DES DOIGTS RESTES DANS L’ANEMONE


DES DOIGTS RESTES DANS L’ANEMONE

T’écrire de ceux-là puisque qu’ils sont de la main qui t’a peint

tirée du trottoir au soleil

laissant cette ruée qui, dans son ombre, se place en devanture

D’un bleu prêt à violacer et d’un rouge carminé l’humble fleur trône

remplissant de sa musique-de-chambre l’espace tamisé du tête-à-tête qui crépite entre les jambes

Vider le dos de son mal en le baignant jusqu’à ce que l’eau l’avale

alors la salive se met au végétal

C’est preignant

L’asparagus vient chatouiller la souplesse des branches d’un persillé qui éteint le vacarme de la moto frimeuse du sale môme que ses parents élèvent dans la violence des consoles

visions afghanes, mission impossible d’une église de scientologie, ce monde sectaire se pisse-dessus en étoilant de jaune ses manifestations antitout

Ô oui Badinter fait abolir mondialement la peine de mort

L’atelier derrière le rempart de tes poings garde la fraîcheur innocente de l’enfant qui fait durer ce qu’il a reçu

J’aime ce que cette fleur porte d’espoir en elle

dans la permanence actuelle d’un danger potentiel c’est mon canon à grêle

Niala-Loisobleu – 16 Septembre 2021

D’ÉLOQUENCE, LAISSE ENTRER LA LUMIÈRE


D’ÉLOQUENCE, LAISSE ENTRER LA LUMIÈRE

La Chaume offerte, mes doigts vont à l’automne cueillir le chant pignon

Quelle fleur saurait mieux dire que l’humble anémone, les mots-peints de l’oiseau ?

Ils ont la texture de la figue qui balance au sein des larges feuilles dentelées sur l’arbre à l’angle de l’intime maison

L’humide automnal accroché aux herbes mène à la terre de labour

Vois au port les mouettes décoller

Elles sentent l’odeur qui monte des reins du cheval.

Niala-Loisobleu – 16 Septembre 2021

LE JOUR MONTRE LES CHATS FAUX


LE JOUR MONTRE LES CHATS FAUX

Noir de suie le coq bute au réveil

le matin est raccourci de lumière

Mal de do qui sort du lit un réveil fatigué

on dit c’est la faute à l’automne qui dépouille et fait les arbres chauves

Insoumis j’ai toujours refusé l’on dit

et fais de l’automne l’embryon du printemps grâce au pourrissement naturel de l’idée reçue

C’est beau et pas sans vrai ce que tu chantes Jean-Max

aussi par le tri de ce qui en mourant ne laisse place qu’à la vie

je donne à ma douleur dorsale en corps assez de moelle pour faire de l’airain le statuaire de mon envie

rester raide pour éjaculer la lumière du confluent dans l’estuaire

ouvert sur le large

garder le coeur en tête.

Niala-Loisobleu – 16 Septembre 2021