LE MENHIR PAR MICHEL DEGUY


LE MENHIR PAR MICHEL DEGUY

Mais que faites-vous de l’imprévisible ? — du chant grégorien, des ronds de buis, des cloîtres, des poèmes à Vittoria Colonna, des serments sur l’honneur et des fêtes, des alliances de viandes et. de vins, de l’artifice du feu, des fleurs inventées, des défis et des morts sérieuses.Car il reste la brusquerie de la croissance ; une même manière de se redresser; les assomp-lions tenaces de la psalmodie ; une même manière de monter sous le ciel, de tendre les paumes de l’amour, de s’arracher sur la terre jusqu’au faite gothique ; cette création discontinuée ; tout ce que la mémoire ne peut que conserver tel quel, comme autant de chefs, élévations différentes, mais toutes de naissance mystérieuse.Que faites-vous de ces témoignages erratiques, absolus; de la pure érection des menhirs; des autels au dieu inconnu; de l’entêtement sacerdotal; de l’exhaussement de signes lapidaires uniques sur le désert; du fait de l’immense existence ?De ce luxe, de ces cabrements solennels ; des semonces obstinées de l’homme fulgurateur qui frappe à coups redoublés sur ce monde renfermé ?
Michel Deguy

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