enfantines, interdites de pelouses aux adultes immatures, faux parfums de trafiquants d »émigrants étiquetés « Bonheur » au bout de leur bateaux-épaves, marie-salopes du mauvais endroit sur le mauvais trottoir, sans oublier les indiens à grosses babines et corps-peints à qui on scie les arbres à médecine, dernière canopée des poumons planètaires.

Stop.

Trop serait à dire pour que je purge tout à la fois de mes colères devant pareilles insultes

à la plus élémentaire humanité

Ce ne sera jamais une raison

parce que l’homme préfère être gouverné par des escrocs

et croire en des dieux imaginaires

pour que je me couse la gueule et la brayette.

Non je me la couperai pas !

Le monde en finissant pas de taire la direction orientée au profit

ne peut m’égarer de mon libre-arbitre.

J’ai mal aux autres au quotidien

c’est la vérité nue de la présence de l’amour

Quand un de mes amis s’en va

l’envie de le suivre

me retient

pour finir le nouveau tableau qui n’est pas commencé

Le bleu ne sèche pas de l’intérieur, les nattes des semailles ne coulent pas au noir…

Niala-Loisobleu

16 Mai 2015

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CE SOIR J’HABITE LE GRAND DEUIL


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CE SOIR J’HABITE LE GRAND DEUIL

Je n’ai pas de mots journalistiques à dire

une immense peine

un pied d’envie de partir à mon tour

si c’était vrai que quelque part on retrouve ceux qu’on aime

ces amours bien trop grands pour vivre en ce monde

étriqué du coeur

Hein Lucille

si le vrai était là

ici c’est sûr que c’est pas le cas

Joue joue joue joue

bordel

joue joue …

http://www.sudouest.fr/2015/05/15/deces-de-b-b-king-les-images-de-ses-passages-a-cognac-blues-passions-1921795-4691.php

Niala-Loisobleu

15 Mai 2015

LES SURDITES D’ESCARPINS 1


wilde-600x410LES SURDITES D’ESCARPINS 1

Suivant les dalles du couloir de la circonstance-attitude

les talons d’escarpins

font des bruits de garotés

muselés comme il se doit

que je les crois plus réservés

qu’une paire de charentaise au pas étouffé

Un oeil voué au strabisme divergent

observe en catimini

(nuisette rose-ras-du-bonbon)

que pas un poil de trop passe sous l’apporte

Faut dire que chez ces gens-là

Monsieur

on se dévoile pas

on porte que des cas leçons longs

En dehors du curé

personne n’a jamais vu leur cul au naturel

Tant que j’y pense

faut que je rajoute des navets aux paumes de taire

pour donner du goût  à la soupe

La maîtresse de mon mari a mis dans son carnet de notes

« Doit faire ses preuves »

nos gosses sont plus en avance

question attouchements mineurs

grâce à leurs téléphones

ils ont les doigts téméraires

A leur âge quand je me mettais à genoux s’était pour prier

maintenant avec les horreurs qui mettent sur la cigarette

y commence à la pipe

Faut dire qu’au lieu d’aller à l’école s’ils faisaient les ponts républicains

à chaque fête religieuse

vu qu’on a des pratiques de plus en plus étendues

ils retrouveraient le morale saint sans la hic

Niala-Loisobleu

15 Mai 2015

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DEBUT DE DESCENTE D’ASCENSION


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DEBUT DE DESCENTE D’ASCENSION

Au moment de devoir commencer, il faut d’abord préparer de la place. Une seule solution : laisser en plan ce qui est en cours. Sinon on ne fait que continuer à ne rien pouvoir commencer de nouveau.
Un simple regard aux frontons des institutions montre combien peu d’enseignes disent : « c’est bien sûr, la voilà la solution » . A quelques exceptions près toutefois. Mais encore. L’école, fondation du tout ce qui commence, n’est-elle pas la pierre angulaire de l’imbroglio total.
D’un côté les enseignants, de l’autre les parents ne forment-ils pas la merveille du sur place j’avance à reculons sans que ça se voit grâce à la réforme permanente des réformes en cours de non application. Notons au passage que c’est le moyen politique le plus en cours, quelque soit la couleur qui prétend gouverner. Faire des lois faute de pouvoir en faire respecter une ça écarte du sens de l’acte. En mettant à l’abri d’une accusation d’inaptitude menée par des nettoyeurs de fumisterie.
Tiens, si je prends l’heure qu’il est et que je me pose la question de ce que je vais choisir pour occuper une Ascension, prise de décadence autant climatique que d’état de santé générale, je suis plus certain de me retrouver au regret d’avoir pas su quoi faire, que de sentir l’effet constructif d’avoir été heureux.
Je vais de ce pas tremper ma plume dans l’encre de ma cabane, accompagné d’une pensée de Nietzche ne passant pas par une église…

Niala-Loisobleu
15 Mai 2015

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L’ANCRE INDELEBILE


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L’ANCRE INDELEBILE

Combien, le côté coupant des cailloux de l’absence peut avoir de tranchant par rapport à la douce fidélité contenue dans le roc d’où ils proviennent.

