POIL AUX YEUX PAR MATHIEU BERNARD ROGER


POIL AUX YEUX PAR MATHIEU BERNARD ROGER

Cheveux… poil aux yeux !
Récit d’ÉOLE.
Vents, qui troublez les plus beaux jours,
Rentrez dans vos grottes profondes,
Et laissez régner sur les ondes
Les Zéphyres et les Amours.

En scène un cheveux blond, fut-il
Le hasard le posa là, plait-il ?
Volatil, subtil et imbécile
Le blond que voila de quoi présage-t-il ?
Clitidas:
Ou diantre si charmante apparition m’envahit le décor ?
Du bras qu’avec tant de délicatesse elle me décore ….
(Note : grand étonnement d’Eriphile qui tout à coup relève la présence
inopportunante d’un long cheveux jaune qu’il cueille sans empressement
de deux doigts sensibles.)
D’où viens-tu voyageur ?
Ce qui suit est une litote façon Molière en l’honneur d’un incident minime
(note: qui aurait parfaitement pu rester dans un anonymat sans importance sauf que… )
Aristione :
Que fi ! Eriphile que d’un tel Hasard d’un rien vous habille
J’ai laissé par mégarde errer un de mes blonds cheveux
N’ayez en ce sens aucun regard pour cette broutille
Sur le champ je quémande qu’il quitte votre système pileux
Où il n’a que faire, voyez déjà comme sa feutrine
Dore vos horizons ombrageux qu’il chagrine.
Clitidas:
Que nenni Madame, n’y voyez-là rien de douteux
Votre déplumage m’entame en rien votre ramage
Le laisser repartir me paraîtrait titiller fâcheuse désunion
Elle apparaîtrait de votre part comme un désaveu
Et laisserait la trace d’une bien regrettable image
Courez céans plaider au royaume des brosses son pardon
Certes s’il put paraître particulièrement téméraire
Je ne vois en cela qu’une aventure qui a tout pour plaire
Aristione
Bien qu’incidemment affranchi de ma chevelure
Je puis vous affirmer que ce blond a perdu la tête
Qu‘en sentinelle inadéquate d’un inconscient obscur
Il confondit courage et forte minable escampette
Trouvez ici noble Eriphile l’expression ébouriffée
D’une chevelure d’excuses ardemment empressées
Clitidas:
O boucles et mèches de blé chargés de nonchaloir
Moissons d’extases paillant des alcôves d’espoirs
Ces souvenirs dans cette chevelure qui s’y dorent
J’aimerais la brasser comme les pièces d’un trésor
Blond témoin murmuré au son fretté des cithares
Derrière ton trait de lumière symbole frissonnant
Ta légèreté nous raconte de souriantes histoires :
Pourtant…
Un poil égaré n’a jamais fait déborder les océans ..

Mathieu Bernard Roger

DU VASE DE SEVRES


SEVRES – PAUL GAUGUIN

DU VASE DE SEVRES

Maisons fleuries d’arbres et fruits de collines escaladent la motte d’argile que le pied pousse sur la tournettel

Les idées que les mains enserrent montent et descendent comme un camion de pompiers d’un manège

qui va entrer cuire au four

Au bas de la rampe le tertre se remonte les manches

et la jupe du printemps retrousse ses plis par-dessus la barrière

à l’écart du résultat des urnes

qui va mobiliser les combines amoureuses des marieuses

Mon alliance se doigt d’être en hors pour rester la dernière fidèle au voeu de celle qui attendait de dire oui au nom

Symbole d’un autre soleil qui pousse sa parole à naître, pose là ta couleur sur tes feuilles que j’écrive !!!

Niala-Loisobleu – 12 Juin 2022

PAROLES DE CHAMP


PAROLES DE CHAMP

Un premier plan dans l’oeil et derrière un immense point d’interrogation retient de dire dans l’incertitude d’atteindre

Les fleurs mises devant sont-elles soties toutes seules ou ont-elles été piquées pour la photo ?

La réponse attendue s’est perdue dans le bocage.

Niala-Loisobleu – 12 Juin 2022

MELUSINE EN QUELQUE PART


MELUSINE EN QUELQUE PART

Et contre la grange le dessein d’aller jusqu’au soir sans quitter la couleur du matin

cette rousseur qui donne son goût à l’herbe au point de puiser dans l’aisselle le départ d’un sein plein

Ligne vertébrale bien axée dans l’oeil clair de l’embarcadère où le chien boit pour la joie de la mer en rideau de fond

Et l’oiseau nu dressé au bastingage de tes hanches qui roulent bien écumantes

Un bon Dimanche a disposer de soi.

Niala-Loisobleu – 12 Juin 2022