Jacques Bertin – Les Grands Départs


Jacques Bertin – Les Grands Départs


Qui saura où je suis passé ?
Je m’en irai sur une route
Fortuitement, sans qu’on s’en doute
Sais-je bien moi-même où j’allais
Téléphone le long des fils
Cœur fatigué, moteur fragile
Hameau désert et destinée
Dérisoire, décor futile

Quelqu’un appelle, il est midi
Mais d’une voix qui ose à peine
Tout dort, on dirait, tout est dit
Et votre tendresse incertaine
C’est par une blessure ancienne
Amis, ô vous m’abandonnez
Sauvez-moi, étrange est ma peine
La vie s’écoule par la plaie

Je m’en irai dans le silence
Dans mon silence recouvré
En haut des prés, dans mon silence
Et dans l’herbe où j’aurai passé
L’amitié des choses inertes
M’enveloppera pour ma perte
De minutes, d’ondes, d’années

Et dans le blond devenir immobile, je mourrai

Jacques Bertin

8 réflexions sur “Jacques Bertin – Les Grands Départs

  1. De belles paroles qui parlen d’ amour, parfois elles donnent envie de rentrer dans le c´ble téléphonique, il vaut mieux entendre la voix de l’autre, sans aucun doute vous saurez que si elle vous correspond, de si belles paroles, pour éviter les lettres sans réponse, ils voyagent á travers le cáble téléphonique c’est de la poésie…
    Merci Alain
    Bonsoir
    Evlira

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