HERITAGE D’UNE REINE


Héritage d’une reine

Il y a presque 3 500 ans, sous le règne de la reine Hatchepsout, l’Égypte connut plusieurs décennies de paix et de culture florissante, à l’image de ce temple grandiose, qui ne représente en fait qu’une infime partie de l’incroyable héritage laissé par cette reine. Malheureusement, les pharaons qui lui succédèrent interdirent toute mention de son règne, s’attribuant le mérite de tout ce qu’elle avait accompli et laissant son nom tomber dans l’oubli pendant des millénaires.

Au 19ème siècle, de nombreux archéologues remarquèrent une interruption entre les règnes des différents pharaons. Grâce à leurs nombreux efforts pour décoder les hiéroglyphes, cataloguer les objets d’artisanat et enfin, révéler le grand temple d’Hatchepsout en 1906, la plus grande dame de son temps reprit de droit sa place dans les livres d’Histoire.

N’avons-nous pas de la chance que certains d’entre nous soient prêts à se salir les mains pour littéralement déterrer la vérité ? En cette Journée mondiale de l’archéologie, qui se tient tous les troisièmes samedis d’octobre, nous célébrons ceux qui résolvent les mystères de l’Histoire humaine : les archéologues du passé, du présent et du futur.

Son temple mortuaire est certainement sa plus belle réalisation. L’emplacement de ce dernier était stratégique : situé sur la rive ouest du Nil, à côté du Temple de Montouhotep II, il s’agissait du lieu idéal pour asseoir sa position parmi les pharaons. Le temple d’Hatchepsout, connu sous le nom de Djeser Djeseru, ou « le sacré des sacrés » en français, est orné de reliefs représentant le règne du pharaon. Il abritait aussi des sanctuaires en l’honneur d’Anubis, le dieu des morts ; d’Hathor, la déesse de la fertilité ; d’Amon, le roi des dieux et de , le dieu du soleil.

À sa mort en 1458 avant J.-C., Hatchepsout est enterrée dans la Vallée des rois. Alors qu’elle avait tout fait pour que le peuple égyptien se souvienne de son règne, Thoutmôsis III mena 20 ans plus tard une campagne de grande envergure pour détruire son héritage. Il a fait détruire ses statues, dégrader ses représentations et effacer sa cartouche.

Certains voient là un acte de vengeance, d’autres considèrent qu’il a agi de la sorte pour s’assurer que l’ascension de son propre fils sur le trône se déroule harmonieusement. Autre théorie, il n’aurait pas accepté que la succession des pharaons Thoutmôsis I, II et III ait été interrompue par une femme. Entre 1923 et 1931, les fragments des statues d’Hatchepsout ont été mis au jour dans des fosses creusées en face du temple. La découverte a été réalisée par le Metropolitan Museum of Art au cours de son expédition en Égypte.

Peu importent ses raisons, les efforts de Thoutmôsis III ont porté leurs fruits puisque le règne avant-gardiste d’Hatchepsout est peu à peu tombé dans l’oubli. Ce n’est qu’au début du 19e siècle, quand des universitaires sont parvenus à déchiffrer les hiéroglyphes inscrits sur son temple, que ces derniers ont pu reconstituer l’histoire d’Hatchepsout. Aujourd’hui, dans l’Égypte toute entière, ses réalisations architecturales perpétuent sa mémoire. 

Source Bing