CAGIBI DE CAMPAGNE


CAGIBI DE CAMPAGNE

J’ouvre mon placard, laisse le chien sous la table, il me semble voir des étoiles filer par l’imposte de la porte d’entrée

Les sauts de la veille mélangés avec des sorties lointaines, beaucoup de petits cailloux, des flèches dans le carquois du porte-carte, une vieille bouée marine, des écailles de l’entrée du phare, un début d’inventaire dont la plume trempe à l’ancre de ce qui ne demande qu’à partir. Tout le vrac du rêve est là qu’on ne veut pas jeter

Serait-ce un élastique qui descend du parapet du pont ?

A l’intersection du chemin étroit, la départementale débouche le bruit sourd qui ne peut venir que de ma poitrine. La lisière de ton ventre s’est montrée quand j’ai fait glisser le drap et remonté ton haleine pas à pas. Aux bretelles parvenues au flanc de tes côtes, le mercure de tes seins se met vite de niveau. Tu devines où je veux en venir à l’instant même où le bise-bise du chien-assis lève la queue

Du seau émaillé de rires le moulin à marée enclenche l’ouverture de sa vanne

Le ballet brosse l’entrée des petit-rats à la pointe de leurs chaussons-rouges

Dans l’angle du cagibi, la petite commode en rotin qui a un pied cassé renferme nos cris sur les derniers tirages en sépia

C’est dimanche, j’ai plus envie de t’habiller pour une cérémonie mystique que d’aller au ciné d’un marché de Noël. C’est fou comme l’épaisseur de ton fourré garde ses feuilles plus longtemps que les automnes précédents. Et j’ai plaisir à ne pas retenir tes larmes de te le dire.

Niala-Loisobleu – 5 Décembre 2021