AU GRE DE MES CHAMPS


PAUL GAUGUIN

AU GRE DE MES CHAMPS

Pente choisie puisqu’il s’avère qu’on est d’un temps imposé

faire en sorte de trouver la bonne

L’écoulement fait désormais problème de différentes manières, qui relèvent de l’imposition totale sous couvert de démocratie

J’arracherai genre Robin des Bois quitte à passer pour vieux jeu pour filtrer l’essence de de navigation

La bergère qui voit apparaître étant cramée le danger peut prendre une forme nouvelle qu’il faudra découvrir. Les mômes sont à craindre, aujourd’hui ont fait des armes qui sont plus des jouets, ce qui aidera à baiser leur mer comme qui rigole

Cet après-midi j’ai peint des fleurs sans nom

Elles me sont venues de l’importance à oublier les personnages pour avoir l’odeur qui n’existe pas

Celle qu’on invente comme un contre-poison

on devient impuissant sans que l’âge y soit pour quelque chose, ça justifie l’évasion dans une jungle où les fauves sont moins dangereux qu’en territoire dit civilisé

et ce qui reste de l’origine montre un courage étonnant pour subsister sans que l’illusion l’emporte. A voir comment tout fout l’camp, en étant vieux on a plus de chance d’en sortir propre

il y aura bientôt plus rien à bouffer à force de casser les récoltes, le péril jaune ça pourrait bien être ça parce que les chinois viendront nous piquer le carré de potager de notre soupe

Comme Dimanche prochain rien ne changera les habitudes citoyennes ça écourtera le temps d’attente…

Niala-Loisobleu – 6 Juin 2022

ZOO PAR MICHEL BUTOR


PAUL GAUGUIN

ZOO

PAR MICHEL BUTOR

A la tombée de la nuit
quand se sont refermées les grilles
l’éléphant rêve à son grand troupeau
le rhinocéros à ses troncs d’arbres
l’hippopotame à des lacs clairs
la girafe à des frondaisons de fougères
le dromadaire à des oasis tintants
le bison à un océan d’herbes
le lion à des craquements dans les feuilles
le tigre de Sibérie à des traces dans la neige
l’ours polaire à des cascades poissonneuses
la panthère à des pelages passant dans des rayons de lune
le gorille à des bananiers croulant de leurs fleurs violettes
l’aigle à des coups de vent dans des canyons de nuages
le phoque aux archipels mouvants de la banquise disloquée
les enfants du gardien à la plage
Michel Butor

A L’ANGLE D’UNE BICYCLETTE


A L’ANGLE D’UNE BICYCLETTE

Déjà des feuilles au sol

c’est un bout de chemin passé sans rien laissé qu’une attente

La Chaume du coup est montée jusqu’au toit pour se faire un film

réflexe de Pavlov dont il va falloir qu’elle sorte pour rêver sainement sans addiction d’artifice

Le chemin n’apparaît pas négociable

il doit éviter les serpents à sornettes de coeur trop dangereux là où poussent les paumes

A la suite de la brouette elles remplissent de vols d’oiseaux non venus faire la manche de miettes

ça rémoule mieux d’un bain à la meule pour tenir le fil au couteau qu’une digression verbale sur l’espoir, un cheval qu’on attelle à l’araire plutôt que de semer de la synthèse en cornue en guise d’union sacrée

Le merle qui m’a ouvert l’atelier ce matin sifflait pour rassembler la nuée d’oiseaux de ce printemps

il n’avait pas d’autre arrière-pensée que celle de faire ne sera jamais remplacée par dire.

Niala-Loisobleu – 6 Juin 2022

LA VRAIE GARDIENNE


LA VRAIE GARDIENNE

Férié ou pas le lundi on lave, comme m’a appris ma grand-mère, une femme qui à passé sa vie plus droite qu’un piquet et à sa différence tellement charnelle que rien de ce qui avait le moindre lien avec la vie ne restait à attendre

Donner, rester fidèle aux concepts, ignorer l’orgueil qui vous fait prendre pour plus fort que les autres et de ce fait vous dispense de vous poser la moindre question sur vos choix pas plus que sur vos compétences

Bonjour Marthe

Oui je suis là avec la bassine, la planche et le savon de Marseille, je finirai au lave-pont, quand le couvreur m’aura-dit ce que l’orage va demander en réparation.

Niala-Loisobleu – 6 Juin 2022