CHAVELA VARGAS – LOS SIMPLES COSAS


CHAVELA VARGAS – LOS SIMPLES COSAS
Uno se despide
incensiblemente de pequeñas cosas
lo mismo que un arbol
que en tiempo de otoño se queda sin hojas
al fin la tristeza es la muerte lenta de las simples cosas
esas cosas simples que quedan doliendo en el corazón
Uno vuelve siempre a los mismos sitios donde amo la vida
y entonces comprende como estan de ausentes las cosas queridas
por eso muchacha no partas ahora soñando el regreso
que el amor es simple y a las cosas simples las debora el tiempo
demorate a ti, en la luz solar de este medio dia
donde encontraras con el pan al sol la mesa tendida
por eso muchacha no partas ahora soñando el regreso
que el amor es simple y a las cosas simples las debora el tiempo
Uno vuelve siempre a los viejos sitios donde amo la vida…

(Traduction)
on dit au revoir
sans cesse de petites choses
pareil qu’un arbre
qu’en automne le temps manque de feuilles
à la fin la tristesse est la mort lente des choses simples
ces choses simples qui font mal au coeur
On revient toujours aux mêmes endroits où j’aime la vie
et comprend alors à quel point les choses chères sont absentes
C’est pourquoi fille ne pars pas maintenant en rêvant du retour
que l’amour est simple et que les choses simples sont dévorées par le temps
s’attarder à toi, dans la lumière du soleil de ce midi
où vous trouverez la table dressée avec le pain au soleil
C’est pourquoi fille ne pars pas maintenant en rêvant du retour
que l’amour est simple et que les choses simples sont dévorées par le temps
On revient toujours aux anciens lieux où j’aime la vie…


LE COUVENT

DU PANTOCRATOR

Le couvent du Pantocrator sous les belles feuilles de
ses platanes luit comme une femme qui se concentre
avant de jouir. Le difficile est d’en tenter l’escalade
et cependant ces chambres serpentant comme des
meandres, ces toits où ruisselle l’huile du soleil, ces
toits vernis, ces toits de beurre, ce labyrinthe de figuiers
et de flaques de lumière à la pointe d’un precipice ver-
tical, c’est cela seul qui m’attire et c’est là que s’orien-
tent les voiles de cette tartane sur cette mer plate
comme un bruit de ressac. Écoute la balancelle du vent
sur les faîtages, du vent lent comme les vagues – puis
c’est la pluie douce sur les carreaux treillisses de
plomb, la pluie argentine, la pluie domestique entre les
claires etagères à vaisselle et la niche familière du
chien, c’est le couvent sur lequel tournent les heures, la
grisaille des heures, la cloche des passe-temps, sur
lequel les soleils tournent, et sur lequel la mer festonne
ses vagues, la langue tiree, avec l’application d’une bro-
deuse, d’une Penelope rassise et tranquille, d’une em-
poisonneuse de village entre ses fioles accueillantes et
le pain qu’elle coupe à la maisonnee – le pain qui sou-
tient et qui delasse – le pain qui nourrit.

Julien Gracq

L’AMOUR – LEO FERRE


L’AMOUR – LEO FERRE

Quand y’a la mer et puis les ch’vaux
Qui font des tours comme au ciné
Mais qu’ dans tes bras c’est bien plus beau
Quand y’a la mer et puis les ch’vaux
Quand la raison n’a plus raison
Et qu’ nos yeux jouent à s’ renverser
Et qu’on n’ sait plus qui est
F patron
Quand la raison n’a plus raison
Quand on rat’rait la fin du monde
Et qu’on vendrait l’éternité
Pour cette éternelle seconde
Quand on rat’rait la fin du monde
Quand le diable nous voit pâlir
Quand y’a plus moyen d’ dessiner
La fleur d’amour qui va s’ouvrir
Quand le diable nous voit pâlir
Quand la machine a démarré
Quand on n’ sait plus bien où l’on est
Et qu’on attend c’ qui va s’ passer

Léo Ferré