J’ai si mal de ces heures où la mer se montre prête à vous engloutir, tout en vous portant, parce qu’il ne reste plus un seul côté où l’on se tourne qui ne vive de la présence effective de l’autre. Cet autre sans qui toute peinture est impossible. Faute de mots écrits dans la langue du baiser. Une vigueur où les yeux allant d’un point à l’autre de l’autre, ne voient que pore d’attache.

Marin de lune, je vais d’un carreau de salines au hublot de mes cabanes, dans l’esprit du veilleur de hune. Une main en visière sur le front, happant chaque voyelle liée aux consonnes du vent, quelque fantaisie dans l’accent correspondant au parallèle atteint. Longitude amoureuse l’attitude.

Tu n’es pas là du cri de tes membres qui m’abordent dans leurs prises pirates, que je me tiens au centre de tes odeurs fouaillées par la rage de t’atteindre. Je souque, je cargue, je godille, toute la voilure des hélices d’un aéronef à Ulysse.

Me voici.

Ton estuaire grand ouvert montrant les balises de ta poitrine sorties du gilet de sauvetage

La page n’a pas voulue tourner. Elle reste à écrire, des pas portés d’embruns, chargés de roseurs granitiques que la marée pose aux bleus des lignes….

Niala-Loisobleu

12 Mai 2015

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NOTES PERDUES


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NOTES PERDUES

Décousus d’un duo

à cordes cassées

sur l’attache d’un marigot

lâchant un gaz d’échappement

le twoo disparate

d’un pied de cul-de-jate

marche à côté des godasses

Tout sépare

de ce qui fait l’attache

qu’on en pêche

en partouze

des amours batards

et rondes libertines

Où est ce silence qui dit

dans ce bruit qui étouffe

Indifférence unisexe

qui congèle les fusions

pour se faire croire

habiter au soleil….

Niala-Loisobleu

8 Mai 2015

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TOC A TA


Christine Comyn - 31 -

TOC A TA

Devant derrière

le noeud de cette cravate

serre

Mais sert à quoi

quand mes doigts sont sortis de sous ta chemise

celle à fleurs

que tu lavais qu’à la rivière de notre lit

que voilà clos

huis, huis, huis

Je sais qu’aux debouts

tes bras ne sont pas froissés

Ils vont et viennent comme une valse

Chopin

tu te souviens

que de seoirs ses mains ont allumé

en transparences

nocturnes

comme ton amour cristal

qui est côtelé velours de ta peau pêche

pulpe

j’aime que tu

soie sauvage

abricot bleu notre transport en co mains…

Niala-Loisobleu

6 Mai 2015

Clement Lefèvre - Illustration

AVIS DE TEMPÊTE


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AVIS DE TEMPÊTE

A la corde lisse d’un vent démonté
J’avance en corps niche

Les violons sont sensibles
au métronome de tes talons aiguilles

Devant la maison

le vieux tilleul est dans tous ses états

Il ne peut plus contenir la bourrasque dans le sommeil

Du bateau on ne voit que l’écume du jour

Le parapluie ploie dans ses fanons

Jonas

est arc bouté en baleines

l’eau s’abat à grands sauts

le long de ses côtes

sans laisser un poil de sec

il secoue ses feuilles en diagonale

La chaume se rentre la butte dans les épaules

Quand perdue au quarantième rugissant

elle fit appel au marque-page pour remonter le fil de l’histoire

La corne de brume
debout retient la vague en chancelant
sous la poussée atmosphère hic

Rompue la route enlacée  qui monte au moulin à ô

tangue comme un marin sorti du fond de cale de la traversée

toute solitude bue

plongée dans l’happe nez

érigeant un nouveau soleil

dans une ultime poussée d’étalon

qui casse l’oeuf

de bas en haut

Niala-Loisobleu

5 Mai 2015

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