ARRIVE LA MUSIQUE


ARRIVE LA MUSIQUE

Dans leurs couvertures les pages épluchent le silence idiot avec dans la tête un besoin de rendre justice au sens des choses. Les vases ont le secret du gardiennage. L’odeur reste entre les plis des instants plus facilement que ce que l’on dit de n’importe quoi. La légèreté avec laquelle la grâce se déplace ne dépend pas de son poids, exemple je peux rester sans souffle à la vue d’un sein long et lourd penchant vers le sol alors qu’une poitrine plate au sourcil levé irait jusqu’à me faire hurler en voulant m’aborder. Je sais que c’est mon père qui m’a montré la nuance, ma mère s’en tenant au sens commun à partir du même objet. Avec lui je ne me souviens pas avoir découvert autrement qu’au départ de la couleur. Et plus il faisait noir au point de départ, plus la lumière se développait. De mon enfance à mon adolescence je n’ai eu que bonheur à découvrir. En fait avant de traverser la terre j’avais découvert le monde sans quitter Paris. Rentrer dans l’intérieur des êtres est bien plus vaste qu’un paysage aussi varié d’histoire-géographie puisse être.

Aller chercher l’eau c’est trouver pratiquement tout le reste…

SOURCIER

Ne t’en fais pas si tu ne sais pas où le cours des choses
Les porte, dans quel cimetière de bateaux, quelle assemblée
Vaine, avec les hurlements inutiles du vent édenté
Dans les bras morts et dans les larmes des grééments

Ne t’en fais pas si ta vie la pente déboule
Comme une pelote d’un fil accroché
En dix endroits et qui sera, pauvre naïf, coupé
Partout avant d’être tout à fait même déroulé
Tu seras exsangue, ne t’en fais pas, et sans passé,
Et sans espérance non plus, bien avant la délivrance

Oui, mais les bêtes, avec cet air toujours de se donner
Est-ce qu’elles savent quelque chose ? Ou les moulins
Morts sur les coteaux et qui se déhanchent
Avec l’indifférence aussi des bêtes bousculées
Est-ce qu’ils savent quelque chose ?
Ils vont, dites, sans doute en transhumance
Très loin, dans un paradis qui, bien sûr, est une enfance

Dites, peut-être il y a l’harmonie des vents
Où toute chose prend sa place. Il y a l’harmonie des vents
Il n’y a pas de sentiments perdus qui brûlent pour personne
Des regards qu’on n’a pas croisés ni de cloches en vain qui sonnent

Des mots pour rien
D’avortés gestes de la main
Et le charme des femmes qui jamais dure très loin
Certainement il se transmet, de feu de paille en feu de paille
Ô le courage égaré dans le silence et qu’on mène par la main
Tout cela forme, c’est sûr, en secret, une harmonie
On nous attend au fond d’un parc avec des lambeaux de musique
Tout sert à quelque chose, tout se survit n’est-ce pas ?

De me parler tout seul j’en ai assez, répondez-moi !
Les larmes passent loin toujours par caravanes et on voudrait
Les suivre mais elles ne s’arrêtent jamais

Et c’est alors que j’entendis une voix pleine de sourires qui disait
« Le bonheur est l’algèbre intime des sourciers »

Jacques Bertin

Je me laisse autre année ou pas dans mon genre. Continuer oui mais sans changer le fond voilà et rien d’autre…c’est ma musique.

Niala-Loisobleu – 2 Janvier 2022

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