L’ARLEQUIN – LEO FERRE


L’arlequin

Léo Ferré

Ô ventre maternel où pourrissant de l’ombre
J’étais un catéchisme en style ombilical
Pathétique hasard de péchés en surnombre
Aqueuse déception forgée après le bal
C’est en forgeant très tard que l’on devient poète
En chemise à carreaux je joue à Carnaval
Tous les jours de mes mois je me fis une tête
A l’image de
Dieu… et n’ai rien inventé
Et le soir aux draps blancs plissant de goélette
Je m’en allais humant un peu d’éternité…
Ces rêves enlacés d’azur et de géhenne
Je les veux mêmement renaître de l’été
Lorsque les soleils pourpre(s) iront faire la chaîne
Et se dorer le cul au feu de ma chanson
Je leur tricoterai des pull-overs de laine
Les astres s’en iront sans rime ni raison
Déglinguant l’édifice encombré de mystère
Ce jour-là
Christ sera coiffé comme un garçon
Il se dira partout des messes adultères
Nos calices seront des pichets de bazars
Que rougiront les sangs glorieux de nos misères
Et nous verrons
Jésus faire le grand écart
Sur les tranches du ciel pelé comme une orange
Tout en fumant un calumet de trois dollars
Qu’il aura eu à
Chicago pour un bon change

Léo Ferré

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