WRITTEN IN WATER PAR JULIEN GRACQ


WRITTEN IN WATER PAR JULIEN GRACQ

Certes, il me dure d’être condamné à cette malédiction de l’épaisseur.
Ce corps comme une outre plombée, pourrissant comme tout ce qui a ventre, et toute la servitude humaine dans ce mot, mot qui décapite les étoiles, le plus dérisoire, le plus
clownesque que recèle le langage, graviter.
Rien ne m’a jamais bouleversé comme l’avatar souriant de promesse au pied de mon lit dans son cadre de peluche d’un personnage devenu miroir, — et, sans doute à la fin lourd
d’un secret de divine paresse, dissous dans le plan et confié au médiateur le plus consolant qui soit pour moi de l’infini.
Pourrait-on jamais vivre qu’à fleur de peau, se prendre à d’autres pièges qu’à ceux des glaces et — déplié comme ces belles peaux de bœuf qui boivent le
ciel de toute leur longueur — déplissé, lissé comme une cire vierge au seuil des grands signes nocturnes — bouquet séché qui livre ses souvenirs dans le
noir — devant cette photographie jaunie dans son cadre de peluche ai-je jamais pu me glisser, tarot mêlé au jeu du rêve, entre les feuillets de mon lit sans songer au jour
où — sans âge comme un roi de cartes — familier comme le double gracieux des bas-reliefs d’Egypte — plat comme l’aïeul sur fond de mine de plomb, à la
belle chemise de guillotiné, des albums de famille, — désossé comme ces beaux morts des voitures de course dont le cœur se brise de se réveiller trop vite au
creux d’un rêve splendide de lévitation — je retournerai hanter ma parfaite image.

Julien Gracq

Avant d’aller peindre, laisse-moi la vaisselle


Avant d’aller peindre, laisse-moi la vaisselle

De te sentir propre dans tout ce sale n’a rien à voir avec la réclame pour vanter la lessive

tu es si belle

que venir te sortir en plein soleil

me convient autrement que la classe sous son masque

Aussi t’offrir un Marcel répond au figuré comme au propre exactement à l’envie qui me bat le pouls

c’est lumineux, tendre et si amoureux que pas besoin d’ajouter un mot

tout est dit.

Niala-Loisobleu – 21 Septembre 2021

GRAIN D’AILE


GRAIN D’AILE

Nuit ouverte

le souffle de leurs poitrines

écarte le brouillard en battant des pieds

Un mouvement accordé par les feuilles embrase l’envol des cordes vocales

Elle se penche sur la crinière blanche du cheval en posant le sens lourd de ses seins dans ses fontes

un tracé reste roulant à côté des dérapages incontrôlables des valeurs fondamentales dus au lâché des rênes

Bonjour Ma que ta joie demeure !

Niala-Loisobleu – 21 Septembre 2021